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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2104520

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2104520

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2104520
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantPLAHUTA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juillet 2021, la SARL La Grande Ourse, représentée par Me Plahuta, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2012, 2013 et 2014, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre de la période du 1er octobre 2011 au 30 septembre 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

* S'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée :

- Concernant l'exercice clos en 2012, le défaut de présentation de comptabilité n'est pas de son fait mais de celui de son ancien expert-comptable ;

- Concernant l'exercice clos en 2012, les trois rappels d'un montant total de 26 418 euros doivent faire l'objet d'une décharge en ce qu'elle est créditrice d'un montant de 470 euros dès lors que le grand livre versé à l'instance établit un montant de taxe sur la valeur ajoutée dû de 24 130,91 euros, un montant de taxe sur la valeur ajoutée déductible d'un montant de 20 379,11 euros et qu'elle bénéficie d'un report de crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 4 221 euros ;

- Concernant l'exercice clos en 2013, le rappel de 16 499 euros de taxe sur la valeur ajoutée collecté est infondé en ce que le montant de la taxe sur la valeur ajoutée déductible s'élève à 34 768,20 euros ;

- Concernant l'exercice clos en 2013, le rappel de 4 405 euros de taxe sur la valeur ajoutée collectée, résultant d'une omission de recettes d'un montant de 55 662,01 euros TTC, n'est pas fondé dès lors que le vérificateur a procédé à un calcul des recettes inexact qui s'élève en réalité à 45 006,31 euros et que ses recettes en carte bancaire et en numéraire ont été inscrites dans le grand livre comptable produit à l'administration ;

- Concernant l'exercice clos en 2013, les plus expresses réserves sont formulées sur le redressement de 147 euros résultant de l'absence de comptabilisation d'un ticket Z afférent à la période du 9 avril 2012 au 21 décembre 2012 ;

- Concernant l'exercice clos en 2013, la reconstitution du chiffre d'affaires du snack-pizzeria procède d'une méthode sommaire dès lors qu'il n'a été dressé aucune comptabilité matière tirée du fonctionnement propre de son établissement et que le chiffre d'affaires retenu de 39 606 euros TTC n'est pas fondé ;

- le rappel de taxe sur la valeur ajoutée fondé sur cette reconstitution erronée est, par voie de conséquence, infondé ;

- Concernant l'exercice clos en 2014, les plus expresses réserves sont formulées sur le redressement de 137 euros résultant de l'absence de comptabilisation d'un ticket Z afférent à la période du 5 mars 2013 au 28 décembre 2013 ;

- Concernant l'exercice clos en 2014, le rappel de 6 020 euros de taxe sur la valeur ajoutée collectée, résultant d'une omission de recettes d'un montant de 43 959,10 euros TTC, n'est pas fondé dès lors que le vérificateur a procédé à un calcul des recettes inexact qui s'élève en réalité à 40 931,08 euros et que ses recettes en carte bancaire et en numéraire ont été inscrites dans le grand livre comptable produit à l'administration ;

- Concernant l'exercice clos en 2014, la reconstitution du chiffre d'affaires du snack-pizzeria procède d'une méthode sommaire dès lors qu'il n'a été dressé aucune comptabilité matière tirée du fonctionnement propre de son établissement et que le chiffre d'affaires retenu n'est pas fondé ;

- le rappel de taxe sur la valeur ajoutée fondé sur cette reconstitution erronée est, par voie de conséquence, infondé ;

* S'agissant de l'impôt sur les sociétés :

- Concernant l'exercice clos en 2012, le rejet de l'amortissement n'est pas fondé dès lors qu'elle verse la preuve des états de dotations aux amortissements ;

- Concernant l'exercice clos en 2012, le rejet du report de déficit d'un montant de 559 172 euros n'est pas justifié faute de production par l'administration de la proposition de rectification du 18 janvier 2013 ;

- Concernant l'exercice clos en 2013, les omissions de recettes d'un montant total de 89 463 euros HT, résultant de l'omission de recettes d'un montant de 51 257 euros HT déclarée lors du contrôle, de la prise en compte d'un ticket Z non comptabilisé d'un montant de 1 734 euros HT et de la prise en compte des recettes reconstituées de l'activité " snack-pizzeria " d'un montant de 36 472 euros HT, ne sont pas fondés pour les mêmes motifs que ceux avancés concernant les rappels de taxe sur la valeur ajoutée ;

