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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2108281

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2108281

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2108281
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2021 sous le n°2108281 et un mémoire enregistré le 5 avril 2022, Mme C D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Drôme a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 d'un montant de 274,41 euros ensemble la décision du 9 décembre 2021 par laquelle la caisse a rejeté son recours gracieux ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Drôme de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Drôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision de la commission de recours amiable du 9 décembre 2021 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle n'est pas signée ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

- les décisions sont entachées d'un défaut de motivation ;

- la caisse d'allocations familiales de la Drôme a méconnu le caractère suspensif du recours en procédant à des retenues sur prestations ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit car elle avait bien droit au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2020 ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Drôme ne prouve pas l'existence d'une vie maritale dissimulée ;

- elle méconnaît l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2022 sous le n°2200539, Mme C D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Drôme a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 350 euros ;

3°) de la décharger du paiement de cette somme ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Drôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- la caisse d'allocations familiales de la Drôme a méconnu le caractère suspensif du recours en procédant à des retenues sur prestations ;

- elle méconnaît les articles L. 121-1 et L. 122-1 du code de relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

III. Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022 sous le n°2202508, Mme C D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté son recours préalable et confirmé sa décision initiale par laquelle elle a mis à sa charge deux indus d'aide personnalisée au logement d'un montant de 6 750 euros et de 520 euros ;

2°) de la décharger du paiement de ces sommes ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Drôme de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Drôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision de la commission de recours amiable méconnaît les dispositions de l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle ne comporte aucune information relative aux bases de liquidation ;

- la caisse a procédé à des retenues illégales ;

- la procédure de contrôle a été entachée d'un vice de procédure dès lors que la caisse ne prouve pas l'assermentation de l'agent de contrôle ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- la caisse d'allocations familiales de la Drôme a méconnu le caractère suspensif du recours en procédant à des retenues sur prestations ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Drôme ne prouve pas l'existence d'une vie maritale dissimulée ;

- méconnaît l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle présente les conditions pour bénéficier d'une remise gracieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

IV. Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022 sous le n°2202509, Mme C D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté son recours préalable et confirmé sa décision initiale par laquelle elle a mis à sa charge un indu de prime d'activité d'un montant de 1 059,72 euros ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Drôme de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Drôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision de la commission de recours amiable méconnaît les dispositions de l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle ne comporte aucune information relative aux bases de liquidation ;

- la caisse a procédé à des retenues illégales ;

- la procédure de contrôle a été entachée d'un vice de procédure dès lors que la caisse ne prouve pas l'assermentation de l'agent de contrôle ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- la caisse d'allocations familiales de la Drôme a méconnu le caractère suspensif du recours en procédant à des retenues sur prestations ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Drôme ne prouve pas l'existence d'une vie maritale dissimulée ;

- la décision méconnaît de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle présente les conditions pour bénéficier d'une remise gracieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

V. Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022 sous le n°2202510, Mme C D, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 décembre 2021 par laquelle la présidente du département de la Drôme a rejeté son recours préalable et confirmé sa décision initiale par laquelle elle a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité activé d'un montant de 4 906,91 euros pour la période de mars 2020 à septembre 2021 ;

2°) de la décharger du paiement de cette sommes ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Drôme de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Drôme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision de la commission de recours amiable méconnaît les dispositions de l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- le caractère suspensif du recours a été méconnu ;

- la décision méconnaît les droits de la défense ;

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Drôme ne prouve pas l'existence d'une vie maritale dissimulée ;

- la décision méconnaît l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle présente les conditions pour bénéficier d'une remise gracieuse.

