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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2108834

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2108834

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2108834
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête et des mémoires enregistrés le 30 décembre 2021, le 11 août 2023 et le 25 septembre 2023 sous le numéro 2108834, M. A B, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ainsi que la décharge des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la proposition de rectification est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ; il manque le fondement légal des rappels entrepris dans la catégorie des traitements et salaires ; pour les revenus distribués la motivation par référence n'est pas valide en l'espèce ;

- la procédure d'information prévue à l'article L. 48 du livre des procédures fiscales est irrégulière dès lors que le calcul de l'assiette de l'impôt ne peut être retracé ;

- l'administration n'établit pas la mise à disposition des sommes imposées dans la catégorie des traitements et salaires ; il n'a eu la disposition qu'en 2018 du complément de salaire d'un montant de 9 000 euros inscrit au crédit de son compte courant le 31 décembre 2017 ; il n'est pas établi que la somme de 19 687 euros imposée en traitements et salaires a été mise à sa disposition ;

- s'agissant des revenus fonciers, l'administration n'a pas pris en compte les sommes versées par les locataires au titre des charges leur incombant qui ne sont pas imposables ni les frais de gestion de 20 euros par local ; il y a lieu de déduire la taxe foncière de l'année 2015 acquittée au cours de l'année 2016, au titre des dépenses payées pour 2016 ;

- l'administration n'établit pas qu'il a appréhendé les revenus occultes imposés sur le fondement du 2° de l'article 109 du code général des impôts par sa seule qualité de maître de l'affaire ;

- les frais de déplacements non justifiés ne peuvent être imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers mais, faute de porter sa rémunération à un niveau excessif, relèvent de la catégorie des traitements et salaires ;

- les sommes inscrites en compte courant d'associé ne présentent pas un caractère occulte dès lors que l'identité du titulaire du compte et la nature des opérations sont explicitées en comptabilité et qu'elles ne portent pas sa rémunération à un niveau excessif ; la substitution de base légale demandée par l'administration doit conduire à un abattement de 10% ;

- l'enregistrement des contrats de prêts ayant un caractère facultatif, les pièces apportées permettent de justifier l'origine des revenus d'origine indéterminée taxés d'office à hauteur de 23 000 euros en 2016 et 2 000 euros en 2017 ;

- les revenus même occultes des gérants majoritaires de SARL sont intégrés dans les bases des cotisations et contributions sociales recouvrées par les URSSAF pour la part qui excède 10% du capital, soit la somme de 750 euros correspondant à 10% du capital libéré puisque l'administration a remis en cause les sommes inscrites au compte courant d'associé ; l'administration dispose seule de la possibilité d'obtenir les compte-courants auprès du mandataire judiciaire.

Par des mémoires enregistrés le 16 mai 2022 et le 20 septembre 2023, la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable à concurrence des conclusions excédant en base les montants de 31 500 euros pour l'année 2016 et 2000 euros pour l'année 2017 qui n'ont pas été contestés dans la réclamation ;

- M. B qui s'est abstenu de répondre dans le délai de trente jours supporte la charge de la preuve ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

II- Par une requête enregistrée le 11 août 2023 sous le numéro 2305388, M. A B, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 par voie de rôles mis en recouvrement le 30 juin 2020 ainsi que la décharge des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la proposition de rectification est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- la procédure d'information prévue à l'article L. 48 du livre des procédures fiscales est irrégulière dès lors que le calcul de l'assiette de l'impôt ne peut être retracé.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 avril 2024, la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

III- Par une réclamation du 26 décembre 2022 adressée le 30 décembre 2022 au directeur des finances publiques de la Drôme, transmise en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales et enregistrée le 19 décembre 2023 sous le numéro 2308351, M. A B, représenté par la SELARL Arbor, Tournoud et associés, demande la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 ainsi que la décharge des pénalités correspondantes.

Il invoque les mêmes moyens que ceux de la requête numéro 2305388.