- Concernant l'exercice clos en 2014, les omissions de recettes résultant de l'omission de recettes d'un montant de 39 689 euros HT déclarée lors du contrôle de l'activité " snack-pizzeria ", de la prise en compte d'un ticket Z non comptabilisé d'un montant de 1 519 euros HT et de la prise en compte des recettes reconstituées de l'activité " snack-pizzeria " d'un montant de 34 602 euros HT, ne sont pas fondés pour les mêmes motifs que ceux avancées concernant les rappels de taxe sur la valeur ajouté ;

- Concernant l'exercice clos en 2014, le redressement concernant l'omission de recettes d'un montant de 13 169 euros HT du restaurant traditionnel pour la période du 21 mars 2014 au 3 avril 2014, à l'exception de la journée du 28 mars, n'est pas motivé ;

* S'agissant de la pénalité prévue à l'article 1759 du code général des impôts :

- les pénalités infligées pour les exercices 2013 et 2014 sont erronées en ce qu'il n'y a eu aucune omission de recettes, ainsi qu'il a été démontré, de telle sorte qu'il n'y a pas eu de revenus distribués.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au non-lieu à statuer à concurrence du dégrèvement accordé en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- un dégrèvement à hauteur de 5 789 euros au titre de l'impôt sur les sociétés a été accordé le 27 janvier 2022 pour l'exercice clos en 2012 après justification de la comptabilisation des dotations aux amortissements ainsi que le détail de ses dotations ;

- les autres moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ruocco-Nardo, rapporteur,

- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL La Grande Ourse, exploitant un bar restaurant situé sur le domaine skiable de la station des Gets comprenant une pizzeria-snack au rez-de-chaussée et un restaurant traditionnel à l'étage, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des exercices clos les 30 septembre 2012, 2013 et 2014. Par une proposition de rectification du 11 octobre 2015, l'administration, après avoir rejeté la comptabilité de la société comme étant irrégulière et non probante, lui a notifié des rehaussements en matière de taxe sur la valeur ajoutée et d'impôt sur les sociétés. Les rehaussements, contestés par la société par un courrier du 15 décembre 2015, ont été maintenus par une lettre n°3926 du 6 janvier 2016. Par un courrier de 6 janvier 2016, le vérificateur a appliqué l'amende prévue par l'article 1759 du code général des impôts en l'absence de désignation des bénéficiaires des revenus distribués. Le 2 décembre 2016, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a émis un avis favorable au maintien des rehaussements. Le 24 mars 2017, ont été mis en recouvrement, en matière de taxe sur la valeur ajoutée, les montants de 26 348 euros au titre de l'exercice clos en 2012, de 44 759 euros au titre de l'exercice clos en 2013 et de 6 412 euros au titre de l'exercice clos en 2014, en matière d'impôt sur les sociétés, les montants de 5 789 euros au titre l'exercice clos en 2012, de 400 584 euros au titre de l'exercice clos en 2013 et de 34 013 euros au titre de l'exercice clos en 2014 et, au titre de l'amende prévu par l'article 1759 du code général des impôts, les montants de 97 148 pour l'exercice 2013 et 98 869 pour l'exercice 2014. Par deux courriers du 30 et du 31 décembre 2019, la société a présenté une réclamation contentieuse. Par une décision du 30 avril 2021, l'administration a, d'une part, accordé des dégrèvements partiels en matière d'impôt sur les sociétés d'un montant de 396 148 euros au titre de l'exercice 2013 et 25 396 euros au titre de l'exercice 2014 concernant les amortissements et le passif non justifié et, d'autre part, rejeté le surplus des réclamations. Par la présente requête, la SARL La Grande Ourse demande la décharge des cotisations supplémentaires, rappels et pénalités maintenus à sa charge, s'élevant à un montant total de 292 378 euros.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction que l'administration a accordé à la société requérante un dégrèvement à hauteur de 5 789 euros au titre de l'impôt sur les sociétés pour l'exercice clos en 2012 après justification de la comptabilisation des dotations aux amortissements par une décision du 27 janvier 2022. Par suite, les conclusions aux fins de décharge sont devenues sans objet à hauteur de la somme dégrevée en cours d'instance.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

3. L'article L. 57 du livre des procédures fiscales dispose que : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter, outre la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base des redressements, ceux des motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés qui sont nécessaires pour permettre au contribuable de formuler ses observations de manière entièrement utile.

