mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200213 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MEROTTO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2022, la société SERPE, représentée par Me Tardivel, demande au tribunal :
1°) d'annuler le marché signé le 15 novembre 2021 par lequel la commune d'Allonzier-la-Caille a confié à la société ID Verde l'aménagement du cœur de Caille dans le cadre lot n°3 de la procédure, relatif aux " espaces verts mobilier jeux " ;
2°) de condamner la commune d'Allonzier-la-Caille à lui verser la somme de 20 824,74 euros en réparation du préjudice subi du fait de son éviction irrégulière ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Allonzier-la-Caille la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société SERPE soutient que :
- la notation des offres est entachée d'erreur, ce qui méconnaît le principe d'égalité de traitement des candidats ; ainsi, en additionnant la note du prix et la note de la valeur technique, son total de points s'élevait à 88, ce qui aurait dû conduire à classer son offre en première position, devant celle de l'attributaire qui ne totalisait que 86, 89 points ;
- le pouvoir adjudicateur a manqué aux principes d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures faute d'avoir porté à la connaissance des candidats la façon dont il entendait décomposer, au stade de l'analyse des offres, les quatre sous-critères du critère technique prévus dans le règlement de la consultation en plusieurs items, et la pondération qui en résultait pour chacun des sous-critères ;
- les irrégularités décrites ci-dessus doivent conduire à l'annulation du marché ;
- par ailleurs classée 2ème, elle avait une chance sérieuse de remporter le contrat et elle doit être indemnisée du coût de présentation de son offre (à hauteur de 17 217 euros) et de son manque à gagner (à hauteur de 3 607,74 euros).
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, la commune d'Allonzier-la-Caille conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société SERPE au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune d'Allonzier-la-Caille fait valoir que le marché est régulier et les demandes indemnitaires de la requérante non fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juin 2024 :
- le rapport de Mme Frapolli,
- les conclusions de M. A,
- les observations de Me Tissot, représentant la société SERPE,
- et les observations de Me Tourt, représentant la commune d'Allonzier-La-Caille.
Considérant ce qui suit :
1. Courant 2021, la société SERPE a soumissionné au lot n°3 " Espaces Verts Mobilier Jeux " d'une procédure adaptée passée par la commune d'Allonzier-La-Caille en application des articles L. 1111-2 et R. 2123-1 à R. 2123-7 du code de la commande publique, et portant sur des travaux d'aménagement de réseaux, de surface et d'espaces verts. Dans la présente instance, la société SERPE, classée deuxième et estimant avoir été irrégulièrement évincée de la procédure, demande au Tribunal d'annuler le marché signé le 15 novembre 2021 avec la société ID Verde. Elle formule également des conclusions indemnitaires.
Sur l'étendue du litige :
2. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. La légalité du choix du cocontractant, de la délibération autorisant la conclusion du contrat et de la décision de le signer ne peut être contestée qu'à l'occasion du recours ainsi défini. Il en résulte que des conclusions d'excès de pouvoir d'un tiers contre ces actes détachables du contrat sont irrecevables.
3. En demandant l'annulation du marché cité au point 1, les conclusions de la société SERPE doivent être regardées comme contestant la validité de ce contrat, en application du principe énoncé au point précédent.
Sur les conclusions aux fins de contestation de la validité du marché :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment des informations contenues dans les lettres de rejet, corroborées par le rapport d'analyse des offres, que l'attributaire a obtenu 39 points au titre de la valeur technique, et non 33 comme l'affirme sans l'établir la requérante. Dès lors, l'addition des points attribués à chaque candidat n'est entachée d'aucune erreur et le classement final porte bien à la première place ID VERDE (92,89 points), devant la société SERPE (88 points).
5. En deuxième lieu, Aux termes de l'article R. 2152-11 du code de la commande publique : " Les critères d'attribution ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sont indiqués dans les documents de la consultation ". Aux termes de l'article R. 2152-12 de ce code :
" Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, les critères d'attribution font l'objet d'une pondération ou, lorsque la pondération n'est pas possible pour des raisons objectives, sont indiqués par ordre décroissant d'importance. La pondération peut être exprimée sous forme d'une fourchette avec un écart maximum approprié. ". Si l'acheteur décide, pour mettre en œuvre ces critères de sélection des offres, de faire usage de sous-critères également pondérés ou hiérarchisés, il doit porter à la connaissance des candidats la pondération ou la hiérarchisation de ces sous-critères dès lors que, eu égard à leur nature et à l'importance de cette pondération ou hiérarchisation, ils sont susceptibles d'exercer une influence sur la présentation des offres par les candidats ainsi que sur leur sélection et doivent en conséquence être eux-mêmes regardés comme des critères de sélection. Le pouvoir adjudicateur n'est en revanche pas tenu d'informer les candidats de la méthode de notation des offres.
6. Aux termes de l'article 7.2 du règlement de la consultation du marché cité au point 1, les offres étaient examinées au regard de deux critères : le prix (60%) et la valeur technique-qualité de la prestation (40%). S'agissant de ce deuxième critère, le règlement de la consultation précise : " La notation sera établie suivant le contenu du mémoire justificatif des entreprises sur la base des renseignements demandés à l'article 6.2 () : Note sur 40 points:/ -les moyens humains et matériels adaptés à ce chantier : 10 points/-Le descriptif méthodologique des travaux à réaliser, adapté à ce chantier : 20 points/ Des indications sur la provenance des principales fournitures et végétaux : 5 points/ Les mesures mises en œuvre pour réduire les nuisances environnementales ainsi que la gestion des déchets : 5 points ".
7. Par les stipulations citées au point précédent, le pouvoir adjudicateur a fait usage de critères et de sous-critères qu'il a pondérés et il est constant qu'il en a fait application au stade de l'analyse des offres. Or si la société requérante reproche au pouvoir adjudicateur de n'avoir pas suffisamment détaillé les sous-critères techniques énoncés dans le règlement de la consultation, il résulte de l'instruction que les éléments en cause, tels le découpage du sous-critère moyens humains en " moyens humains d'encadrement, moyens humain chantier, moyens matériels " relève de la méthode de notation que le pouvoir adjudicateur n'est pas tenu de publier, en application du principe énoncé au point 5. Notamment, il ne résulte pas de l'instruction que le pouvoir adjudicateur ait entendu accorder à l'un de ces éléments d'appréciation une importance particulière. Ainsi, la société SERPE n'est pas fondée à soutenir que la commune d'Allonzier-La-Caille aurait manqué aux principes d'égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de contestation de la validité du contrat présentées par la société SERPE doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions indemnitaires.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les conclusions présentées par la société SERPE, la partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cette société une somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Allonzier-La-Caille.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société SERPE est rejetée.
Article 2 : La société SERPE versera à la commune d'Allonzier-La-Caille la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société SERPE, à la commune d'Allonzier-la-Caille et à la société ID Verde.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Frapolli, premier conseiller,
Mme Pollet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le rapporteur,
I. FRAPOLLI
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026