vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2107797 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 4 |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 novembre 2021 et le 14 décembre 2023, Mme C B, représentée par Me Pignier demande au tribunal :
1°) la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 dans les rôles de la commune de Saint-Martin-d'Hères ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a augmenté la valeur locative de son bien en 2019 sans respecter le principe général des droits de la défense ;
- les appartements doivent être classés en catégorie 6M au lieu de 6 et sa valeur locative évaluée par comparaison avec le local-type n° 42 dont la valeur locative est de 5,03 euros/m² ;
- le coefficient d'entretien des appartements doit être fixé à 1 au lieu de 1,10 ;
- les deux appartements ont chacun une surface réelle de 62 m2 et non de 63 m2 ;
- la valeur locative de l'appartement identifié sous le numéro invariant 0251538 V doit être fixée à 458 euros/m2 au lieu de 508 euros/m2 et celle de l'appartement identifié sous le numéro invariant 0251539 R à 438 euros au lieu de 492 euros ;
- les garages afférents aux appartements ont une surface de 13 m2 et non de 15 m2 ;
- les garages doivent être classés en catégorie C au lieu de B et leur valeur locative évaluée par comparaison au local-type n° 52 dont la valeur locative est de 5,34 euros/m² ;
- le coefficient d'entretien des garages doit être fixé à 1 au lieu de 1,20 ;
- la valeur locative des deux garages devrait être fixée 69 euros/m2 au lieu des 84 et 101 euros/m².
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par le directeur départemental des finances publiques de l'Isère enregistré le 14 décembre 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. Pfauwadel, magistrat désigné, et les observations de Me Pignier.
Une note en délibéré présentée par Mme B a été enregistrée le 29 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B est propriétaire de deux appartements et de deux garages situés 31 avenue Gabriel Péri à Saint-Martin-D'Hères. Ayant constaté que sa cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2019 avait subi une augmentation supérieure à celle résultant de la revalorisation du coefficient d'actualisation et des taux d'imposition, elle a présenté une réclamation qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet par l'administration fiscale. Elle demande au tribunal de prononcer la réduction de cette taxe en soutenant d'une part que l'administration fiscale a irrégulièrement augmenté la valeur locative de ses biens et d'autre part que la valeur locative 1970 est surévaluée.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Lorsqu'une imposition est, telle la taxe foncière sur les propriétés bâties, assise sur la base d'éléments qui doivent être déclarés par le redevable, l'administration fiscale ne peut établir, à la charge de celui-ci, des droits excédant le montant de ceux qui résulteraient des éléments qu'il a déclarés qu'après l'avoir, conformément au principe général des droits de la défense, mis à même de présenter ses observations.
3. La direction départementale des finances publiques de l'Isère soutient qu'elle a procédé en 2019 à une opération de mise à jour des valeurs locatives d'un nombre important de logements, consistant à prendre en compte, au niveau de la valeur locative 1970, des éléments de confort définis à l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts jusqu'alors non pris en compte, et principalement le chauffage central. L'administration fait valoir qu'en l'espèce, l'ajout du chauffage central a fait passer la valeur locative 1970 de l'appartement identifié sous le numéro invariant 0251539 de 441 euros à 492 euros et celle de l'appartement identifié sous le numéro invariant 0251538 de 456 euros à 508 euros. Elle soutient qu'un courrier d'information, automatisé en raison du nombre important de locaux concernés, a été adressé à chaque propriétaire concerné afin qu'il puisse faire valoir ses observations et que l'envoi à la requérante de ce courrier est établi par la mention de son nom sur le tableau comportant la liste des propriétaires destinataires des courriers d'information. Toutefois, la requérante soutient ne pas avoir reçu de courrier d'information. La seule production par l'administration du modèle type du courrier d'information envoyé de façon automatisée et de l'extrait, concernant la requérante, du tableau comportant la liste des propriétaires destinataires du courrier, ne suffit pas, faute de production d'un accusé réception, à établir qu'elle a été mise à même de présenter ses observations, conformément au principe général des droits de la défense. Par suite, la requérante est fondée à demander la réduction du montant de la taxe foncière 2019 correspondant à la revalorisation de la valeur locative opérée la même année par l'administration fiscale.
