jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200257 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | RESTA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2022, M. C B, représenté par Me Resta, demande au tribunal :
1°) de le décharger des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et pénalités mis à sa charge au titre des années 2015, 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée ;
- le montant des charges non retenues par le service comme déductibles du bénéfice imposable de la société OB Assurances au titre des exercices 2016 et 2017, telles que détaillées dans la proposition de rectification du 13 décembre 2018, est inférieur à celui des charges réintégrées par le service dans le bénéfice imposable de cette société, ce qui a pour effet d'augmenter indûment le montant des revenus distribués imposés entre ses mains ;
- l'application de la majoration de 1,25 prévue par le 7°) de l'article 158 du code général des impôts aux prélèvements sociaux dus sur les revenus que la société OB Assurances lui a distribués est inconstitutionnelle ;
- la majoration pour manquement délibéré qui lui a été infligée n'est pas motivée ;
- cette majoration est injustifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions de la requête tendant à la décharge de la majoration appliquée aux prélèvements sociaux ont perdu leur objet dans la mesure où il a accordé au requérant le dégrèvement sollicité ;
- le surplus des moyens invoqués par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;
- les conclusions de M. Journé, rapporteur public ;
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est gérant et associé unique d'une société de courtage dont le siège social est situé à Lyon, l'EURL OB Assurances. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité ayant porté sur la période comprise entre le 1er octobre 2014 et le 30 septembre 2017 qui a permis au service de mettre en évidence, après reconstitution du chiffre d'affaires réalisé par l'intéressée au cours de ses exercices clos 2015, 2016 et 2017, des surplus de bénéfice imposable non déclarés. Considérées comme des revenus distribués au profit de M. B, les sommes en cause ont été imposées entre ses mains comme revenus de capitaux mobiliers au titre des années 2015, 2016 et 2017. Dans la présente instance, M. B demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et pénalités auxquels il a ainsi été assujetti.
Sur les conclusions à fin de décharge des prélèvements sociaux :
2. M. B a obtenu, en cours d'instance, le dégrèvement de la part des prélèvements sociaux résultant de l'application de la majoration de 1.25 prévue par le 7°) de l'article 158 du code général des impôts dont il contestait la constitutionnalité. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant à la décharge des impositions correspondantes.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu :
S'agissant de la régularité de la procédure :
3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ".
4. Est annexée, à la proposition de rectification du 13 décembre 2018 notifiée à M. B, la proposition de rectification adressée le même jour à l'EURL OB Assurances. Ce second document détaille, pour chaque exercice contrôlé, les factures fournies afin de justifier les charges qu'elle a déclarées comme déductibles de ses bénéfices imposables en précisant les dépenses qui ont été admises comme telles par le service et celles qui ont été rejetées. Il indique également le montant total des charges déclarées comme déductibles par la société OB Assurances et celui des charges admises comme telles par le service. Il résulte ainsi des indications figurant dans cette proposition de rectification qu'au titre de l'exercice clos au 30 septembre 2016, la société OB Assurances a fourni des factures justificatives pour un montant total de 19 292.61 euros (487,76 + 897,08 + 5040 + 2203,4 + 2243,72 + 775,44 + 3537,07 + 1253,89 + 45 + 2809,25) alors que le montant total des charges qu'elle avait déclarées comme déductibles s'élevait à 26 248 euros. De même, au titre de l'exercice clos au 30 septembre 2017, le montant total des justificatifs fournis par l'intéressée s'élève à 22 566.25 euros (454,42 + 1448,84 + 1954,32 + 757,09 + 2049,52 + 2081,54 + 4678,96 + 1511,05 + 7630,51) alors que le montant de ses charges déclarées comme déductibles est de 26 236 euros. Les justificatifs fournis par la société OB Assurances ne couvrant ainsi pas la totalité des charges qu'elle avait déclarées comme déductibles, l'existence d'un écart entre, d'une part, le montant des factures rejetées par le service (2 809,25 euros au titre de l'exercice 2016 et 7 630.51 euros au titre de l'exercice 2017) et, d'autre part, le montant des charges non déductibles réintégré par le service dans le bénéfice imposable de la société OB Assurances (9 681 euros au titre de 2016 et 10 004 au titre de 2017) est compréhensible. Toutes les indications nécessaires à ces calculs figurent dans la proposition de rectification adressée à la société OB Assurances et annexée à celle notifiée le même jour à M. B. Ces derniers étant par ailleurs très simples, M. B n'est pas fondé à soutenir ne pas avoir été mis à même de comprendre l'origine de l'écart précité et à invoquer la méconnaissance des dispositions citées au point 3.
S'agissant du bien-fondé des impositions en litige :
5. Il résulte des indications figurant au point 4 que M. B n'est pas fondé à invoquer le caractère excessif du montant des charges considérées comme non déductibles par le service et réintégrées, à ce titre, dans le bénéfice imposable de la société OB Assurances et, partant, le caractère excessif des revenus réputés distribués et imposés entre ses mains. Le moyen correspondant doit donc être écarté.
En ce qui concerne les pénalités pour manquement délibéré :
6. La proposition de rectification notifiée à M. B rappelle, d'une part, qu'en sa qualité de seul associé et gérant de la société OB Assurances, il avait tout pouvoir pour disposer des fonds de cette entreprise et que, d'autre part, l'assiette des impositions faisant l'objet de la majoration de 40 % en litige correspond à des dépenses personnelles et une omission de recettes qu'il ne pouvait ignorer. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces pénalités doit donc être écarté.
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
8. Compte tenu des éléments exposés au point 6 et de l'importance des charges personnelles de M. B indument déclarées comme déductibles par la société OB Assurances (36 % des charges déductibles déclarées en 2016 et 38% en 2017), l'administration fiscale apporte la preuve, qui lui incombe, de l'intention du requérant, qui ne peut sérieusement invoquer sa bonne foi, d'éluder l'impôt.
9. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin de décharge présentées par M. B doivent être rejeté.
Sur les frais du litige :
10. Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées dans les circonstances de l'espèce.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B tendant à la décharge des prélèvement sociaux résultant de l'application de la majoration de 1.25 prévue par le 7° de l'article 158 du code général des impôts.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pfauwadel, président,
Mme Permingeat, premier conseiller,
Mme Coutarel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
F. Permingeat
Le président,
T. Pfauwadel
Le greffier,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200257
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026