LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2104496

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2104496

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2104496
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPE NUGUE AVOCAT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I-Par requête et mémoires, enregistrés le 9 juillet 2021, le 22 novembre 2021, le 24 janvier 2022 et le 24 mai 2022 sous le numéro 2104496, M. A B, représenté par la SEARL Legis'ALP, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°2021-224 du 18 mars 2021 par lequel le maire de Passy l'a muté sur un emploi d'agent technique polyvalent à compter du 22 mars 2021 ;

2°) de condamner la commune de Passy à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation du préjudice moral et de la perte de chance résultant de la sanction disciplinaire déguisée et du harcèlement moral subis ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Passy une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est privé de base légale, la motivation en droit étant fondée sur des textes relatifs à la rémunération, sans lien avec le litige ;

- la mutation en litige constitue en réalité une sanction disciplinaire déguisée ;

- la commune engage sa responsabilité pour les fautes commises dans sa mise au placard et la sanction disciplinaire déguisée subies, s'apparentant à un harcèlement moral ;

- les fautes commises lui ont causé un préjudice moral et une perte de chance dont il demande réparation à hauteur de 10 000 euros.

Par des mémoires enregistrés le 8 octobre 2021 et le 2 février 2022, la commune de Passy conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Passy fait valoir que :

- la requête est irrecevable, la décision en litige constituant une mesure d'ordre intérieur, insusceptible d'un recours pour excès de pouvoir ;

- les autres moyens et griefs soulevés par M. B ne sont pas fondés.

II-Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 octobre 2021 et le 24 mai 2022 sous le numéro 2107037, M. A B, représenté par la SEARL Legis'ALP, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n°160/2021 du 4 mai 2021 par lequel le maire de Passy a fixé à " la date de remise de service " la fin de ses fonctions de régisseur principal ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Passy une somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- sa requête est recevable;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- ses missions de régisseur ne sont pas liées à son ancien emploi d'ASVP ;

- l'arrêté attaqué constitue une sanction disciplinaire déguisée.

Par un mémoire enregistré le 21 décembre 2021, la commune de Passy conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Passy fait valoir que :

- l'arrêté attaqué est une simple mesure relative à l'organisation intérieure du service et ne fait pas grief à M. B ;

- la requête est irrecevable car tardive ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2023 :

- le rapport de Mme Frapolli,

- les conclusions de M. C,

- les observations de M. B,

- et les observations de Me Achard, représentant la commune de Passy.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, adjoint technique territorial titulaire, a été recruté par la commune de Passy à compter de 2015 et affecté sur un emploi d'agent de surveillance de la voie publique (ASVP). Par un arrêté du 18 mars 2021, le maire de Passy a décidé de l'affecter sur l'emploi d'agent polyvalent d'exploitation des équipements sportifs et ludiques. Dans l'instance n°2104496, M. B demande au Tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté. Il formule également des conclusions indemnitaires en réparation de préjudices subis en raison de diverses fautes que la commune de Passy aurait commises à son encontre. Par ailleurs, à la suite de sa mutation, les fonctions de régisseur principal exercées par M. B pour l'encaissement des droits de place des marchands ambulants lui ont été retirées par l'arrêté susvisé du 4 mai 2021 dont M. B demande l'annulation pour excès de pouvoir dans l'instance n° 2107037.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant mutation interne, dans l'instance n°2104496:

Sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense ;

2. En premier lieu, une mutation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.

3. Il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 25 février 2021, le conseil municipal de Passy a décidé de supprimer les deux emplois d'agents de surveillance de la voie publique, initialement créés pour pallier les difficultés de la collectivité à recruter des agents de police municipale. D'une part, en se bornant à critiquer l'opportunité de la réorganisation du service ainsi décidée en février 2021, M. B n'établit pas que la collectivité ait eu l'intention de le sanctionner. D'autre part, aucun cadre d'emplois de la fonction publique territoriale ne prévoit les missions exercées par les ASVP et la décision attaquée mute le requérant sur un emploi associé à des tâches techniques d'exécution, conformes au cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux auquel il appartient. Elle ne saurait dès lors porter atteinte à sa situation professionnelle. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée constituerait une sanction déguisée doit par suite être écarté.

4. En deuxième lieu, les mutations d'office des fonctionnaires, même prises en considération de leur personne, ne sont pas au nombre des décisions administratives individuelles défavorables dont les dispositions de l'article L.211-2 du code des relations du public avec l'administration imposent la motivation. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, qui est inopérant, ne peut ainsi qu'être écarté.

5. En troisième lieu, si l'arrêté attaqué, tout en se référant de manière générale à la loi du 13 juillet 1983 et à la loi du 26 janvier 1984 susvisées, vise " notamment ", respectivement, leurs articles 20 premier alinéa et 87 premier alinéa, inapplicables au cas d'espèce, une erreur dans les visas d'une décision administrative, pour regrettable qu'elle soit, est sans influence sur sa légalité.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires, dans l'instance n°2104496 :

7. Ainsi qu'il a été dit au point 3, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté en litige constitue une sanction disciplinaire déguisée. Par ailleurs, les griefs tirés de ce que M. B aurait été mis au placard, voire victime d'un harcèlement moral, ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant cessation des fonctions de régisseur principal, dans l'instance n°2107037 :

9. Comme le reconnaît M. B lui-même, la cessation des fonctions de régisseur pour l'encaissement des droits de place des marchands ambulants est implicitement mais nécessairement impliquée par sa mutation sur l'emploi d'agent polyvalent d'exploitation des équipements sportifs et ludiques de la Commune, examinée aux points précédents, ces nouvelles fonctions n'impliquant plus aucune fonction liée à l'occupation des places de marchés. En conséquence, l'arrêté n°160/2021 attaqué dans l'instance n°2107037 est une simple modalité comptable d'exécution d'une décision prise antérieurement, non attaquée dans le cadre de la présente instance. Ainsi que l'oppose en défense la commune de Passy, l'arrêté n°160/2021 du 4 mai 2021 ne fait donc pas grief à M. B, et les conclusions à fin d'annulation présentées à son encontre sont irrecevables.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les deux instances :

10. Les conclusions présentées par M. B, la partie perdante, doivent être rejetées ; dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Passy.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées dans les deux instances susvisées.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Passy sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées dans les deux instances.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Passy.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

Mme Frapolli, premier conseiller,

Mme Fourcade, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.

Le rapporteur,

I. FRAPOLLI

Le président,

C. VIAL-PAILLER

Le greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2104496 - 2107037

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions