mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2102291 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | HOLTERBACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 avril 2021 et le 7 décembre 2021, la société CEVEP, représentée par Me Holterbach, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision notifiée le 13 novembre 2020 par laquelle le maire d'Anthy-sur-Léman l'a informée de la déclaration sans suite de la procédure de passation de la concession de services, lancée le 31 janvier 2020, pour la mise à disposition, l'installation, la maintenance, l'entretien et l'exploitation commerciale de mobiliers urbains et la mise à disposition, l'installation, la maintenance, l'entretien de mobiliers non publicitaires ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune d'Anthy-sur-Léman a rejeté la demande indemnitaire préalable datée du 14 décembre 2020 ;
3°) de condamner la commune d'Anthy-sur-Léman à lui verser une indemnité de 5 000 euros, à parfaire, en réparation du préjudice subi ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Anthy-sur-Léman la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société CEVEP soutient que :
- la déclaration sans suite est illégale en raison de l'absence d'indication des voies et délais de recours, ainsi que du défaut de motivation, en méconnaissance de l'article R. 3125-4 du code de la commande publique ;
- la déclaration sans suite n'est pas justifiée et ne repose pas sur un motif d'intérêt général ;
- l'illégalité de la déclaration sans suite est fautive et engage la responsabilité de l'administration ;
- le préjudice subi par la société CEVEP résulte des frais inutilement exposés pour présenter sa candidature et doit être indemnisé à hauteur de 5 000 euros, à parfaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2021, la commune d'Anthy-sur-Léman conclut au rejet de la requête et demande au Tribunal :
1°) de condamner la société CEVEP à une indemnité de 10 000 euros en raison du caractère abusif du recours, en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de la société CEVEP une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Anthy-sur-Léman fait valoir que la demande formulée par la société CEVEP n'est pas fondée.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par le défendeur sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative, le prononcé d'une amende pour recours abusif relevant d'un pouvoir propre du juge administratif.
En réponse au moyen relevé d'office, la commune d'Anthy-sur-Léman a enregistré un mémoire le 28 août 2023, par lequel elle invite la juridiction à considérer que son mémoire du 16 décembre 2021 ne comportait pas de telles conclusions.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2023 :
- le rapport de Mme Frapolli,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Lamouille, représentant la société CEVEP,
- et les observations de Me Breteau, pour la commune d'Anthy-sur-Léman.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Anthy-sur-Léman a lancé, en janvier 2020, une procédure de consultation en vue de concéder la mise à disposition, l'installation, la maintenance, l'entretien et l'exploitation commerciale de mobiliers urbains et la mise à disposition, l'installation, la maintenance, l'entretien de mobiliers non publicitaires. Dans la présente instance, la société CEVEP, qui s'était portée candidate à cette procédure, demande au Tribunal d'annuler le courrier notifié le 13 novembre 2020 par lequel le maire de la Commune l'informait de la déclaration sans suite de cette procédure.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle le maire d'Anthy-sur-Léman a rejeté sa demande indemnitaire préalable :
2. La décision implicite de la commune d'Anthy-sur-Léman rejetant la demande préalable indemnitaire de la requérante, formulée le 14 décembre 2020, a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande indemnitaire de la société CEVEP. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision implicite ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 13 novembre 2020 portant déclaration sans suite de la procédure:
Sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête ;
3. Une personne publique qui a engagé une procédure de passation d'un contrat de concession ne saurait être tenue de conclure le contrat. Elle peut décider de renoncer à le conclure pour un motif d'intérêt général.
4. Toutefois, en l'espèce, s'il est vrai que le maire de la Commune a renoncé à conclure le contrat pour un motif qu'il qualifie dans la décision attaquée d'intérêt général, ce dernier n'est explicité ni dans les pièces produites, ni dans le mémoire en défense. Par suite, la décision attaquée méconnaît le principe énoncé au point précédent et doit être annulée.
Sur les conclusions indemnitaires de la requête :
5. L'illégalité fautive énoncée au point 4 engage la responsabilité de l'autorité concédante et est de nature à ouvrir droit à réparation, si la requérante établit un lien de causalité direct entre cette faute et les préjudices qu'elle estime avoir subis.
6. Les frais de la société CEVEP pour candidater à la procédure lancée en janvier 2020 ont nécessairement été engagés en vain, en raison de la déclaration sans suite en litige qui n'est pas fondée sur un motif d'intérêt général, ainsi qu'il a été dit au point 4. Dès lors, la société CEVEP doit être indemnisée desdits frais, qu'elle justifie avoir engagés à hauteur de 3 761,27 euros correspondant à la mobilisation de l'un de ses collaborateurs durant 126 heures. Il sera dès lors fait une juste appréciation du préjudice subi en le portant à 4 000 euros, tous intérêts compris.
7. Il résulte de ce qui précède que la commune d'Anthy-sur-Léman doit être condamnée à verser à la société CEVEP une indemnité de 4 000 euros, tous intérêts compris.
Sur les conclusions de la commune d'Anthy-sur-Léman tendant à la condamnation de la requérante à une amende pour recours abusif :
8. En réponse au moyen relevé d'office susvisé, la commune d'Anthy-sur-Léman se désiste purement et simplement des conclusions aux fins de condamnations dirigées contre la Société CEVEP sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Anthy-sur-Léman une somme de 2 000 euros à verser à la société CEVEP. Les conclusions présentées par la commune d'Anthy-sur-Léman, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte à la commune d'Anthy-sur-Léman de son désistement des conclusions aux fins de condamnation de la société CEVEP sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 2 : La décision susvisée notifiée le 13 novembre 2020 portant déclaration sans suite de la procédure lancée le 31 janvier 2020 est annulée.
Article 3 : La commune d'Anthy-sur-Léman est condamnée à verser à la société CEVEP une indemnité de 4 000 euros, tous intérêts compris.
Article 4 : La commune d'Anthy-sur-Léman versera à la société CEVEP la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société CEVEP et à la commune d'Anthy-sur-Léman.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Pollet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026