mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2103992 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GIRARD MADOUX & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 juin 2021 et le 8 décembre 2021 l'EURL TRANCHANT CHARPENTE, représentée par Me Sevino demande au tribunal :
1°) de condamner l'OPAC de la Savoie à lui verser la somme de 9 410,50 euros, correspondant à la facture de prestations de mise en conservation de deux toitures, aux intérêts moratoires et à l'indemnité pour frais de recouvrement ;
2°) de mettre à la charge de l'OPAC de la Savoie la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
L'EURL TRANCHANT CHARPENTE soutient que :
- le montant de la facture établie n'est pas excessif eu égard aux prestations réalisées ;
- le cahier des clauses administratives générales travaux n'est pas applicable au marché en cause ;
- l'expert présent sur site le 26 mars 2018 n'a pas été mandaté contradictoirement et n'était pas présent au cours de l'ensemble des travaux ;
- aucune mention des voies et délais de recours ne lui a été notifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 décembre 2021, l'OPAC de la Savoie, représenté par la SCP Girard-Madoux, conclut à l'irrecevabilité de la requête, au rejet de la requête et demande à qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de l'EURL TRANCHANT CHARPENTE au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'OPAC de la Savoie fait valoir que :
- l'EURL était tenue de présenter un mémoire en réclamation et de saisir le tribunal dans un délai de six mois à compter du décompte général définitif, sa requête est donc tardive ;
- le CCAG travaux est applicable ;
- le coût de la facture est excessif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- la loi n°2013-100 du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de M. A,
- et les observations de Me Breteau, représentant l'EURL TRANCHANT CHARPENTE et Me Artusi représentant l'OPAC de la Savoie.
Considérant ce qui suit :
1. Par un bon de commande du 26 mars 2018, l'OPAC de la Savoie a entendu confier à la société EURL TRANCHANT CHARPENTE la réalisation de mesures conservatoires sur les toitures de deux habitations endommagées par un incendie, dont la réalisation sera acquittée sur facture. Le 28 mai 2018, l'OPAC a informé l'EURL TRANCHANT CHARPENTE qu'il ne s'acquitterait pas de la facture eu égard à son caractère excessif. Par la présente requête, l'EURL TRANCHANT CHARPENTE demande au Tribunal de condamner l'OPAC de la Savoie au paiement de la somme de 9 410,50 euros, aux intérêts moratoires et à l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article 1er du CCAG Travaux de 2009 : " Ce cahier des clauses administratives générales n'est applicable qu'aux marchés qui s'y réfèrent. ".
3. Il ne résulte pas du simple bon de commande, rédigé en des termes imprécis, faisant référence à l'application d'un CCAG sans préciser lequel, que les parties ont entendu soumettre les travaux sur facture présentant un caractère urgent mentionnés au point 1 au cahier des clauses administratives générales travaux. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que l'EURL TRANCHANT CHARPENTE a sollicité le paiement de la facture émise et soulevé son caractère justifié par un courriel du 7 juin 2018. Il résulte de ce qui précède que la fin de non-recevoir opposée en défense par l'OPAC de la Savoie doit être écartée dans toutes ses branches.
Sur le règlement de la facture :
4. Il résulte des termes du bon de commande, que l'OPAC de la Savoie s'est engagée à mandater le règlement de cette commande suivant l'exécution des prestations sur présentation d'une facture et du présent bon de commande dûment complété. Or, il est constant que les prestations ont été réalisées en totalité. Ainsi, l'OPAC de la Savoie, qui n'invoque pas la nullité de l'accord, ni n'établit, par la seule mention que la prestation en cause ne pouvait durer plus d'une journée de travail, que le prix de la prestation ne correspondrait pas au prix pratiqué par les professionnels de ce secteur, était tenue de régler la facture établie par l'EURL TRANCHANT CHARPENTE.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'OPAC de la Savoie est condamné à verser la somme de 9 410,50 euros à l'EURL TRANCHANT CHARPENTE.
Sur les intérêts :
6. En application de l'article 1231-6 du code civil, l'EURL TRANCHANT CHARPENTE a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité totale définie au point 5 à compter du 21 juin 2021, date d'introduction de la requête.
Sur l'indemnité forfaitaire de recouvrement :
7. Aux termes de l'article 40 de la loi du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par décret () / L'indemnité forfaitaire et l'indemnisation complémentaire sont versées au créancier par le pouvoir adjudicateur () ". En vertu de l'article 9 du décret du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique, le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros.
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'OPAC de la Savoie une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros pour retard de paiement de la somme mentionnée au point 6, en application des dispositions citées au point précédent.
Sur les dépens :
9. La requérante n'établit pas avoir exposé des dépens à l'occasion de la présente instance. Par suite, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'OPAC de la Savoie une somme de 1 500 euros à verser à l'EURL TRANCHANT CHARPENTE. Les conclusions présentées par l'OPAC de la Savoie, partie perdante, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'OPAC de la Savoie est condamné à verser à l'EURL TRANCHANT CHARPENTE la somme de 9 410,50 euros.
Article 2 : Les intérêts au taux légal courront sur la condamnation prononcée à l'article 1er à compter du 21 juin 2021.
Article 3 : L'OPAC de la Savoie est condamné à verser à l'EURL TRANCHANT CHARPENTE la somme de 40 euros correspondant à l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
Article 4 : L'OPAC de la Savoie versera à l'EURL TRANCHANT CHARPENTE la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL TRANCHANT CHARPENTE et à l'OPAC de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fapolli, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 210399
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026