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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2107109

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2107109

mardi 26 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2107109
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL BALESTAS DURAND GRANDGONNET MURIDI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires en production de pièces enregistrés les 25 octobre 2021, 26 janvier 2022 et 29 juin 2023, Mme B, représentée par Me Muridi, demande au tribunal :

1°) de désigner avant dire droit un expert judiciaire chargé de l'examiner avec les missions suivantes :

- dire si le nouvel arrêt de travail à compter du 7 décembre 2020 doit être pris en charge au titre de la rechute de l'accident de trajet du 13 février 2018 ;

- en cas de réponse positive, préciser si cette rechute est attribuable au poste occupé par l'agent et si un changement de poste est nécessaire ;

- dire si une reprise peut être envisagée et dans quelles conditions ;

- dire si l'agent peut être consolidé et à quelle date ;

- dire si les soins post consolidation sont justifiés pour l'accident de trajet, leur durée et leur nature ;

2°) d'annuler la décision du 26 août 2021 par laquelle la Caisse des dépôts et consignations lui a attribué une allocation temporaire d'invalidité correspondant à un taux rémunéré de 11% à compter du 4 mars 2020 ;

3°) d'enjoindre à la Caisse des dépôts et consignations de procéder à la liquidation de son allocation au taux rémunéré de 37% dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Muridi en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que le calcul de son allocation temporaire d'invalidité aurait dû prendre en compte l'événement survenu sur son lieu de travail le 7 décembre 2020 qui lui a causé une violente douleur rachidienne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, la caisse des dépôts et consignations conclut au rejet de la requête.

La caisse des dépôts conteste le moyen invoqué.

Par lettre du 8 juin 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative l'instruction est susceptible d'être close le 29 juin 2023, par l'émission d'une ordonnance de clôture ou d'un avis d'audience, sans information préalable.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 4 juillet 2023.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mars 2022.

Vu :

- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fourcade,

- les conclusions de M. Argentin, rapporteur public,

- et les observations de Me Leurent, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, agent de blanchisserie employée par le CHU Grenoble Alpes, a été victime le 13 février 2018 d'un accident de trajet qui a été regardé comme consolidé au 4 mars 2020 et dont elle a conservé des séquelles à hauteur de 11% d'IPP. Par une décision du 26 août 2021, la caisse des dépôts et consignations lui a notifié une décision lui attribuant une allocation temporaire d'invalidité au taux rémunéré de 11% à compter du 4 mars 2020.

2. Aux termes de l'article 2 du décret 2005-442 : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10 % ; () ". Aux termes de l'article 3 de ce décret : " La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à compter du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. () ". Aux termes de l'article 6 de ce décret : " La réalité des infirmités invoquées par le fonctionnaire, leur imputabilité au service, la reconnaissance du caractère professionnel des maladies, leurs conséquences ainsi que le taux d'invalidité qu'elles entraînent sont appréciés par le conseil médical prévu par l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 susvisé. /Le pouvoir de décision appartient, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse des dépôts et consignations, à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination. ". Aux termes de l'article 10 de ce décret : " En cas de survenance d'un nouvel accident ouvrant droit à allocation et sous réserve qu'une demande ait été formulée dans les délais prescrits à l'article 3, il est procédé à un nouvel examen des droits du requérant compte tenu de l'ensemble des infirmités. Une nouvelle allocation est éventuellement accordée, en remplacement de la précédente, pour une durée de cinq ans avec une date de jouissance fixée conformément à l'article 7 et les droits du fonctionnaire sont ultérieurement examinés ou révisés dans les conditions prévues par l'article 9. "

3. Mme B conteste cette décision en tant qu'elle ne prend pas en compte les séquelles d'un fait accidentel survenu sur son lieu de travail le 7 décembre 2020 et qui lui a occasionné une violente douleur rachidienne. Toutefois, la requérante n'établit pas avoir formé de demande tendant à la reconnaissance de l'événement du 7 décembre 2020 comme accident de service. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation faute d'avoir pris en compte les séquelles résultant de cet événement.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de désigner un expert judiciaire, que les conclusions à fins d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fins d'injonction ainsi sur celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse des dépôts et consignations et au centre hospitalier régional de Grenoble.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vial-Pailler, président,

Mme Fourcade, première conseillère,

Mme Pollet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.

La rapporteure,

F. FOURCADE

Le président,

C. VIAL-PAILLERLe greffier,

G. MORAND

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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