jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106205 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | VATIRIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2021, la SAS APR II, représentée par Me Gauthier, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe sur les salaires et les pénalités correspondantes qui lui ont été réclamées au titre des années 2015, 2016 et 2017 pour un montant total de 85 453 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa réclamation préalable, reçue le 30 décembre 2020 par l'administration fiscale, n'est pas tardive ;
- le contrat de travail de M. Romuald Antolini, président, fait clairement apparaitre qu'il a été exclusivement nommé pour exercer des fonctions de responsable commercial ;
- le contrat de travail de M. A B, directeur général, vise exclusivement les fonctions de responsable de production ;
- leurs rémunérations sont refacturées à la société Europliages dans le cadre de conventions d'assistance ce qui permet de justifier que ces rémunérations sont bien versées exclusivement au titre du secteur taxable d'assistance aux filiales.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 décembre 2021, l'administrateur général de la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la réclamation préalable a été réceptionnée après l'expiration du délai de réclamation soit le 4 janvier 2021 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 juillet 2023.
Un mémoire présenté pour la SAS APR II, enregistré le 5 octobre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Coutarel, première conseillère,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une vérification de comptabilité, la SAS APR II, qui exerce une activité de holding mixte, a été assujettie à des cotisations de taxe sur les salaires au titre des années 2015, 2016 et 2017. Sa réclamation en date du 29 décembre 2020 ayant été rejetée par une décision du 7 juillet 2021, elle demande, dans la présente instance, la décharge des impositions supplémentaires et des pénalités mises à sa charge pour un montant total de 85 453 euros.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté :
2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu d'imposition () ". Aux termes de l'article R. 196-1 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexées à ces impôts doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a. De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement. (). En application de l'article L. 286 du même livre : " Toute personne tenue de respecter une date limite ou un délai pour présenter une demande, déposer une déclaration, exécuter un paiement ou produire un document auprès d'une autorité administrative peut satisfaire à cette obligation au plus tard à la date prescrite au moyen d'un envoi postal, le cachet de la poste faisant foi ".
3. Il résulte de l'instruction que les impositions supplémentaires ont été notifiées le 13 juillet 2018 et mises en recouvrement le 14 septembre 2018. Ainsi, conformément aux dispositions de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales précité, le délai de réclamation dont disposait la SAS APR II pour présenter sa réclamation à l'administration expirait le 31 décembre 2020. Pour justifier du dépôt de sa réclamation dans le respect des délais requis, la requérante produit l'original de l'avis de dépôt daté du 29 décembre 2020 à 15h00, qui mentionne en expéditeur le cabinet d'avocat de la requérante et comme destinataire la 5ème brigade régionale de vérification de Grenoble. Il résulte ainsi des mentions de l'avis postal que la réclamation a été postée avant le 31 décembre 2020 ce qui n'est d'ailleurs pas contesté en défense. C'est donc à tort que l'administration a opposé la tardiveté à la réclamation de la SAS APR II en date du 29 décembre 2020. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la réclamation préalable et, par voie de conséquence, de la requête doit être écartée.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes du 1. de l'article 231 du code général des impôts, les employeurs doivent payer une taxe sur les salaires "lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la TVA ou ne l'ont pas été sur 90'% au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations. L'assiette de la taxe due par ces personnes ou organismes est constituée par une partie des rémunérations versées, déterminée en appliquant à l'ensemble de ces rémunérations le rapport existant, au titre de cette même année, entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la TVA et le chiffre d'affaires total ()".
5. D'une part, lorsque les activités d'une entreprise sont, pour l'exercice de ses droits à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, réparties en plusieurs secteurs distincts au sens de l'article 209 de l'annexe II au code général des impôts, la taxe sur les salaires doit être déterminée par secteur d'activité, en appliquant aux rémunérations des salariés affectés spécifiquement à chaque secteur le rapport d'assujettissement propre à ce secteur. Toutefois, la taxe sur les salaires des personnels concurremment affectés à plusieurs secteurs doit être établie en appliquant à leurs rémunérations le rapport existant pour l'entreprise dans son ensemble entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total.
6. D'autre part, les fonctions de président d'une société par action simplifiée confèrent à leurs titulaires, en vertu de l'article L. 227-6 du code de commerce, les pouvoirs les plus étendus dans la direction de l'entreprise. En vertu du même article, un directeur général peut être nommé afin d'exercer les pouvoirs du président. Il résulte des articles L. 225-51 et L. 222 51-1 du même code, auxquels renvoie l'article L. 227-8 de ce code, que le président et le directeur général d'une société par actions simplifiées sont investis d'une responsabilité générale.
7. S'agissant d'une société holding, les pouvoirs visés au point précédent s'étendent en principe au secteur financier, même si le suivi des activités est sous-traité à des tiers ou confié à des salariés spécialement affectés à ce secteur et si le nombre des opérations relevant de ce secteur est très faible. Toutefois, s'il résulte des éléments produits par l'entreprise que certains de ses dirigeants n'ont pas d'attribution dans le secteur financier, notamment lorsque, compte tenu de l'organisation adoptée, l'un d'entre eux est dépourvu de tout contrôle et responsabilité en la matière, la rémunération de ce dirigeant doit être regardée comme relevant entièrement des secteurs passibles de la taxe sur la valeur ajoutée et, par suite, comme placée hors du champ de la taxe sur les salaires.
8. Il est constant que la SAS APR II, société holding mixte qui perçoit des rémunérations taxables au titre des services aux sociétés de son groupe ainsi que des produits financiers pour moins de 90 % de son chiffre d'affaires au titre des années en litige, est passible de la taxe sur les salaires. L'administration a estimé, pour les années en litige, que les attributions du président et du directeur général de la société couvraient le secteur financier et a retenu, pour l'assiette de la taxe sur les salaires, leurs rémunérations, au prorata du rapport d'assujettissement résultant de la part des produits non soumis à la taxe sur la valeur ajoutée dans le total des produits de l'année précédente.
9. Pour combattre la présomption selon laquelle son président et son directeur général sont investis d'une responsabilité générale, la société requérante produit les contrats de travail de M. Romuald Antolini, président directeur général, recruté en qualité de responsable commercial et de M. A B, directeur général, recruté en qualité de responsable production. Elle soutient également que leurs rémunérations sont refacturées à la société Europliages dans le cadre de conventions d'assistance sans toutefois l'établir. Néanmoins, il résulte de l'instruction que le président et le directeur général constituent le seul effectif de la SAS APR II susceptible d'agir dans le secteur financier en cohérence avec l'objet social et les engagements de la convention de prestations de service et d'assistance aux filiales. Dès lors, la requérante n'apporte pas la preuve qui lui incombe que son président et son directeur n'avait pas d'attribution dans le secteur financier. Dans ces conditions, l'administration a pu, à bon droit, inclure les rémunérations versées par la société requérante à son président et à son directeur général dans le champ de la taxe sur les salaires.
Sur les frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens soient mis à la charge de l'Etat, qui, dans la présente instance, n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la SAS APR II est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à la SAS APR II et à l'administrateur général de la direction de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme C et Mme Coutarel, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023
La rapporteure,
A. Coutarel
Le président,
T. Pfauwadel
La greffière,
L. Rouyer
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026