mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103985 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHAMBOLLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et des mémoires enregistrés sous le n°2103985 le 18 juin 2021, le 20 décembre 2022, le 21 avril 2023 et le 12 janvier 2024 (ce dernier non communiqué), Mme A E épouse H et M. B H, agissant en leur nom personnel et au nom de leurs enfants, M. F H et Mme C H, représentés par Me Chambolle, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de joindre les requêtes n°2103985 et 2207756 ;
2°) de condamner les Hôpitaux du Léman et l'établissement public de santé mentale 74 (EPSM 74) à leur verser une indemnité au titre des préjudices subis ;
3°) d'ordonner avant dire droit une expertise à fin d'évaluation des préjudices subis ;
4°) de condamner solidairement les Hôpitaux du Léman, l'EPSM 74 et leurs assureurs, à titre subsidiaire de condamner l'un d'entre eux, à leur verser une provision de 10 000 euros ;
5°) de mettre à la charge des Hôpitaux du Léman, de l'EPSM 74 et de leurs assureurs, à titre subsidiaire de mettre à la charge de l'un d'entre eux, une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- à titre principal, la responsabilité des Hôpitaux du Léman et de l'EPSM 74 doit être engagée pour faute dans l'organisation et le fonctionnement du service durant l'hospitalisation de Mme H du 13 au 14 novembre 2020 caractérisée, d'une part, par un défaut de surveillance, d'autre part, par un manque de place en service de psychiatrie ;
- à titre subsidiaire, leur responsabilité doit être engagée pour erreur de diagnostic ;
- une expertise doit être ordonnée afin d'évaluer les préjudices subis suite à la chute de Mme H le 14 novembre 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 juin 2022, le 27 juin 2023 et le 9 janvier 2024 (ce dernier non communiqué), les Hôpitaux du Léman et sa société d'assurance Amtrust France, devenue AGRM, représentés par Me Chiffert, demandent au tribunal d'ordonner avant dire droit une expertise à fin d'évaluation de la responsabilité et des préjudices subis.
Ils font valoir que ni leur responsabilité ni le principe d'une réparation intégrale des préjudices ne peut être retenu avant toute opération d'expertise.
Par un mémoire enregistré le 22 décembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Gironde, représentée par Me De Boussac - Di Pace, demande à ce que la responsabilité des Hôpitaux du Léman et de l'EPSM74 soit engagée et qu'une expertise soit ordonnée aux fins de déterminer le montant des préjudices subis, et, en outre, à ce que les deux établissements et leurs assureurs leur versent une somme de 2 013 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les Hôpitaux du Léman et l'EPSM74 ont commis des fautes dans la prise en charge de Mme E de nature à engager leur responsabilité ;
- la créance provisoire s'élève à 96 430,44 euros, correspondant au montant de ses débours ;
- une expertise devra déterminer le montant des préjudices subis par la requérante.
La requête a été communiquée à l'EPSM 74 et à sa société d'assurance, qui n'ont pas produit de mémoire.
II - Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n°2207756 le 25 novembre 2022 et le 12 janvier 2024 (ce dernier non communiqué), Mme A E épouse H et M. B H, agissant en leur nom personnel et au nom de leurs enfants, M. F H et Mme C H, représentés par Me Chambolle, demandent au tribunal :
1°) de joindre les requêtes n°2103985 et 2207756 ;
2°) de condamner solidairement les Hôpitaux du Léman et l'établissement public de santé mentale 74 (EPSM 74), à titre subsidiaire de condamner l'EPSM 74, à leur verser une indemnité au titre des préjudices subis ;
3°) d'ordonner avant dire droit une expertise à fin d'évaluation des préjudices subis ;
4°) de condamner solidairement les Hôpitaux du Léman et l'EPSM 74 et leurs assureurs, à titre subsidiaire de condamner l'un d'entre eux, à leur verser une provision de 10 000 euros ;
5°) de mettre à la charge des Hôpitaux du Léman et de l'EPSM 74 et leurs assureurs, à titre subsidiaire de mettre à la charge de l'un d'entre eux, une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à titre principal, la responsabilité des Hôpitaux du Léman et de l'EPSM 74 doit être engagée pour faute dans l'organisation et le fonctionnement du service durant l'hospitalisation de Mme H du 13 au 14 novembre 2020 caractérisée, d'une part, par un défaut de surveillance, d'autre part, par un manque de place en service de psychiatrie ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité de l'EPSM 74 doit être engagée pour erreur de diagnostic ;
- une expertise doit être ordonnée afin d'évaluer les préjudices subis suite à la chute de Mme H le 14 novembre 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023, l'EPSM 74, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité.
