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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2102940

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2102940

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2102940
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantMAMALET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mai 2021, M. B D demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 mars 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Savoie a rejeté son recours gracieux et confirmé sa décision initiale de suspension de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er février 2021ainsi que sa radiation du dispositif à compter du 1er juin 2021 ;

2°) de le décharger de l'indu de revenu de solidarité active de 460,66 euros mis à sa charge pour le mois d'octobre 2020 ;

3°) de lui accorder la remise gracieuse de cet indu.

Il soutient que :

- le département ne doit pas prendre en compte la somme de 1 500 euros qu'il a perçu pour le calcul de ses droits ;

- eu égard à cette somme retenue il ne pouvait pas se rendre au lieu de sa formation afin de remplir ses obligations dans le cadre de son projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE).

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le département de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.

Il soutient que

- la requête est irrecevable dès lors que la requête ne contient aucun moyen et conclusion ;

- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. WYSS a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 16 octobre 2020, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a informé le requérant de la modification de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er septembre 2020 suite à la prise en compte dans ses revenus d'une somme de 1 534 euros dans ses ressources, générant un indu de 460,66 euros. Puis, faute de s'être présenté à une formation diplômante de menuiserie installateur financée par Pôle emploi, il s'est vu suspendre son revenu de solidarité active pendant quatre mois, par décision du 18 janvier 2021 confirmée le 5 mars suivant. M. D doit être regardé comme contestant les décisions des 16 octobre 2020 et 5 mars 2021

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la réintégration de la somme de 1 534 euros :

2. L'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles permet à toute personne résidant en France de manière stable et effective de bénéficier du revenu de solidarité active lorsque les ressources de son foyer sont inférieures au montant forfaitaire. L'article L. 262-3 du même code précise que l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. L'article R 262-37 du même code impose au bénéficiaire du revenu de solidarité active de faire connaître au service qui en assure la gestion toute information relative aux ressources qu'il perçoit.

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu en litige a été généré par l'absence de déclaration à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie d'une somme de 1534 euros versée sur les comptes bancaires du requérant. M. D fait valoir que la somme perçue a été remboursée. Toutefois, il n'apporte pas d'éléments probants à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le président du conseil départemental a pu considérer que cette omission caractérisait une fausse déclaration et mettre à la charge de M. C l'indu en litige.

En ce qui concerne la suspension du revenu de solidarité active :

5. Aux termes de l'article L. 262-34 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail élabore conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi le projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du même code. " Enfin, aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : () 2° Lorsque, sans motif légitime, les dispositions du projet personnalisé d'accès à l'emploi ou les stipulations de l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas respectées par le bénéficiaire () ".

6. M. D est entré en formation diplômante de menuiserie le 12 octobre 2020 dans le cadre de son projet personnalisé d'accès à l'emploi. Il résulte de l'instruction que M. D devait suivre une formation auprès des compagnons du Tour de France le 26 octobre 2020 et qu'il ne s'y est pas présenté. Si M. D expose que cette absence était justifiée par sa situation financière qui ne lui permettait pas de se déplacer, d'une part cette allégation n'est assortie d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, d'autre part, M. D disposait à la date de la formation, de la possibilité d'informer l'organisme formateur et Pôle emploi des raisons pour lesquelles il ne pouvait pas se présenter à cette formation. Or, il n'est pas contesté qu'il n'a jamais fait usage de cette possibilité. Par suite, M. D, qui n'a pas respecté ses engagements résultant de son projet personnalisé d'accès à l'emploi ne pouvait plus bénéficier du revenu de solidarité active et n'est dès-lors pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mars 2021 contestée.

Sur la demande de remise gracieuse :

7. M. D soutient qu'il est dans une situation de précarité financière et qu'il est obligé de recourir à des emprunts pour payer son loyer. Toutefois, il n'appartient pas au juge administratif de faire acte d'administrateur et d'accorder au requérant une remise gracieuse ou de réduire le montant mensuel de ses remboursements de l'indu en litige.

8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. D doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au département de la Haute-Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

Le président,

J-P. WYSSLa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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