La requête a été régulièrement communiquée au département de la Drôme, qui n'a pas produit d'observations.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2022 rectifiée le 22 mars 2022 dans l'affaire n°2108281, par une décision du 12 avril 2022 dans l'affaire n°2200539, par des décisions du 25 mars 2022 dans les affaires n°2202508, 2202509 et 2202510.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le décret n°2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité ;

- la loi n°91-647 du 10 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D est allocataire de la prime d'activité, de l'aide personnalisée au logement et du revenu de solidarité active. Au titre de ses droits à cette dernière allocation, elle a bénéficié de l'aide exceptionnelle de fin d'année et de l'aide exceptionnelle de solidarité versée durant la crise sanitaire. Par une première décision du 21 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Drôme lui a notifié un indu de prestations sociales d'un montant total de 16 066,88 euros comprenant deux indus d'aide personnalisée au logement de 6 750 euros pour la période d'octobre 2020 à octobre 2021 et de 520 euros pour le mois de mai 2021, un indu de prime d'activité d'un montant de 1 059,72 euros pour la période de novembre 2019 à janvier 2020 et un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 906,91 euros pour la période de mars 2020 à septembre 2021. Par une décision du 23 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Drôme lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 d'un montant de 274,41 euros. Mme D a contesté le bien-fondé de ces indus par des recours préalables datés du 23 octobre 2021. Par trois décisions du 9 décembre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté ses recours s'agissant de l'aide exceptionnelle de fin d'année, de la prime d'activité et de l'aide personnalisée au logement. Par une décision du 30 décembre 2021, la présidente du conseil départemental de la Drôme a rejeté son recours préalable s'agissant du revenu de solidarité active. Enfin, par une décision du 4 décembre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Drôme lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 350 euros. Par les présentes requêtes, Mme D demande au tribunal d'annuler l'ensemble de ces décisions.

2. Les requêtes susvisées sont relatives à la situation d'un même allocataire. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur le bien-fondé des indus de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement et de revenu de solidarité active :

3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

4. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement () ". L'article L. 823-1 du même code dispose que : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ()

5. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ".

6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

7. Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ". Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges

8. Pour mettre à la charge de Mme D les indus litigieux de prime d'activité d'un montant de 1 059,72 euros pour la période novembre 2019 à janvier 2020, d'aide personnalisée au logement d'un montant de 6 760 euros pour la période d'octobre 2020 à octobre 2021 et de 520 euros pour le mois de mai 2021 et de revenu de solidarité active d'un montant de 4 906,71 euros pour la période de mars 2020 à septembre 2021, la caisse d'allocations familiales de la Drôme et le département de la Drôme se sont fondés sur la circonstance que la requérante aurait dissimulé l'existence d'une vie maritale avec M. B à compter du 30 janvier 2020. Il résulte de l'instruction que la requérante est connue de l'administration comme mère isolée avec deux enfants à charge depuis le 29 septembre 2019. Pour retenir l'existence d'une vie maritale, la caisse, qui se limite à reprendre les éléments du rapport d'enquête, a retenu que M. B a été domicilié auprès de son organisme bancaire et de l'entreprise BackMarket à l'adresse de Mme D entre janvier 2020 et février 2021 et qu'ils avaient des intérêts financiers et personnels communs liés à des virements réguliers, au paiement d'une facture de téléphone et à l'achat d'un téléphone. Toutefois, d'une part, il résulte des pièces produites par la requérante que l'ensemble des factures et contrat d'assurance liés au logement de Mme D situé à Colonzelle sont à son seul nom. D'autre part, les nombreuses attestations produites et qui ne sont pas contestées en défense, exposent que M. B ne vivait pas avec Mme D de janvier à juin 2020 et qu'il a ensuite été domicilié chez son père auprès du tribunal judiciaire, du site Internet Société.com et de son ancien employeur. Par ailleurs, M. B est locataire de son propre logement depuis le 1er novembre 2021. Par conséquent et eu égard aux circonstances de l'espèce, les éléments réunis par la caisse d'allocations familiales de la Drôme ne sont pas suffisants pour établir l'existence d'un faisceau d'indices concordants permettant d'établir l'existence d'une vie conjugale à compter du 30 janvier 2020.

9. Par conséquent, Mme D est fondée à contester le bien-fondé des indus de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement et de revenu de solidarité active. Par conséquent la décision du 9 décembre 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales a rejeté son recours préalable s'agissant de l'aide personnalisée au logement, la décision du même jour par laquelle la commission de recours amiable a rejeté son recours s'agissant de la prime d'activité et la décision du 30 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de la Drôme a rejeté son recours préalable s'agissant du revenu de solidarité active doivent être annulées.