Sur la valeur locative 1970 :
En ce qui concerne le classement de l'immeuble :
4. Aux termes de l'article 1496 du code général des impôts : " I. La valeur locative des locaux affectés à l'habitation () est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. II. La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune ". Aux termes de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " I. La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. () ". Aux termes de l'article 324 H de la même annexe : " I. - Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après. () II. - Pour les dépendances bâties isolées et les divers éléments visés au II de l'article 324 G, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type spéciale comportant quatre catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux décrits au tableau ci-après. III. - Dans les cas deux cas prévus aux I et II, il peut toutefois être procédé à la création de catégories intermédiaires combinant, dans des proportions simples, deux catégories-types. IV. - Les caractéristiques physiques afférentes à chaque nature et catégorie de locaux retenus lors de la classification communale sont inscrites au procès-verbal des opérations de la révision. ". Ces critères sont le caractère architectural de l'immeuble, la qualité de la construction, la distribution du local et sa conception générale, l'équipement du local, l'impression d'ensemble donnant le caractère général de l'habitation.
5. Il ressort de l'extrait du procès-verbal 6670H de la commune de Saint-Martin-d'Hères que les habitations de la catégorie 6 correspondent à des constructions à façade simple d'aspect très ordinaire, construites avec des matériaux de qualité ordinaires procurant une habitabilité assez bonne, de conception très simple avec en général un faible développement des pièces pour les immeubles récents et assez mal dégagées, équipées habituellement d'une salle d'eau et d'un WC particuliers dans les immeubles récents ; les habitations de la catégorie 6M correspondent à des constructions à façade très simple, construites avec des matériaux plus légers mais assurant encore une assez bonne habitabilité, avec un faible développement des pièces et des dégagements, d'une absence fréquente de salle d'eau et de la présence d'un WC particulier ou communs dans les immeubles anciens.
6. Mme B soutient que les appartements, qui ont été classés catégorie 6, doivent être classés en catégorie 6M et être évalué par référence au local n° 42 correspondant à cette dernière catégorie dont la valeur locative est de 5,03 euros/m². Il ressort de la photographie de l'immeuble collectif versée au dossier par l'administration, la requérante n'en produisant pas, que celui-ci est simple d'aspect ordinaire. Si la requérante fait valoir que l'immeuble a fait l'objet d'une qualité de construction médiocre, économique en matériaux bon marché et que les pièces d'habitation de ces logements ont des surfaces réduites, elle ne produit aucune pièce de nature à établir le caractère erroné de la classification en catégorie 6.
En ce qui concerne le coefficient d'entretien :
7. Aux termes de l'article 324 P de l'annexe III au code général des impôts : " La surface pondérée comparative de la partie principale augmentée, le cas échéant, en ce qui concerne la maison, de la surface pondérée brute des éléments visés au b du I de l'article 324 L, est affectée d'un correctif d'ensemble destiné à tenir compte, d'une part, de l'état d'entretien de la partie principale en cause, d'autre part, de sa situation. Ce correctif est égal à la somme algébrique des coefficients définis aux articles 324 Q et 324 R. La surface pondérée nette ainsi obtenue est arrondie au mètre carré inférieur. " Aux termes de l'article 324 Q de l'annexe III à ce même code : " Le coefficient d'entretien est déterminé conformément au barème suivant : Bon - Construction n'ayant besoin d'aucune réparation 1,20. Assez bon - Construction n'ayant besoin que de petites réparations 1,10. Passable - Construction présentant, malgré un entretien régulier, des défauts permanents dus à la vétusté, sans que ceux-ci compromettent les conditions élémentaires d'habitabilité 1. Médiocre - Construction ayant besoin de réparations d'une certaine importance, encore que localisées 0,90. Mauvais - Construction ayant besoin de grosses réparations dans toutes ses parties 0,80 ". Pour l'appréciation du coefficient d'entretien d'un immeuble à la date de l'imposition, doivent notamment être pris en compte les travaux envisagés dont la nécessité est attestée, dès lors que leur nature et leur montant révèlent le besoin de réparation de la construction.