Par son mémoire introductif d'instance enregistré le 19 décembre 2023, la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la réclamation.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces de ces dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,

- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. A l'issue d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle et de la vérification de comptabilité de la SARL SEBL dont M. B était associé et gérant majoritaire, l'administration a mis à la charge de ce dernier des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017 assortis de majorations pour manquement délibéré. Les sommes mises en recouvrement le 30 juin 2020 ont été partiellement dégrevées le 11 janvier 2021 afin de tenir compte d'une erreur de base imposable des revenus distribués. La réclamation présentée le 13 avril 2021 ayant été rejetée par une décision du 3 novembre 2021 et celle du 26 décembre 2022, reçue le 30 décembre, étant restée sans réponse, M. B demande dans ses requêtes enregistrées sous les numéros 2108834 et 2305388, la décharge des impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes qui lui sont réclamées au titre des années 2016 et 2017. La réclamation du 26 décembre 2022 a été transmise au Tribunal le 19 décembre 2023 en application de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales et enregistrée sous le numéro 2308351.

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2108834, 2305388 et 2308351 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ()". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article ".

4. La proposition de rectification du 22 octobre 2019 mentionne les textes dont il est fait application. Elle comporte la nature et le montant des revenus imposables ainsi que les motifs fondant les rehaussements. S'agissant des indemnités kilométriques imposées en revenus de capitaux mobiliers, la somme de 20 232 euros mentionnée dans la proposition de rectification correspond au montant perçu de la SARL SEBL par le contribuable au titre de l'année 2016. En outre, la somme de 53 756 euros imposée en 2016 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers correspond aux crédits inscrits en compte-courant sans contrepartie justifiée. Le montant, expliqué dans la proposition de rectification, est constitué de la totalité des crédits du compte-courant de l'exercice clos en 2016, soit la somme de 79 755,80 euros, diminué des crédits justifiés à hauteur de 26 000 euros dont les références sont précisées à la page 19 du même document. Dans ces conditions, la proposition de rectification qui permettait à M. B d'identifier les montants imposés et d'apporter des observations en réponse, est suffisamment motivée.

5. Aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales : " A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 (), le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications ".

6. La proposition de rectification comporte le montant des droits supplémentaires et pénalités dus par M. B au titre des années 2016 et 2017. Le montant indiqué correspond au montant mis en recouvrement le 30 juin 2020 par voie de rôles supplémentaires et l'erreur relative à l'application d'un double coefficient de 1,25 au montant des revenus distribués a été corrigée par la décision de dégrèvement du 11 janvier 2021. Le tableau de synthèse cité dans la requête contient plusieurs erreurs matérielles qui n'ont pas eu d'incidence sur le montant des sommes imposables dès lors que les sommes effectivement imposées sont mentionnées dans la proposition de rectification, à l'exception d'une faible erreur en faveur du contribuable s'agissant du montant des traitements et salaires de l'année 2016.

Sur le bien-fondé des impositions :

7. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () "

8. M. B qui n'a présenté aucune observation en réponse à la proposition de rectification du 22 octobre 2019, supporte la charge de la preuve en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales citées au point précédent.

En ce qui concerne les traitements et les salaires

9. Aux termes de l'article 62 du code général des impôts : " Les traitements, remboursements forfaitaires de frais et toutes autres rémunérations sont soumis à l'impôt sur le revenu au nom de leurs bénéficiaires s'ils sont admis en déduction des bénéfices soumis à l'impôt sur les sociétés par application de l'article 211, même si les résultats de l'exercice social sont déficitaires, lorsqu'ils sont alloués : / Aux gérants majoritaires des sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes () ".

10. Il résulte de l'instruction que la SARL SEBL a déduit, au titre de l'exercice clos en 2016, une somme de 81 687 euros correspondant aux rémunérations de son gérant. Un montant de 62 000 euros a été encaissé par M. B sur les comptes bancaires consultés par l'administration dans le cadre de son examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle tandis qu'une somme de 19 687 euros a été débitée du compte bancaire de la société sans encaissement dans les comptes personnels de l'intéressé. M. B qui supporte la charge de la preuve en application des dispositions citées au point 7 n'établit pas qu'il n'avait pas la disposition des sommes en question ou que ces sommes ne correspondaient pas à des traitements et salaires.

