jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200253 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 14 janvier 2022, le 3 octobre 2023 et le 13 décembre 2023, M. D B, représenté par Me Pignier, demande au tribunal :
1°) de lui accorder la décharge des acomptes de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de juillet 2019 par avis de mise en recouvrement du 16 septembre 2019, de décembre 2019 par un avis de mise en recouvrement du 14 février 2020 et de juillet 2020 par un avis de mise en recouvrement du 15 septembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son activité ayant cessé le 31 août 2019, aucune taxe sur la valeur ajoutée ne peut lui être réclamée pour la période postérieure ;
- les avis de mise en recouvrement ont été émis sans mise en œuvre de la procédure de taxation d'office prévue au 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales ;
- son entreprise a encaissé une somme de 45 052 euros soit une taxe sur la valeur ajoutée collectée due de 7509 euros pour la période du 1er janvier au 31 août 2019 ainsi que cela résulte de la déclaration de TVA produite spontanément.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 novembre 2023 et le 29 février 2024, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- l'acompte de janvier 2020 d'un montant de 8382 euros a été dégrevé par une décision du 25 août 2021 ;
- un dégrèvement de 6594 euros est prononcé compte tenu des justificatifs produits par le requérant dans son mémoire en réplique ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la demande de décharge de l'acompte réclamé au titre du mois de juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bailleul, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Journé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article de l'article 287 du code général des impôts : " 1. Tout redevable de la taxe sur la valeur ajoutée est tenu de remettre au service des impôts dont il dépend et dans le délai fixé par arrêté une déclaration conforme au modèle prescrit par l'administration. () 3. Les redevables placés sous le régime simplifié d'imposition prévu à l'article 302 septies A () déposent au titre de chaque exercice une déclaration qui détermine la taxe due au titre de la période et le montant des acomptes semestriels pour la période ultérieure. Des acomptes semestriels sont versés en juillet et en décembre. Ils sont égaux, respectivement, à 55 % et 40 % de la taxe due au titre de l'exercice précédent avant déduction de la taxe sur la valeur ajoutée relative aux biens constituant des immobilisations Le complément d'impôt éventuellement exigible est versé lors du dépôt de la déclaration annuelle mentionnée au premier alinéa. S'il estime que le montant des acomptes déjà versés au titre de l'exercice est égal ou supérieur au montant de la taxe qui sera finalement due, le redevable peut se dispenser de nouveaux versements en remettant au comptable chargé du recouvrement de ladite taxe, avant la date d'exigibilité du prochain versement à effectuer, une déclaration datée et signée. () 4. En cas de cession ou de cessation d'une activité professionnelle, les redevables sont tenus de souscrire dans les trente jours la déclaration prévue au 1. Toutefois, ce délai est porté à soixante jours pour les entreprises placées sous le régime simplifié d'imposition. () "
2. M. B qui exerçait une activité individuelle de conseil informatique a cessé son activité le 31 août 2019 sans déposer la déclaration qu'il était tenu de souscrire dans le délai de soixante jours suivant la date de cessation et sans informer l'administration fiscale de la cessation de cette activité. Cette dernière lui a ainsi adressé des avis de mise en recouvrement afin d'obtenir le paiement des acomptes semestriels dus au titre de l'année 2019 puis de l'année 2020. Par une réclamation du 3 septembre 2021, M. B a sollicité la décharge des sommes mises en recouvrement le 16 septembre 2019, le 14 février 2020 et le 15 septembre 2020. L'administration a rejeté sa réclamation par une décision du 16 novembre 2021.
3. M. B joint à son mémoire du 13 décembre 2023 la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée relative à la période du 1er janvier au 31 août 2019 qu'il était tenu de produire dans le délai de soixante jours suivant la cessation de son activité afin de régulariser le montant des droits de taxe sur la valeur ajoutée dus au titre de l'année 2019. Par une décision du 29 février 2024, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère a ainsi maintenu à la charge du requérant, la somme de 7 509 euros correspondant au montant de taxe sur la valeur ajoutée déclaré au titre de sa dernière année d'activité et prononcé le dégrèvement de la somme de 6 594 euros majoration incluse. Par suite, il n'y a plus lieu de se prononcer sur la demande de décharge à concurrence de la somme dégrevée en cours d'instance.
4. Par ailleurs, les sommes mises en recouvrement le 15 septembre 2020 ont été dégrevées par une décision du 25 août 2021 intervenue avant même l'envoi de la réclamation préalable. La demande de décharge de l'acompte réclamé au titre du mois de juillet 2020 est ainsi irrecevable.
5. Selon les dispositions de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. () " Par ailleurs, aux termes de l'article L. 66 du même livre : " Sont taxés d'office : () 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () "
6. L'administration qui a mis en recouvrement le montant des acomptes que M. B n'a pas spontanément acquittés dans les délais, ainsi que le lui permettaient les dispositions de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales citées au point précédent, n'était pas tenu de mettre en œuvre la procédure de taxation d'office pour réclamer le paiement de sommes dues par le requérant à cette date.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le non-lieu à statuer prononcé dans le présent litige est uniquement lié au dépôt devant le juge de la déclaration de taxe sur la valeur ajoutée que le requérant s'est abstenu de déposer auprès de l'administration afin de régulariser le montant de taxe dû, en application des dispositions de l'article 287 du code général des impôts citées au point 1. La saisine de la juridiction, en lieu et place des services de l'administration compétents pour enregistrer les déclarations, a pour seul objet la volonté de différer le paiement des impositions dues par le requérant. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'infliger au requérant une amende pour recours abusif d'un montant de 1 000 euros en application des dispositions citées au point 8.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de décharge de M. B à concurrence de la somme de 6 594 euros dégrevée en cours d'instance.
Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 :Une amende de 1 000 euros est infligée à M. B sur le fondement de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à M. D B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Bailleul et Mme C, assesseurs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
C. Bailleul
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026