4. Contrairement à ce qui est soutenu, la proposition de rectification du 11 octobre 2015 précise les motifs du rehaussement de 13 169 euros correspondant à une omission de déclaration de recettes du restaurant traditionnel concernant l'impôt sur les sociétés dû au titre de l'exercice clos en 2014. Par suite, la proposition de rectification est suffisamment motivée à cet égard.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

S'agissant de la régularité de la comptabilité :

5. Il résulte de la proposition de rectification du 11 octobre 2015, d'une part, que pour l'exercice clos le 30 septembre 2012, la SARL La Grande Ourse n'a pas présenté de comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales et, d'autre part, que pour les exercices clos les 30 septembre 2013 et 2014, sa comptabilité ne faisait pas état de recettes réalisées par la partie basse du restaurant, à savoir le snack-pizzeria, alors que le restaurant était ouvert et avait généré des recettes. Si la SARL La Grande Ourse se prévaut de ce que le défaut de présentation de comptabilité ne serait pas de son fait mais de celui de son ancien expert-comptable, cette circonstance est sans incidence sur la régularité de la comptabilité. Par suite, l'administration établit que la comptabilité de la SARL La Grande Ourse comportait de graves irrégularités l'autorisant à reconstituer les résultats de celle-ci.

S'agissant de la charge de la preuve :

6. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque l'une des commissions visées à l'article L. 59 est saisie d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission () ".

7. Ainsi qu'il a été précisé au point 5, l'administration a, à bon droit, écarté la comptabilité de la SARL La Grande Ourse comme étant irrégulière. Le 15 décembre 2016, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a émis un avis favorable au maintien des rehaussements auquel l'administration s'est conformée. Dès lors, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires incombe à la SARL La Grande Ourse.

S'agissant de la méthode de reconstitution des recettes :

8. Lorsque l'administration a procédé à la reconstitution du chiffre d'affaires d'une entreprise selon une méthode qui a été confirmée par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, il appartient à cette entreprise, soit d'établir que la méthode de reconstitution de son chiffre d'affaires suivie par l'administration est excessivement sommaire ou radicalement viciée dans son principe, soit de proposer une méthode de reconstitution plus précise que celle proposée par le service.

9. Par la proposition de rectification du 11 octobre 2015, le vérificateur a procédé, pour les exercices clos le 30 septembre 2013 et le 30 septembre 2014, à une reconstitution de recettes pour l'activité du snack-pizzeria située au rez-de-chaussée de l'établissement dès lors qu'il a constaté une absence de recettes pour certaines journées concernant cette activité du snack-pizzeria alors que des recettes étaient constatées lors de ces mêmes journées au niveau du restaurant traditionnel à l'étage.

10. S'agissant de l'exercice clos le 30 septembre 2013, le vérificateur a relevé que les recettes du snack-pizzeria s'élevaient à 55 662 euros pour 59 jours d'activité selon l'enveloppe journalière versée lors du contrôle, soit une moyenne journalière de 943 euros. Il a relevé que le nombre de jours d'ouverture du snack-pizzeria pendant lesquels des recettes n'avaient pas été enregistrées s'élevait à 42 jours. Il a multiplié la moyenne journalière par le nombre de jours d'ouverture sans recette pour aboutir à un montant de 39 606 euros TTC de recettes reconstituées.

11. S'agissant de l'exercice clos le 30 septembre 2014, le vérificateur a relevé que les recettes du snack-pizzeria s'élevaient à 43 959 euros pour 48 jours d'activité selon l'enveloppe journalière versée lors du contrôle, soit une moyenne journalière de 916 euros. Il a relevé que le nombre de jours d'ouverture du snack-pizzeria pendant lesquels des recettes n'avaient pas été enregistrées s'élevait à 42 jours. Il a multiplié la moyenne journalière par le nombre de jours d'ouverture sans recette pour aboutir à un montant de 38 472 euros TTC de recettes reconstituées.

12. Si la société requérante fait valoir que la salle du snack-pizzeria était fermée les jours de faible fréquentation, cette allégation n'est étayée par aucune pièce du dossier. En outre, en se bornant à soutenir qu'il n'a été dressé aucune comptabilité matière tirée du fonctionnement propre de son établissement et que les chiffres d'affaires retenus de 39 606 euros TTC pour l'exercice 2013 et 38 472 euros TTC pour l'exercice 2014 ne sont pas fondés, la SARL La Grande Ourse, qui ne propose aucune autre méthode de reconstitution, n'établit pas le caractère excessivement sommaire ou radicalement vicié de la méthode suivie par l'administration.

S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2012 :

13. La société requérante soutient que les trois rappels de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant total de 26 418 euros doivent faire l'objet d'une décharge en ce qu'elle serait créditrice d'un montant de 470 euros dès lors que le grand livre versé à l'instance établit la réalité d'un montant de taxe sur la valeur ajoutée collectée de 24 130,91 euros, d'un montant de taxe sur la valeur ajoutée déductible d'un montant de 20 379,11 euros et qu'elle bénéficie d'un report de crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 4 221 euros.

