jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2104664 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GERMAIN-PHION JACQUEMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2021 et des mémoires enregistrés le 16 novembre 2021 et le 8 avril 2022, M. B A, désormais représenté par la SCP Germain-Phion Jacquemet, demande au tribunal :
1°) de le décharger des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et pénalités auxquels il a été assujetti au titre de ses revenus de 2017 ;
2°) d'enjoindre à la direction spécialisée de contrôle fiscal centre-est de lui restituer la somme de 3 156 euros indument saisie sur son compte bancaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les revenus qu'il a retirés de la vente d'outils à la société CK38 ne peuvent être imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux dans la mesure où il a réalisé cette opération dans un cadre purement privé ;
- il appartient à l'administration fiscale de renverser la présomption posée par l'article 2276 du code civil par application de laquelle il doit être présumé propriétaire des biens qu'il a vendus à la société CK38 ;
- il a commis une erreur en qualifiant de " facture " le document qu'il a établi lors de cette vente alors qu'il s'agit d'une simple attestation de vente ainsi qu'en atteste l'absence des mentions obligatoires imposées par l'article L. 441-9 du code de commerce ;
- par application du 2°) du II de l'article 150 UA du code général des impôts, le produit de ce type de vente est exonéré de l'impôt sur le revenu ;
- les revenus qu'il a retirés de cette vente ne peuvent être imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers dans la mesure où la société CK38 a acquis les biens qu'il lui a vendus pour l'exercice de son activité, l'opération ne présente pas de caractère occulte et l'intention libérale n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 13 décembre 2021, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal centre-est conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Mme Bailleul a été désignée rapporteur public en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Bailleul, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une vérification de comptabilité de la société CK38, l'administration fiscale a mis à jour le versement, par cette personne morale, d'une somme de 4 000 euros à M. A. Estimant qu'il s'agissait d'une rémunération occulte au sens du c de l'article 111 du code général des impôts, le service l'a imposée dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers entre les mains de l'intéressé qu'elle a assujetti, en conséquence, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017. Dans la présente instant, M. A en demande la décharge.
2. M. A n'est pas inscrit au registre du commerce et des sociétés. Il n'a donc aucune qualité pour émettre la facture qu'il a établie le 18 août 2017. Les mentions figurant sur ce document sont, par suite, dépourvues de toute valeur probante quant à l'existence et, a fortiori, à la nature de la contrepartie à la somme de 4 000 euros perçue par le requérant.
3. Aux termes de l'article 150 UA du code général des impôts : " I. () les plus-values réalisées lors de la cession à titre onéreux de biens meubles ou de droits relatifs à ces biens, par des personnes physiques, domiciliées en France au sens de l'article 4 B () sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. / II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas : () 2° Aux meubles () dont le prix de cession est inférieur ou égal à 5 000 € ".
4. Comme indiqué au point 2, le document du 18 août 2021 ne prouve pas la vente de divers matériels que M. A allègue avoir réalisée avec la société CK38 pour un prix de 4 000 euros. Par suite, il ne peut se prévaloir des dispositions citées au point précédent.
5. Aux termes de l'article 108 du code général des impôts : " Les dispositions des articles 109 à 117 fixent les règles suivant lesquelles sont déterminés les revenus distribués par : 1° Les personnes morales passibles de l'impôt prévu au chapitre II du présent titre ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes ".
6. La contrepartie réelle à la somme de 4 000 euros que la société CK38 a versée à M. A ne pouvant être déterminée, l'administration fiscale était fondée à la regarder comme une rémunération occulte au sens des dispositions citées au point précédent, sans avoir à prouver son désinvestissement du capital de la société CK38, et à l'imposer entre les mains de M. A, en sa qualité non contestée de destinataire.
7. La somme perçue par M. A ayant été imposée dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale aurait commis une erreur en l'imposant dans celle des bénéfices industriels et commerciaux.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge et, par voie de conséquence, d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.
9. Il en va de même, eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, des conclusions qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal centre-est.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
N°2104664
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