vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2200289 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL FISCALP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2022, M. C F A et Mme D A, représentés par Me Puy-Pomagalski, demandent au tribunal de :
1°) prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2016 ;
2°) condamner l'Etat à leur verser une somme de 3 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
Ils soutiennent que :
- la réintégration dans la catégorie des bénéfice industriels et commerciaux de prêts accordés par des amis n'est pas justifiée ;
- les créances que détiennent leurs clients et fournisseurs constituent des dettes justifiées, inscrites au passif du bilan de la société pour un montant de 399 464,07 euros ;
- ils ont fait l'objet de rappels de cotisations pour des montants de 53 634 euros et 105 878 euros qui doivent être déduits de leurs bénéfices imposables.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lefebvre, rapporteur,
- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E, épouse de M. A, exploite sous forme d'entreprise individuelle une activité d'achat-revente de vins, sous l'enseigne commerciale Vinalpa, qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2014 au 30 septembre 2017. A l'issue des opérations de contrôle, l'administration a, par deux propositions de rectification des 21 décembre 2017 et 27 février 2018, procédé à la réintégration dans les résultats imposables de l'entreprise des sommes non justifiées enregistrées au passif au titre, respectivement, de l'exercice clos en 2014 et des exercices clos en 2015 et 2016. Par deux propositions de rectification des 21 décembre 2017 et 27 février 2018, elle a corrélativement procédé au rehaussement, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, des revenus imposables des époux A au titre, respectivement, de l'année 2014 et des années 2015 et 2016, conduisant à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2014 et 2016, assortis de la majoration de 10 % pour omissions déclaratives prévue au I. de l'article 1758 A du code général des impôts et de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 du même code. Seuls les rappels émis au titre de l'année 2014 ont été contestés par Mme A le 20 février 2018 et ils ont été partiellement maintenus dans la réponse aux observations du contribuable du 28 février 2018. L'ensemble des impositions supplémentaires a été mis en recouvrement le 30 juin 2018. Les époux A en sollicitent la décharge après le rejet, le 16 novembre 2021, de leurs réclamations préalables des 20 novembre 2018, 4 novembre 2019, 25 mars 2020 et 18 juin 2020.
2. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient dans tous les cas au contribuable, quelle que soit la procédure d'imposition suivie, de justifier l'inscription d'une dette au passif du bilan de son entreprise commerciale.
3. En premier lieu, pour contester les rappels en litige et justifier de la régularité de l'inscription au passif des sommes réintégrées par l'administration dans le résultat imposable de l'entreprise de Mme A au titre de l'exercice 2014, les époux A soutiennent en premier lieu que les sommes de 4 299,10 euros et 24 804 euros inscrites au crédit du compte de l'exploitant constitueraient en réalité un prêt que leur auraient accordé des amis. Ils font état à ce titre d'un courriel de ces derniers, daté du 22 novembre 2018, indiquant le caractère de prêt de ces deux sommes.
4. Ce seul document, établi a posteriori et qui ne mentionne aucune des conditions fixées pour le bénéfice d'un prêt, telles qu'une date d'échéance et des modalités de remboursement, ne suffit pas à établir que la somme en cause aurait le caractère d'un prêt susceptible de justifier l'inscription de la dette correspondante au passif de l'entreprise de Mme A.
5. En deuxième lieu, les époux A contestent la réintégration dans le résultat imposable de l'entreprise au titre de l'exercice 2014 de douze sommes pour un montant total de 399 464, 67 euros dont ils estiment qu'elles constituent des dettes découlant, soit de l'absence de livraison de biens commandés par les clients, soit de l'absence de paiement de biens commandés par l'entreprise.
6. S'agissant tout d'abord de la somme de 24 936,60 euros qui serait due au fournisseur " Montana ", il est constant qu'elle a été réglée le 6 avril 2010 par l'entreprise de Mme A et qu'elle ne peut donc être inscrite au passif de l'exercice 2014.
7. S'agissant de la somme de 1 582,15 euros qui serait due au fournisseur " Schratzliseer ", il résulte de la réponse aux observations du contribuable du 28 février 2018 que son rappel a été abandonné et qu'elle n'est donc plus en litige.
8. S'agissant de la somme de 5 637,29 euros due au client " Magnusson ", la seule confirmation par le client que la somme resterait due, sans autre précision, ne suffit pas, en l'absence d'une facture ou d'une autre pièce comptable, à justifier du caractère certain dans son principe et déterminé dans son montant de cette dette.
9. Il en va de même de la somme de 1 215,38 euros due au client " Rateau ", de celle de 303 780 euros due au client " Roberson ", de celle de 12 041 euros due au client " Wine Idea ", de celle de 15 650,40 euros due au client " Nickolls " et de celle de 6 654 euros due au client " Acker " qui, si elles ont été confirmées par écrit par leurs créanciers respectifs, ne sont appuyées sur aucune facture ou élément comptable, y compris des sociétés prétendument créancières. Ainsi ces éléments ne suffisent pas à justifier du caractère certain dans leur principe et déterminé dans leur montant de ces dettes.
10. S'agissant des sommes de 17 023,20 euros due au client " Wine Exchange " et de 9 420 euros due au client " Yearling ", les époux A n'apportent aucun élément à l'appui de leurs allégations. Ils ne justifient pas de la réalité de ces dettes.
11. S'agissant de la somme de 25 218 euros due au client " Handford Wines ", si les époux A produisent une facture mentionnant qu'elle a été acquittée en 2010 et la confirmation en 2018 du créancier de ce que les biens ne lui ont pas été livrés depuis, de tels éléments ne permettent pas, en l'absence d'une facture d'avoir et de toute démarche du créancier depuis la vente en 2010 pour obtenir la livraison des biens ou le remboursement des sommes versées, de justifier du caractère certain dans leur principe et déterminé dans son montant de cette dette.
12. S'agissant enfin de la somme de 19 848 euros due au client " M. B ", si les époux A produisent une facture mentionnant qu'elle a été acquittée en 2010 et la confirmation en 2019 du créancier de ce que les biens ne lui ont pas été livrés depuis, de tels éléments ne permettent pas de justifier du caractère certain dans leur principe et déterminé dans son montant de cette dette dès lors que le client sollicite désormais depuis 2019 la livraison des biens commandés et non le remboursement des sommes versées.
13. En troisième lieu, si les époux A sollicitent que les appels de cotisations de l'URSSAF, pour des montants de 53 634 euros et 105 878 euros dont ils ont été destinataires en 2019 et en 2020, soient admis en déduction du résultat imposable de l'entreprise de Mme A pour les exercices en litige, de telles sommes qui n'ont pas été inscrites en comptabilité pour les années auxquelles elles se rapportent, lesquelles ne sont pas en outre précisées pour la somme de 105 878 euros, ne peuvent être admises en déduction que du résultat net au titre des exercices au cours desquels elles sont devenues exigibles, soit les exercices 2019 et 2020.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la demande des époux A de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2016 doit être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des époux A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C kin A et Mme D A et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Lefebvre, premier conseiller,
M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
Le rapporteur,
G. LEFEBVRE
Le président,
V. L'HÔTE
La greffière,
E. BEROT-GAY
La République mande et ordonne au ministre du budget et des comptes publics en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026