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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2200722

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2200722

vendredi 24 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2200722
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2200722, le 4 février 2022, le 26 janvier 2023 et le 31 août 2023, Mme B C, représentée par la SELARL Arbor Tournoud et associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre de la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son chiffre d'affaires inclut uniquement les versements reçus de la société Kang, laquelle est un intermédiaire opaque, qui contracte directement avec le client et lui reverse uniquement le prix convenu pour la prestation après déduction des commissions de 55 % que la société Kang facture au client ;

- les dispositions de l'article 293 B du code général des impôts relatives à la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée sont bien applicables au titre de l'année 2017 dès lors que son chiffre d'affaires s'établit à hauteur de 32 628,88 euros ;

- son chiffre d'affaires pour 2018 s'établissant à hauteur de 44 641,83 euros, elle est uniquement redevable de la taxe sur la valeur ajoutée à partir du 1er novembre 2018 ;

- elle peut valablement solliciter la décharge de la taxe sur la valeur ajoutée facturée dès lors que les opérations destinées aux particuliers ne sont pas soumises à obligation de facturation en vertu de la réponse ministérielle n° 14632 publiée au Journal officiel du Sénat le 4 novembre 2010.

Par des mémoires en défense enregistrés le 30 juin 2022 et le 25 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la charge de la preuve pèse sur la requérante en application de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés ;

- en tout état de cause, en application du 3) de l'article 283 du code général des impôts, la requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge des rappels à concurrence de 1 154 euros en 2017 et 1 292 euros en 2018 dès lors que quatre factures émises en 2017 et trois factures émises en 2018 mentionnaient la taxe sur la valeur ajoutée.

II - Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2300589, le 27 janvier 2023 et le 31 août 2023, Mme B C, représentée par la SELARL Arbor Tournoud et associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux et des pénalités correspondantes auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que son chiffre d'affaires inclut uniquement les versements reçus de la société Kang, laquelle est un intermédiaire opaque, qui contracte directement avec le client et lui reverse uniquement le prix convenu pour la prestation après déduction des commissions de 55 % que la société Kang facture au client.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- aucune imposition en matière de contributions sociales n'ayant été établie, les conclusions aux fins de décharge soulevées à ce titre sont dépourvues d'objet et sont irrecevables ;

- le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé ;

- en tout état de cause, elle n'est pas fondée à demander la décharge totale des impositions mises à charge dès lors qu'elle a bénéficié de recettes professionnelles pour un montant TTC de 33 783 euros au titre de 2017 et de 45 933 euros au titre de 2018.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ruocco-Nardo, rapporteur,

- les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C exerce une activité individuelle de voyance depuis le 14 décembre 2016 sous le régime de l'autoentreprise et de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée et dont les recettes sont imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Consécutivement à la vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 dont elle a fait l'objet, le service, après avoir procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires en l'absence de présentation de comptabilité, a remis en cause le régime de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée, pour la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017, à compter du mois de juillet 2017 en prononçant un rappel de 3 098 euros, et a imposé à la taxe sur la valeur ajoutée le chiffre d'affaires reconstitué sur la totalité de la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2018 pour un montant de 7 656 euros. Le service a également notifié à l'intéressée des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu d'un montant de 9 103 euros pour l'année 2017 et d'un montant de 11 044 euros pour l'année 2018. Les sommes concernant la taxe sur la valeur ajoutée ont été mises en recouvrement le 29 janvier 2021. Les sommes concernant l'impôt sur le revenu ont été mises en recouvrement le 30 avril 2021. Les réclamations contentieuses de Mme C du 23 février 2021 et du 29 juin 2021 ont été rejetées implicitement. Par les présentes requêtes, Mme C demande la décharge, d'une part, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés au titre de la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018 et des pénalités correspondantes et, d'autre part, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et des pénalités correspondantes auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018.

2. Les requêtes susvisées ont été introduites par la même contribuable. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la recevabilité des conclusions aux fins de décharge des cotisations de prélèvement sociaux :

3. Il ne résulte pas de l'instruction, et en particulier de la proposition de rectification du 31 août 2020 et des avis d'imposition versés à l'instance, que l'administration ait assujetti Mme C à des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux. Par suite, l'administration défenderesse est fondée à faire valoir que les conclusions aux fins de décharge soulevées à ce titre par la requérante sont irrecevables.

Sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

4. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : / () / 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes () ". Aux termes de l'article L. 193 de ce livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

5. Aux termes du I de l'article 256 du code général des impôts : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ". Selon l'article 266 de ce code : " 1. La base d'imposition est constituée : / a. Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations () ".

6. Aux termes de l'article 293 B du code général des impôts, dans sa version applicable aux périodes en litige : " I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : / 1° Un chiffre d'affaires supérieur à : / a) 82 800 € l'année civile précédente ; / b) Ou 91 000 € l'année civile précédente, lorsque le chiffre d'affaires de la pénultième année n'a pas excédé le montant mentionné au a ; / 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : / a) 33 200 € l'année civile précédente ; / b) Ou 35 200 € l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. / II. - 1. Le I cesse de s'appliquer : / a) Aux assujettis () ; / b) Ou à ceux dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. ". L'article 293 E du même code, dans sa version applicable aux années en litige, précise que : " Les assujettis bénéficiant d'une franchise de taxe mentionnée à l'article 293 B ne peuvent opérer aucune déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, ni faire apparaître la taxe sur leurs factures, notes d'honoraires ou sur tout autre document en tenant lieu. / En cas de délivrance d'une facture, d'une note d'honoraires ou de tout autre document en tenant lieu par ces assujettis pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, la facture, la note d'honoraires ou le document doit comporter la mention : " TVA non applicable, article 293 B du CGI " ". Aux termes du 3. de l'article 283 de ce code : " Toute personne qui mentionne la taxe sur la valeur ajoutée sur une facture est redevable de la taxe du seul fait de sa facturation. "

