vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103973 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SCP MARCE - DE LA PORTE DES VAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 juin 2021 et le 12 mai 2022, Mme C B, représentée par Me de La Porte des Vaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère a rejeté son recours préalable et confirmé sa décision initiale en date du 10 juin 2020 par laquelle elle a mis à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 602,55 euros ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de réétudier ses droits à prime d'activité à compter de novembre 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les revenus retenus par la caisse d'allocations familiales de l'Isère pour la période allant d'août à novembre 2018 ne correspondent pas aux revenus effectivement perçus ;
- elle n'a reçu aucune indemnité maladie au cours du mois d'août 2018 ;
- la caisse d'allocations familiales de l'Isère a comptabilisé pour les mois de juillet et d'août 2018 les indemnités journalières qui lui ont été versées uniquement en juillet 2018 pour son congé maternité ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 avril 2022 et le 20 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par décision du 3 novembre 2021 rectifiée le 28 juillet 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est allocataire de la prime d'activité depuis août 2016. Le 10 juin 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié un indu de 602,55 euros pour la période allant d'août à novembre 2018 et de novembre 2018 à avril 2019. Mme B a alors adressé un recours amiable à la caisse le 22 juin 2020. Un refus lui ayant été opposé par une décision du 19 avril 2021, Mme B demande, par la présente requête, l'annulation de la décision du 19 avril 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère a rejeté son recours préalable et confirmé l'indu de prime d'activité d'un montant de 602,55 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L.842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Aux termes de l'article L.842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. ". Aux termes de l'article L. 842-7 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : () 2° Une femme isolée en état de grossesse ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 844-1 du même code : " Ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu en application du 1° de l'article L. 842-4 : ()
5° Les indemnités perçues à l'occasion des congés légaux de maternité () ". Enfin, aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
5. Il résulte de l'instruction qu'en février 2020, la caisse d'allocations familiales de l'Isère a relevé une discordance entre les montants d'indemnités journalières de congé maternité de Mme B indiqués dans le fichier d'intégration des données essentielles maladie et les ressources qui avaient été déclarées par l'intéressée pendant la période allant d'août à novembre 2018. A la suite de ce contrôle, la caisse lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 602,55 euros par un courrier du 10 juin 2020. Mme B a alors adressé un recours amiable à la caisse le 22 juin 2020, qui a été rejeté par une décision du 19 avril 2021. Postérieurement à cette décision de rejet, l'intéressée a adressé des attestations de paiement d'indemnités journalières de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Isère, qui ont été prises en compte par la caisse d'allocations familiales de l'Isère.
6. A cet égard, il résulte de l'instruction, et notamment des attestations précitées en date du 21 avril 2021 que, pour la période d'août à novembre 2018, Mme B a touché 1165 euros d'indemnités pour le mois d'août, 1128 euros pour le mois de septembre, 1165,60 euros pour le mois d'octobre et 752 euros d'indemnités, complétées par 1496,70 euros de salaire pour le mois de novembre 2018. Il est constant que les indemnités de novembre 2018 n'ont pas été renseignées par l'intéressée. En revanche, le reste de ces sommes concordent avec les ressources inscrites dans les déclarations trimestrielles de Mme B pour la période allant d'août à octobre 2018 et de novembre 2018 à janvier 2019. Il résulte également de ces déclarations que, contrairement à ce qu'indique la caisse d'allocations familiales de l'Isère, Mme B n'a reçu aucune indemnité maladie en août 2018. Par suite, en réintégrant les indemnités journalières de congé maternité et l'indemnité maladie dans le calcul des ressources de la requérante, la caisse d'allocations familiales de l'Isère a commis une erreur dans le calcul des ressources de M. B. Par suite, cette dernière est fondée à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation de la décision attaquée, il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de réétudier les droits à prime d'activité de Mme B à compter de novembre 2018.
Sur les frais liés à l'instance :
8. D'une part, Mme B n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de Mme B n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié pas d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 avril 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Isère a rejeté le recours préalable de Mme B et confirmé l'indu de prime d'activité est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de réétudier les droits à prime d'activité de Mme B à compter de novembre 2018.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me de La Porte des Vaux et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026