14. Toutefois, concernant la taxe sur la valeur ajoutée collectée, la société requérante n'a mentionné qu'une somme de 9 296 euros sur la seule déclaration de taxe sur la valeur ajoutée transmise à l'administration au cours de l'exercice. Concernant la taxe sur la valeur ajoutée déductible, elle ne verse aucune facture à l'instance établissant la réalité du montant allégué. Enfin, concernant le crédit de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 4 221 euros, ce dernier a bien été pris en compte par le vérificateur dans la proposition de rectification du 11 octobre 2015. Par suite, la société requérante n'établit pas le caractère infondé des trois rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2012.

Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2013 :

15. La société requérante conteste, en premier lieu, un rappel de 16 499 euros résultant d'une discordance entre les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée et le montant de taxe sur la valeur ajoutée collectée indiqué dans le tableau annexé au formulaire n°2065-SD d'impôt sur les sociétés. Si elle se prévaut du caractère infondé de ce rappel en ce que le montant de la taxe sur la valeur ajoutée déductible s'élèverait à 34 768,20 euros, de telle sorte qu'elle bénéficierait d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée de 8 848,30 euros, elle ne verse à l'instance aucune facture établissant la réalité de son allégation.

16. La société met en cause, en deuxième lieu, un rappel de 4 405 euros résultant d'une omission de recettes. Il résulte de la proposition de rectification du 11 octobre 2015 qu'une deuxième enveloppe journalière versée lors du contrôle, qui n'avait pas été incluse dans le tableau versé par la société pour établir son chiffre d'affaires, lequel comprenait uniquement les recettes du restaurant traditionnel situé à l'étage, faisait état de recettes concernant l'activité du snack-pizzeria d'un montant de 55 662 euros TTC.

17. Si la société requérante soutient que le rappel de 4 405 euros de taxe sur la valeur ajoutée collectée, résultant de cette omission de recettes de 55 662 euros TTC, n'est pas fondé dès lors que le vérificateur a procédé, dans l'annexe jointe à la proposition de rectification, à un calcul inexact des recettes, lesquelles s'élèveraient en réalité à 45 006,31 euros, cette allégation manque en fait. En outre, si elle ajoute que ses recettes issues de paiements par carte bancaire et en numéraire ont été inscrites dans le grand livre comptable produit lors de la procédure, ce dernier ne permet pas de ventiler les recettes propres à l'activité du snack-pizzeria et celles du restaurant traditionnel. L'administration, par ailleurs, fait valoir sans être contredite que ce grand livre fait état d'un chiffre d'affaires TTC inférieur au chiffre d'affaires du seul restaurant traditionnel déclaré par la société lors du contrôle.

18. La société critique, en troisième lieu, un rappel de 147 euros résultant de l'absence de comptabilisation d'un ticket Z afférent à la période du 9 avril 2012 au 21 décembre 2012. En se bornant cependant à soutenir que " les plus expresses réserves sont formulées sur ce redressement ", la société requérante n'établit aucunement le caractère infondé du rehaussement.

19. En dernier lieu, la société conteste un rappel de 3 133 euros résultant de la reconstitution de recettes. Si elle soutient que ce rappel de taxe sur la valeur ajoutée procède d'une reconstitution de recettes erronée, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 à 12.

20. Dès lors, la société requérante n'établit pas le caractère infondé des quatre rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2013.

S'agissant de l'exercice clos le 30 septembre 2014 :

21. La société requérante conteste, d'abord, un rappel de 137 euros résultant de l'absence de comptabilisation d'un ticket Z afférent à la période du 5 mars 2013 au 28 décembre 2013. En se bornant à soutenir, comme précédemment, que " les plus expresses réserves sont formulées sur ce redressement ", la société requérante n'établit là aussi aucunement le caractère infondé du rehaussement.

22. La société conteste, ensuite, un rappel de 6 020 euros résultant d'une omission de recettes. Il résulte de la proposition de rectification du 11 octobre 2015 qu'une deuxième enveloppe journalière versée lors du contrôle, qui n'avait pas été incluse dans le tableau versé par la société pour établir son chiffre d'affaires, lequel comprenait uniquement les recettes du restaurant traditionnel situé à l'étage, faisait état de recettes concernant l'activité du snack-pizzeria d'un montant de 43 959 euros TTC.