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 décembre 2023 et le 9 janvier 2024 (ce dernier non communiqué), les Hôpitaux du Léman et sa société d'assurance AGRM, représentés par Me Chiffert, demandent au tribunal d'ordonner avant dire droit une expertise à fin d'évaluation de la responsabilité et des préjudices subis.
Ils font valoir que ni leur responsabilité ni le principe d'une réparation intégrale des préjudices ne peut être retenu avant toute opération d'expertise.
La requête a été communiquée à la CPAM de la Gironde qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme G,
- et les observations de de Me Thelu, représentant les Hôpitaux du Léman et son assureur.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 novembre 2020, Mme E épouse H a été admise aux urgences du CH de Thonon-les-Bains, dépendant des Hôpitaux du Léman, en raison d'un syndrome anxiodépressif. Le 14 novembre 2020, après avoir s'être entretenue avec un médecin psychiatre dépendant de l'EPSM74, elle a été transférée dans le service néphrologie du CH de Thonon-les-Bains. Vers 23 heures, Mme E a sauté depuis la fenêtre de sa chambre, située au troisième étage de l'établissement, chute lui provoquant notamment une fracture d'une vertèbre lombaire et de multiples fractures des os du pied gauche. Mme H, ainsi que son mari et ses deux enfants, demandent la condamnation des Hôpitaux du Léman et de l'EPSM 74 à réparer les préjudices subis résultant des fautes dans l'organisation et le fonctionnement du service, et subsidiairement d'une erreur de diagnostic.
2. Les requêtes n°2103985 et n°2207756, présentées par M. et Mme H, ont le même objet. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
3. Les éléments versés au dossier ne permettent pas de se prononcer sur l'existence des fautes alléguées ni, le cas échéant, d'apprécier les préjudices qui en découlent. Par suite, il doit être ordonné, avant-dire-droit, une expertise qui sera confiée à des spécialistes en psychiatrie et en orthopédie.
4. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.
5. En l'absence de responsabilité établie des établissements défendeurs, les demandes de versement d'indemnités provisionnelles doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :Avant dire droit sur la requête de M. et Mme H, il sera procédé à une expertise médicale.
Article 2 :Les experts seront désignés par le président du tribunal. Ils accompliront leur mission au contradictoire des Hôpitaux du Léman, de la société d'assurance AGRM, de l'établissement public de santé mentale 74, de leurs sociétés d'assurance respectives et de la CPAM de la Gironde, dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-4 du code de justice administrative.
Article 3 Les experts auront pour mission :
1°) de prendre connaissance de l'entier dossier médical de Mme A E épouse H ;
2°) de préciser si les diagnostics, actes et soins prodigués à Mme E épouse H tant sur le plan psychiatrique qu'orthopédique ont été attentifs, diligents et conformes aux bonnes pratiques médicales ; de préciser, en particulier, si elle a effectivement été victime d'un défaut de surveillance, d'un défaut matériel, et d'une erreur de diagnostic ;
3°) d'évaluer, le cas échéant, dans quelle mesure cette ou ces carences ont compromis les chances de Mme E épouse H d'obtenir une amélioration de son état de santé initial ou d'échapper à son aggravation en évaluant l'éventuelle perte de chance à ce titre ;
4°) de fixer la date de consolidation de l'état de santé de Mme E épouse H et d'évaluer les préjudices de Mme E épouse H en se référant à la nomenclature dite " Dintilhac " ;
5°) d'une manière générale, de porter à la connaissance du tribunal tous éléments qu'il pourrait estimer utiles à la résolution du litige.
Article 4 :Le rapport d'expertise sera déposé au greffe en deux exemplaires et des copies en seront adressées aux parties par l'expert dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative, dans le délai qui sera fixé par le président du tribunal.
Article 5 :
Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas statué par la présente décision sont et demeurent réservés.Article 6 :Le présent jugement sera notifié à Mme A E épouse H, M. B H, aux Hôpitaux du Léman, à la société AGRM, à l'établissement public de santé mentale 74 et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sogno, président,
Mme Holzem, première conseillère,
Mme Pollet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
La rapporteure,
J. Holzem
Le président,
C. Sogno
Le greffier,
P. Muller
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103985 ; 2207756
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026