11. Le moyen selon lequel le complément de salaire d'un montant de 9 000 euros inscrit au crédit de son compte courant le 31 décembre 2017 n'était pas imposable au titre de l'année 2017 mais au titre de l'année 2018, est inopérant en l'absence de rehaussement des traitements et salaires concernant l'année 2017.

En ce qui concerne les revenus fonciers :

12. Aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Aux termes de l'article 29 du même code : " () le revenu brut des immeubles ou parties d'immeubles donnés en location, est constitué par le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires. () Il n'est pas tenu compte des sommes versées par les locataires au titre des charges leur incombant. () " Selon l'article 31 du même code : " I. - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / () c) Les impositions, autres que celles incombant normalement à l'occupant, perçues, à raison desdites propriétés, au profit des collectivités territoriales, de certains établissements publics ou d'organismes divers () / e) Les frais de gestion, fixés à 20 € par local () ".

13. M. B est propriétaire d'une maison à Montboucher sur Jabron qu'il a donnée en location de février 2016 à décembre 2017. L'administration a imposé dans la catégorie des revenus fonciers les sommes non déclarées qu'il a perçues de ses locataires en 2016 et 2017. Il résulte de l'instruction que les frais de gestion forfaitaires de 20 euros ont été admis en déduction au titre de l'année 2016 dans le cadre de la procédure préalable à la mise en recouvrement. Par suite, la demande du requérant ne peut qu'être rejetée au titre de cette année. S'agissant de l'année 2017, l'administration a fait droit à la demande du requérant en cours d'instance et prononcé le dégrèvement correspondant par une décision du 5 mai 2022. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur la demande de décharge présentée par M. B à ce titre portant sur l'année 2017.

14. Si M. B fait valoir qu'il ne pouvait être imposé sur les sommes versées par ses locataires au titre des charges leur incombant, il ne justifie d'aucune somme versée à ce titre par les locataires de la maison. De la même manière, il ne justifie pas avoir payé en 2016 d'imposition entrant dans le champ du c) du 1° de l'article 31 du code général des impôts cité au point 12 alors que l'administration a déduit de ses revenus fonciers imposables le montant des taxes foncières payées au titre de chacune des années en litige.

En ce qui concerne les revenus distribués :

15. Aux termes de l'article 62 du code général des impôts : " Les traitements, remboursements forfaitaires de frais et toutes autres rémunérations sont soumis à l'impôt sur le revenu au nom de leurs bénéficiaires s'ils sont admis en déduction des bénéfices soumis à l'impôt sur les sociétés par application de l'article 211, même si les résultats de l'exercice social sont déficitaires, lorsqu'ils sont alloués : / Aux gérants majoritaires des sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes () ". Aux termes de l'article 39 du même code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. / Toutefois les rémunérations ne sont admises en déduction des résultats que dans la mesure où elles correspondent à un travail effectif et ne sont pas excessives eu égard à l'importance du service rendu. Cette disposition s'applique à toutes les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, allocations, avantages en nature et remboursements de frais () ". Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme des revenus distribués : () / c. Les rémunérations et avantages occultes ; / d. La fraction des rémunérations qui n'est pas déductible en vertu du 1° du 1 de l'article 39 () ".

16. Il résulte de ces dispositions que les remboursements de frais de déplacements perçus par un gérant majoritaire de société à responsabilité limitée constituent, en principe, même en l'absence de justificatifs, un élément de sa rémunération imposable, en application de l'article 62 du code général des impôts, dans la catégorie des rémunérations allouées aux gérants majoritaires de société à responsabilité limitée, sauf si l'administration établit que les sommes correspondantes n'ont pas fait l'objet d'une comptabilisation explicite en tant que remboursements octroyés au personnel ou que leur montant, ajouté aux autres éléments de la rémunération, a pour effet de porter le total de celle-ci à un niveau excessif. Dans chacun de ces deux derniers cas, ces sommes sont imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement, respectivement, des c et d de l'article 111 du même code.