8. Il résulte de l'instruction que les appartements de Mme B ont été affectés du coefficient d'entretien de 1,10. En se bornant à indiquer que malgré un entretien régulier l'immeuble présente des défauts permanents dus à la vétusté des lieux, le requérant n'établit pas que les biens imposés présenterait de tels défauts, justifiant ainsi l'application d'un coefficient d'entretien de 1 au lieu de celui de 1,10 qui a été appliqué par l'administration fiscale. Par suite, l'état d'entretien passable n'étant ainsi pas caractérisé, le coefficient d'entretien retenu par l'administration ne peut être regardé comme étant erroné.
En ce qui concerne la surface des appartements :
9. Aux termes du I de l'article 1406 du code général des impôts dans sa version applicable au litige, " Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. " Aux termes de 1415 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. "
10. Il résulte de l'instruction qu'à la date du 1er janvier 2019, la surface réelle des appartements imposés de 63 m2 retenue dans la fiche de calcul est conforme à celle mentionnée dans les déclarations initiales souscrites le 19 septembre 1970 versées au dossier par l'administration fiscale. Si la requérante fait valoir que chaque appartement dispose d'une surface réelle de 62 m2 et non de 63 m2, elle ne produit aucune pièce ou déclaration rectificative de nature à établir le caractère erroné de la surface de 63 m2 retenue par l'administration fiscale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la surface réelle des appartements est de 62 m2.
En ce qui concerne les garages :
11. Il ressort de l'extrait du procès-verbal 6670H de la commune de Saint-Martin-d'Hères que les dépendances bâties isolées et assimilées ordinaires de la catégorie B correspondent à des constructions réalisées avec des matériaux courants assurant une protection suffisante ; les dépendances bâties isolées et assimilées ordinaires de la catégorie C correspondent à des constructions à une couverture légère assurant une protection sommaire.
12. Mme B soutient que les garages, qui ont été classés catégorie B, doivent être classés en catégorie C et être évalués par référence au local n° 52 correspondant à cette dernière catégorie dont la valeur locative est de 5,34 euros/m². Il ressort de la photographie des garages versée au dossier par l'administration, la requérante n'en produisant pas, que ceux-ci assurent une protection suffisante. Si la requérante fait valoir que les garages font l'objet d'une qualité de construction médiocre, en matériaux bon marché et légers, elle ne produit aucune pièce de nature à établir le caractère erroné de la classification en catégorie B.
13. Il résulte de l'instruction que les garages de Mme B ont été affectés du coefficient d'entretien de 1,20. En se bornant à indiquer que malgré un entretien régulier l'immeuble présente des défauts permanents dus à la vétusté des lieux, le requérant n'établit pas que les biens imposés présenterait de tels défauts, justifiant ainsi l'application d'un coefficient d'entretien de 1 au lieu de celui de 1,20 qui a été appliqué par l'administration fiscale. Par suite, l'état d'entretien passable n'étant ainsi pas caractérisé, le coefficient d'entretien retenu par l'administration ne peut être regardé comme étant erroné.
14. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, des déclarations modèles H2 versées au dossier que la surface réelle de chaque garage est de 13 m2. En l'espèce, l'administration fiscale a, toutefois, retenu la surface erronée de 15 m2 concernant le garage identifié sous le numéro invariant 0251545. Dans ces conditions, il y a lieu de ramener la surface du garage identifié sous le numéro invariant 0251545 à 13 m2 et d'en décharger proportionnellement le montant de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties y afférente.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est seulement fondée à demander, d'une part, que les valeurs locatives 1970 de ses appartements identifiés sous les numéros invariants 0251538 et 0251539 soient fixées respectivement à 456 et 441 euros pour la détermination du montant de la taxe foncière 2019, d'autre part, que la surface du garage identifié sous le numéro invariant 0251545 soit ramenée de 15 m2 à 13 m², et à obtenir la décharge du montant correspondant de sa cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2019.
Sur les frais liés au litige :
16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une quelconque somme au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les valeurs locatives 1970 des appartements de Mme B identifiés sous les numéros invariants 0251538 et 0251539, pour la détermination du montant de la taxe foncière au titre de l'année 2019, sont fixées respectivement à 456 euros et 441 euros.
Article 2 : La surface taxable du garage identifié sous le numéro invariant 0251545 est ramenée à 13 m².
Article 3 : Mme B est déchargée de la différence entre le montant de la cotisation de taxe foncière 2019 à laquelle elle a été assujettie et celui résultant des articles 1er et 2.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la direction départementale des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
T. PFAUWADELLe greffier,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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