Sur le bien-fondé des indus d'aide exceptionnelle de solidarité et d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 :

10. D'une part, l'article 3 du décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active dispose qu'une allocation est attribuée pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre ou décembre 2020.

11. D'autre part, l'article 1er du décret n°2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire dispose qu'une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée au titre des mois d'avril ou mai 2020 pour les bénéficiaires du revenu de solidarité ou de l'aide personnelle au logement qui ont droit à l'une de ces allocations durant les mois d'avril ou mai 2020.

12. Pour mettre à la charge de Mme D les indus litigieux d'aide exceptionnelle de solidarité et d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020, la caisse d'allocations familiales de la Drôme s'est fondée sur la suppression rétroactive des droits de la requérante au revenu de solidarité active pour la période de mars 2020 à septembre 2021 et de ses droits à l'aide personnalisée au logement pour la période d'octobre 2020 à octobre 2021. Toutefois, d'une part, s'agissant de l'aide exceptionnelle de solidarité, il résulte de l'instruction et de ce qui précède qu'en tout état de cause Mme D est bénéficiaire de l'aide au logement depuis 2013, qu'il n'est pas contesté qu'elle a bénéficié de cette aide sans interruption jusqu'au mois d'octobre 2020, date à laquelle la caisse a suspendu ses droits, par conséquent, et en tout état de cause elle percevait au moins l'une des allocations prévues par l'article 1er du décret précité du 5 mai 2020 durant les mois d'avril ou mai 2020 lui permettant de bénéficier de l'aide exceptionnelle de solidarité. S'agissant ensuite de l'aide exceptionnelle de fin d'année 2020, il résulte de ce qui a été dit au point 9 que le département de la Drôme n'était pas fondé à lui supprimer rétroactivement ses droits au revenu de solidarité active pour la période de mars 2020 à octobre 2021, par conséquent, et dès lors qu'elle avait droit à cette allocation pour les mois de novembre et décembre 2020 elle pouvait légalement percevoir l'aide exceptionnelle de fin d'année 2020.

13. Il résulte de ce qui précède que les décisions du 23 octobre 2021 et du 4 décembre 2021 par lesquelles la caisse d'allocations familiales de la Drôme lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 274,41 euros et d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 350 euros doivent être annulées.

Sur les conséquences des annulations :

14. La présente décision implique qu'il soit enjoint à la caisse d'allocations familiales de la Drôme et au département de la Drôme de procéder au remboursement des sommes éventuellement perçues et prélevées en remboursement des indus litigieux de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement, de revenu de solidarité active, d'aide exceptionnelle de solidarité et d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

15. Il n'y a pas lieu, eu égard aux circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme D présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 9 décembre 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté le recours préalable de Mme D et confirmé deux indus d'aide personnalisée au logement de 6 760 et 520 euros est annulée.

Article 2 : La décision du 9 décembre 2021 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté le recours préalable de Mme D et confirmé un indu de prime d'activité d'un montant de 1 059,72 euros est annulée.

Article 3 : La décision du 30 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de la Drôme a rejeté le recours préalable de Mme D et confirmé un indu de revenu de solidarité active de 4 906,71 euros est annulée.

Article 4 : La décision de la caisse d'allocations familiales du 23 octobre 2021 est annulée en tant qu'elle met à la charge de Mme D un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 274,41 euros.

Article 5 : La décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Drôme du 4 décembre 2021 notifiant un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2020 de 350 euros est annulée.

Article 6 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de la Drôme et au département de la Drôme de procéder au remboursement des sommes éventuellement prélevées en remboursement des indus annulés de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement, d'aide exceptionnelle de solidarité, d'aide exceptionnelle de fin d'année et de revenu de solidarité active.

Article 7 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Me Desfarges, à la caisse d'allocations familiales de la Drôme, au département de la Drôme et à la ministre des solidarités et des familles.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la ministre des solidarités et des familles, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2108281, 2200539, 2202508, 2202509, 2202510

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01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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