17. M. B ne conteste pas qu'il a perçu en 2016 des indemnités kilométriques d'un montant total de 20 232 euros correspondant à des déplacements à Saint-Tropez, Val d'Isère et au Cap d'Agde ne présentant aucun lien avec l'activité de la société SEBL qui a comptabilisé en charges ces indemnités. Par suite, l'administration qui a regardé les sommes versées au dirigeant comme des dépenses à caractère personnel a pu valablement les imposer en tant que rémunération occulte sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts.

18. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés () et non prélevées sur les bénéfices () ".

19. Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

20. L'administration a imposé entre les mains de M. B le montant des crédits non justifiés de son compte courant qui s'élèvent, au titre de l'année 2016, à la somme de 53 756 euros après justification d'une somme de 26 000 euros correspondant à des virements des comptes personnels du requérant vers son compte courant d'associé. Au titre de l'année 2017, les sommes non justifiées par M. B et inscrites au crédit de son compte courant d'associé s'élèvent à la somme de 115 410 euros après déduction des apports effectués depuis ses comptes personnels et d'une somme de 8 500 euros correspondant à une recette de la société inscrite par erreur au crédit de son compte courant d'associé et imposée au titre de la même année sur le fondement du 1° de l'article 109 1 du code général des impôts. Ainsi, en se bornant à faire valoir que les sommes inscrites en compte courant d'associé ne présentent pas un caractère occulte dès lors que l'identité du titulaire du compte et la nature des opérations sont explicitées en comptabilité, M. B n'établit pas que les crédits ainsi perçus en 2016 et 2017 ne seraient pas des revenus de capitaux mobiliers imposables.

21. Il résulte de l'instruction que l'administration a imposé entre les mains de M. B sur le fondement du 1° de l'article 109 du code général des impôts une somme de 32 580 euros déduite des charges de la société SEBL à l'aide de factures de complaisances au nom des sociétés AN Construction et CSB Pro et encaissée par le gérant en 2016 grâce à dix chèques endossés à son nom. Elle a également imposé une somme de 8 500 euros correspondant à des recettes non comptabilisées par la société SEBL et inscrites au crédit du compte courant d'associé de M. B en 2016. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration n'établit pas qu'il a appréhendé les revenus occultes imposés sur le fondement du 2° de l'article 109 du code général des impôts par sa seule qualité de maître de l'affaire, est inopérant, les rehaussements ainsi contestés ayant été imposés sur le fondement du 1° de l'article 109 du code général des impôts et sa qualité de maître de l'affaire n'étant pas contestée.

En ce qui concerne les revenus d'origine indéterminée :

22. Il résulte de l'instruction que l'administration a taxé d'office des crédits non justifiés figurant sur les comptes bancaires de M. B à hauteur de 55 899 euros au titre de l'année 2016 et 67 721 euros au titre de l'année 2017. En réponse à la demande de justification de l'administration, M. B a produit deux copies de contrats de prêt afin de justifier un virement de 2 000 euros du 6 mars 2017 et un virement de 23 000 euros du 20 avril 2016. S'il fait valoir que la formalité d'enregistrement n'est pas obligatoire pour les contrats de prêt, il n'est pas en mesure d'établir que les contrats ont été signés avant les opérations bancaires à justifier ni qu'ils sont liés à ces opérations bancaires. En l'absence d'éléments suffisamment probants, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort qu'il a été taxé d'office à hauteur des sommes imposées dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée.

En ce qui concerne les prélèvements sociaux :

