lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2108275 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | MARTIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés le 1er décembre 2021, le 26 décembre 2021, le 29 décembre 2021, le 28 janvier 2022, le 30 janvier 2023 et le 24 octobre 2023, Mme C A, représentée par Me Martin, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Savoie a rejeté sa demande de remise de dette d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 527,67 euros ;
2°) de lui accorder la remise gracieuse de cette dette ;
3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Savoie la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi et peut donc bénéficier d'une remise de dette ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la caisse n'a pas pris en compte les éléments relatifs à ses ressources et notamment la circonstance qu'elle n'avait plus droit à l'allocation de solidarité spécifique ni à l'allocation de retour à l'emploi, qu'elle souffre de graves problèmes de santé, qu'elle n'a aucune ressource, des enfants à charge et suit une procédure pour pallier à sa situation de surendettement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, le département de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 24 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête dès lors que l'indu litigieux de revenu de solidarité active d'un montant de 527,67 euros est aujourd'hui totalement remboursé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Martin, représentant Mme A.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Mme A a produit une note en délibéré le 8 novembre 2023 qui n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est allocataire du revenu de solidarité active. Un indu de 527,67 euros lui a été notifié par une décision du 27 août 2021. Elle a demandé la remise gracieuse de cette somme. Par une décision du 28 octobre 2021, le président du conseil départemental de la Haute-Savoie a rejeté sa demande. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.
Sur la demande de remise gracieuse :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
3. Une demande de remise de dette présentée devant le tribunal a pour objet de solliciter, en cas de précarité, la remise gracieuse de sommes dont le bien-fondé n'est pas contesté. Une telle demande perd son objet lorsque la dette est soldée.
4. Il résulte de l'instruction et notamment du détail des retenues pratiquées sur les prestations de Mme A pour février 2022 que l'indu litigieux de revenu de solidarité active d'un montant de 527,67 euros est aujourd'hui totalement remboursé. Par suite, et contrairement à ce que soutient la requérante, les conclusions de la requête à fin de remise gracieuse de cette dette ont perdu leur objet.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, eu égard aux circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Martin et au département de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2023.
Le président,
J-P. BLa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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