lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2106639 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | CANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2021, M. D E D A, représenté par Me Cans, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2021 par laquelle la commission de médiation du département de l'Isère a rejeté son recours tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande d'hébergement ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui attribuer un hébergement décent dans un délai de 24 heures, à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commission de médiation de l'Isère de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois, compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au profit de son conseil, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
M. D A soutient que :
- il incombera au préfet de l'Isère de justifier de la régularité de la composition de la commission de médiation du département de l'Isère ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet de l'Isère qui n'a pas produit d'observation en défense.
M. D A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 9 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux () ". Aux termes du 1er alinéa du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation relatif aux commissions de médiation créées dans chaque département pour mettre en œuvre le droit au logement opposable : " La commission de médiation peut également être saisie, sans condition de délai, par toute personne qui, sollicitant l'accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande. Si le demandeur ne justifie pas du respect des conditions de régularité et de permanence du séjour mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-1, la commission peut prendre une décision favorable uniquement si elle préconise l'accueil dans une structure d'hébergement () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région ".
2. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes d'une personne tendant à être déclarée prioritaire et devant être hébergées d'urgence relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi d'un recours formé à l'encontre d'une décision de la commission de médiation refusant à un demandeur de le reconnaître prioritaire pour l'accès à une structure d'hébergement dans le cadre du droit garanti par l'État selon les dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, d'apprécier l'urgence et le caractère prioritaire de la demande d'hébergement à la date de la décision attaquée.
3. Pour rejeter la demande formée par M. D A, de nationalité dominicaine et pakistanaise, la commission de médiation s'est fondée sur la circonstance que le requérant n'avait pas entrepris de démarches préalables sérieuses et répétées en vue de l'obtention d'un hébergement.
4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation du service intégré de l'accueil et de l'orientation (SIAO) du département de l'Isère en date du 11 décembre 2020, que M. D A a présenté trois demandes d'hébergement auprès du SIAO-115 les 13 juillet 2020, 30 octobre 2020 et 1er décembre 2020 qui ont été rejetées pour absence de places disponibles. En outre, le requérant verse au débat un certificat médical du 14 décembre 2020 par lequel le Dr B atteste que l'intéressé présente un état de santé précaire, notamment en raison d'une opération de lithiase rénale nécessitant un logement d'urgence. Par suite, M. D A est fondé, dans les circonstances de l'espèce, à soutenir qu'en refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande, la commission de médiation a entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation et à en demander pour ce dernier motif l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête.
5. Par jugement du 2 juin 2022, le tribunal administratif a confirmé la légalité de l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel le préfet de l'Isère a refusé de délivrer un titre de séjour à M. D A en qualité d'étranger malade, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il n'est ni soutenu ni même allégué que le requérant serait toujours présent sur le territoire français à la date où se prononce le juge. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
6. L'aide juridictionnelle ayant été accordée à M. D A, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à Me Cans, avocat de M. D A, sous réserve que Me Cans renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de médiation du droit au logement opposable de l'Isère du 11 janvier 2021 est annulée.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à
Me Cans, avocat de M. D A, sous réserve que Me Cans renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D E D A, à Me Cans et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2022.
Le président,
J.P. CLa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2106639
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026