23. Aux termes de l'article L. 131-6 du code de la sécurité sociale : " Les cotisations d'assurance maladie et maternité, d'allocations familiales et d'assurance vieillesse des travailleurs indépendants non agricoles ne relevant pas du régime prévu à l'article L. 133-6-8 du présent code sont assises sur leur revenu d'activité non salarié. / Ce revenu est celui retenu pour le calcul de l'impôt sur le revenu () / Est également prise en compte, dans les conditions prévues au deuxième alinéa, la part des revenus mentionnés aux articles 108 à 115 du code général des impôts perçus par le travailleur non salarié non agricole, son conjoint ou le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité ou leurs enfants mineurs non émancipés et des revenus visés au 4° de l'article 124 du même code qui est supérieure à 10 % du capital social et des primes d'émission et des sommes versées en compte courant détenus en toute propriété ou en usufruit par ces mêmes personnes. Un décret en Conseil d'Etat précise la nature des apports retenus pour la détermination du capital social au sens du présent alinéa ainsi que les modalités de prise en compte des sommes versées en compte courant. () ". Aux termes de l'article L. 136-3 du même code : " Sont soumis à la contribution due par les travailleurs indépendants non agricoles ne relevant pas du régime prévu à l'article L. 133-6-8 les revenus professionnels des travailleurs indépendants non agricoles. La contribution due par les travailleurs indépendants non agricoles ne relevant pas du régime prévu à l'article L. 133-6-8 est assise sur les revenus déterminés par application des dispositions de l'article L. 131-6. () ". Aux termes de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale, relatif à la contribution sociale sur les revenus du patrimoine, aux dispositions duquel renvoient directement ou indirectement les articles 1600-0 C, 1600-0 F bis et 1600-0 G du code général des impôts relatifs à la contribution sociale généralisée, aux prélèvements sociaux et à la contribution au remboursement de la dette sociale : " I.- Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France () sont assujetties à une contribution sur les revenus du patrimoine assise sur le montant net retenu pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, à l'exception de ceux ayant déjà supporté la contribution au titre des articles L. 136-3, L. 136-4 et L. 136-7 : () c) Des revenus de capitaux mobiliers ; () III.- La contribution portant sur les revenus mentionnés aux I et II ci-dessus est assise, contrôlée et recouvrée selon les mêmes règles et sous les mêmes sûretés, privilèges et sanctions que l'impôt sur le revenu. () ".

24. Il résulte de ces dispositions que, si les revenus distribués définis aux articles 108 à 115 du code général des impôts ont en principe le caractère de revenus des capitaux mobiliers passibles de la contribution sociale sur les revenus du patrimoine, ils doivent être regardés, pour leur assujettissement aux prélèvements sociaux, comme des revenus d'activité pour leur fraction excédant 10 % du capital social et des primes d'émission ainsi que des sommes versées en compte courant. Cette fraction entrant ainsi dans le champ des contributions portant sur les revenus d'activité, elle ne saurait être soumise à celles assises sur les revenus du patrimoine.

25. M. B, associé majoritaire de la SARL au titre des années 2016 et 2017 en litige, entre dans le champ de ces dispositions et ne peut être assujetti à la contribution sociale sur les revenus du patrimoine pour la fraction excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant.

26. Aux termes de l'article R. 131-2 du code de la sécurité sociale : " Pour l'application du troisième alinéa de l'article L. 131-6 : 1° Les apports retenus pour la détermination du capital social sont les apports en numéraire intégralement libérés et les apports en nature à l'exclusion de ceux constitués par des biens incorporels qui n'ont fait l'objet ni d'une transaction préalable en numéraire ni d'une évaluation par un commissaire aux apports ; / 2° Les sommes versées en compte courant correspondent au solde moyen annuel du compte courant d'associé. Ce solde moyen annuel est égal à la somme des soldes moyens du compte courant de chaque mois divisée par le nombre de mois compris dans l'exercice ; / 3° Le montant du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé est apprécié au dernier jour de l'exercice précédant la distribution des revenus mentionnés aux articles 108 à 115 du code général des impôts et le versement des revenus visés au 4° de l'article 124 du même code. "

27. M. B qui disposait d'un compte courant d'associé comportant de nombreuses opérations n'est pas en mesure d'établir la fraction des revenus distribués qui, selon lui, ne pouvait être soumise aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Ainsi, alors que la preuve lui incombe en l'espèce, sa demande de décharge doit être rejetée.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par le requérant doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de décharge de M. B à hauteur de la somme de 16 euros dégrevée en cours d'instance au titre de l'année 2017.

Article 2 :Le surplus des conclusions des requêtes numéro 2108834, 2305388 et 2308351 est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Bailleul et Mme D, assesseurs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le rapporteur,

C. Bailleul

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2305388, 2308351

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Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

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01/06/2026

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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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