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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2105676

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2105676

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2105676
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une réclamation du 24 décembre 2020 transmise au tribunal en application du dernier alinéa de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, enregistrée sous le n° 2105660 le 16 août 2021, M. A B, représenté par la SELARL Arbor Tournoud et Associés, demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels il a été assujetti au titre la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015.

Il soutient que l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence d'une activité occulte de vente de véhicules d'occasion.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

II - Par une réclamation du 24 décembre 2020 transmise au tribunal en application du dernier alinéa de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, enregistrée sous le n° 2105676 le 16 août 2021, M. A B, représenté par la SELARL Arbor Tournoud et Associés, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquels il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015.

Il soutient que l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence d'une activité occulte de vente de véhicules d'occasion.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2021, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ruocco-Nardo, rapporteur,

- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ex-gérant de sociétés exerçant une activité de négoce et de réparation de véhicules automobiles, a fait l'objet d'un examen contradictoire de situation fiscale personnelle portant sur les années 2013, 2014 et 2015 et d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er mars 2013 au 31 décembre 2015. A l'issue de ces contrôles, il a été taxé d'office à la taxe sur la valeur ajoutée à raison d'une activité occulte de vente de véhicules au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015. Il a également été assujetti, au titre des années 2014 et 2015, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu résultant notamment de l'inclusion dans ses revenus imposables des bénéfices industriels et commerciaux tirés de cette activité occulte. Par un jugement n°1801907 et 1801911 du 6 novembre 2020, le tribunal administratif de Grenoble, après les avoir jointes, a rejeté les demandes de décharge de ces impositions présentées par M. B. Par un arrêt n°20LY03830 du 18 mai 2022, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté la requête de M. B dirigée contre ce jugement. Par deux réclamations du 24 décembre 2020, M. B a contesté les mêmes impositions. En application du dernier alinéa de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, l'administration a soumis d'office au tribunal ces deux réclamations.

2. Les requêtes susvisées présentant à juger des questions intéressant la situation fiscale du même contribuable, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

3. Aux termes du premier alinéa de l'article 34 du code général des impôts : " Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale. ". Aux termes du I de l'article 256 de ce code : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. ". Aux termes de l'article 256 A du même code : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention. / () / Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités de producteur, de commerçant ou de prestataire de services, y compris les activités extractives, agricoles et celles des professions libérales ou assimilées. "

4. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction alors en vigueur : " Pour l'impôt sur le revenu (), le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. / () / Par exception aux dispositions du premier alinéa, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due, lorsque le contribuable exerce une activité occulte. L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite. ". Aux termes de l'article L. 176 du même code : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts. / () / Dans le cas où l'exercice ne correspond pas à une année civile, le délai part du début de la première période sur laquelle s'exerce le droit de reprise en matière d'impôt sur le revenu et d'impôt sur les sociétés et s'achève le 31 décembre de la troisième année suivant celle au cours de laquelle se termine cette période. ". Il résulte de ces dispositions que dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, l'administration doit être réputée apporter la preuve, qui lui incombe, de l'exercice occulte de l'activité professionnelle si le contribuable n'est pas lui-même en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives.

5. Pour contester les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, M. B soutient que l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence d'une activité occulte de vente de véhicules d'occasion. En particulier, elle ne verserait aucune preuve de l'existence d'un établissement de vente, ni de l'achat de services ou de véhicules à son nom personnel.

6. Toutefois, il résulte du compte-rendu d'entretien mené par le vérificateur du 19 avril 2017, dans le cadre de l'examen de sa situation fiscale personnelle, que M. B a indiqué que les sommes inscrites au crédit de ses comptes bancaires à hauteur de 177 650 euros en 2014 et de 84 720 euros en 2015 correspondaient au produit de la vente de véhicules d'occasion non déclarée. M. B ne conteste pas avoir reçu cette pièce et ne conteste pas sa valeur probante. Par suite, et en l'absence d'élément tendant à démontrer qu'il aurait commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives, l'administration apporte la preuve du caractère occulte de cette activité et c'est à bon droit qu'elle a prononcé les rehaussements contestés.

7. Par suite, les réclamations du 24 décembre 2020 soumises d'office au tribunal doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les réclamations soumises d'office au tribunal sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Lefebvre, premier conseiller,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

Le rapporteur,

T. RUOCCO-NARDO

Le président,

V. L'HÔTE

La greffière,

A. MULLER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2105660, 2105676

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