23. Si la société requérante soutient que le rappel de 6 020 euros de taxe sur la valeur ajoutée collectée, résultant de cette omission de 43 959 euros TTC, n'est pas fondé dès lors que le vérificateur a procédé, dans l'annexe jointe à la proposition de rectification, à un calcul inexact des recettes, lesquelles s'élèveraient en réalité à 40 931 euros, cette allégation manque en fait. En outre, si elle ajoute que ses recettes issues de paiements par carte bancaire et en numéraire ont été inscrites dans le grand livre comptable produit lors de la procédure, ce dernier ne permet pas de ventiler les recettes propres à l'activité du snack-pizzeria de celles du restaurant traditionnel. L'administration, par ailleurs, fait valoir sans être contredite que ce grand livre fait état d'un chiffre d'affaires TTC inférieur au chiffre d'affaires du seul restaurant traditionnel déclaré par la société lors du contrôle.

24. La société met en cause, enfin, un rappel de 3 870 euros résultant de la reconstitution de recettes. Si elle soutient que ce rappel de taxe sur la valeur ajoutée procède d'une reconstitution de recettes erronée, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 à 12.

25. Dès lors, la société requérante n'établit pas le caractère infondé des trois rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2014.

S'agissant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :

Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2012 :

26. Il résulte de la proposition de rectification du 11 octobre 2015 que le vérificateur a réintégré dans les résultats de la SARL La Grande Ourse une somme de 559 172 euros qui était déclarée comme un déficit à reporter dès lors qu'une précédente proposition de rectification du 18 janvier 2013 avait abouti à une annulation des déficits reportables au 30 septembre 2011.

27. En se bornant à soutenir que le rejet du déficit à reporter n'est pas justifié faute de production par l'administration de la proposition de rectification du 18 janvier 2013, la société requérante n'apporte pas la preuve du caractère infondé du rehaussement alors que l'administration fait valoir sans être contredite qu'elle a bien été destinataire de la proposition de rectification du 18 janvier 2013.

Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2013 :

28. Le moyen tiré de ce que les cotisations supplémentaires, d'un montant total de 89 463 euros HT, résultant de l'omission de recettes d'un montant de 51 257 euros HT constatée lors du contrôle, de la prise en compte d'un ticket Z non comptabilisé d'un montant de 1 734 euros HT et de la prise en compte des recettes reconstituées de l'activité du snack-pizzeria d'un montant de 36 472 euros HT, ne sont pas fondés, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 à 12 et 16 à 18.

Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2014 :

29. Le moyen tiré de ce que les cotisations supplémentaires résultant de l'omission de recettes d'un montant de 39 689 euros HT constatée lors du contrôle de l'activité du snack-pizzeria, de la prise en compte d'un ticket Z non comptabilisé d'un montant de 1 519 euros HT et de la prise en compte des recettes reconstituées de l'activité du snack-pizzeria d'un montant de 34 602 euros HT, ne sont pas fondées, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 à 12 et 21 à 23.

30. Il résulte ce qui précède que la SARL La Grande Ourse ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, du caractère exagéré des impositions mises à sa charge.

En ce qui concerne la pénalité prévue à l'article 1759 du code général des impôts :

31. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Aux termes de l'article 117 de ce code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. ". Aux termes de la première phrase l'article 1759 du même code : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. ". Ces dispositions instaurent une pénalité fiscale sanctionnant le refus par une personne morale de révéler l'identité des bénéficiaires d'une distribution de revenus. Cette pénalité est distincte de l'impôt sur les sociétés et ne peut être regardée comme une pénalité afférente à cet impôt. La personne sanctionnée par cette pénalité ne peut contester que son principe, son montant et la procédure propre à la pénalité.

32. La SARL La Grande Ourse conteste l'amende qui lui a été infligée au titre des exercices clos en 2013 et 2014, d'un montant respectif de 97 148 euros et de 98 869 euros, au motif que l'administration ne pouvait constater l'existence de revenus distribués dès lors qu'il n'y a eu aucune omission de recettes. Toutefois, ainsi qu'il a été relevé précédemment, la société requérante n'établit pas le caractère erroné des rehaussements liés aux omissions de recettes. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a appliqué les pénalités en cause au titre de ces deux exercices.

33. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de la SARL La Grande Ourse doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge à hauteur de la somme de 5 789 euros dégrevée en cours d'instance.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL La Grande Ourse est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL La Grande Ourse et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Lefebvre, premier conseiller,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

Le rapporteur,

T. RUOCCO-NARDO

Le président,

V. L'HÔTE

La greffière,

A. MULLER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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