7. Il résulte de la proposition de rectification du 31 août 2020 que Mme C, qui bénéficiait du régime de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée, n'a déposé aucune déclaration de taxe pour les périodes en litige et a fait l'objet d'un procès-verbal de défaut de présentation de comptabilité le 17 juillet 2020. Le vérificateur a alors procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires au regard des encaissements bancaires provenant de la société Kang, en relevant qu'elle effectuait des prestations de services de voyance par consultation téléphonique après paiement du client sur le site internet de la société Kang et que les clients versaient sur ce site internet sa rémunération, sur laquelle la société Kang prélevait 55 % de commissions. Pour déterminer le montant du chiffre d'affaires de l'intéressée, le vérificateur a alors retenu le montant des sommes perçues de la société Kang et a ajouté 55 % de commissions prélevées par cette société pour établir un chiffre d'affaires de 68 188 euros HT au titre de l'année 2017 et de 85 062 euros HT au titre de l'année 2018.

8. Il résulte de l'instruction, notamment des mentions du site internet de la société Kang reprises par la requérante, que l'utilisateur qui commande une prestation via la plateforme dédiée, conclut un contrat avec la société Kang, laquelle procède à l'achat de la prestation auprès du prestataire désigné dans la commande et lui confie l'exécution de la prestation vendue à l'utilisateur. Sur chaque opération, la société Kang se rémunère par le biais d'une " commission " convenue au préalable avec le prestataire de service référencé par la plateforme. Mme C, qui a effectué des prestations pour cette société Kang en 2017 et 2018, soutient que c'est à tort que son chiffre d'affaires reconstitué tient compte de la totalité du prix de la prestation facturé aux utilisateurs, incluant donc les 55 % de " commissions " prélevées par la société Kang, alors qu'elle n'a pas de relation contractuelle avec les utilisateurs mais uniquement avec la société qui lui achète ses prestations et qui lui reverse uniquement le prix convenu pour la prestation. L'administration, qui ne conteste pas sérieusement la valeur probante des conditions générales du site en se bornant à faire valoir qu'elles ont pu être mises à jour, n'apporte aucun élément justifiant que Mme C entretiendrait une relation contractuelle directement avec les clients du site, nonobstant le fait qu'elle ait pu fixer elle-même le montant initial du prix des prestations payées par les clients. Par ailleurs, elle ne verse au dossier aucun élément établissant que la société Kang avait la qualité d'intermédiaire transparent susceptible de fonder l'inclusion des " commissions " dans le chiffre d'affaires imposable de Mme C. Dans ces conditions, cette dernière est fondée à soutenir que c'est à tort que le service a intégré dans la reconstitution de son chiffre d'affaires au titre des années 2017 et 2018, les 55 % de rémunération de la société Kang facturés aux utilisateurs du site.

9. Il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires HT de Mme C s'élève alors à 32 628 euros pour 2017 et 44 641,83 euros pour 2018. Par conséquent, pour l'exercice 2017, la requérante peut prétendre sur l'ensemble de l'exercice au régime de franchise énoncé à l'article 293 B du code général des impôts. Pour l'exercice 2018, ainsi qu'elle le soutient, elle peut prétendre au bénéficie du régime de franchise jusqu'au 1er novembre 2018.

10. Toutefois, l'administration fait valoir en défense qu'en application du 3. de l'article 283 du code général des impôts, la requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée à concurrence de 1 154 euros en 2017 dès lors que quatre factures émises en 2017, représentant ce montant total, mentionnaient la taxe sur la valeur ajoutée. Si la requérante, qui ne contredit pas ces éléments de fait, se prévaut de la réponse ministérielle n° 14632 à M. A, sénateur, publiée au Journal officiel du Sénat le 4 novembre 2010, pour soutenir qu'il en résulterait que les opérations destinées aux particuliers ne seraient pas soumises à obligation de facturation, cette réponse ministérielle ne porte pas sur le mécanisme de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, en application de l'article 283 du code général des impôts, Mme C est redevable du montant de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur ces factures. La circonstance que trois factures émises en 2018, d'un montant total de 1 292 euros, mentionnaient également la taxe sur la valeur ajoutée est sans incidence dès lors qu'elles sont postérieures au 1er novembre 2018.

11. Il résulte de ce qui précède que, pour l'année 2017, Mme C est fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge à l'exception du montant de 1 154 euros mentionné au point précédent et, pour l'année 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018 inclus.

Sur les suppléments d'impôt sur le revenu :

12. Aux termes de l'article 102 ter du code général des impôts, dans sa version applicable du 11 décembre 2016 au 1er janvier 2018 : " 1. Sont soumis au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux dont le montant hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'activité au cours de l'année de référence, respecte les limites mentionnées au 2° du I de l'article 293 B. Le bénéfice imposable est égal au montant brut des recettes annuelles, diminué d'une réfaction forfaitaire de 34 % avec un minimum de 305 €. ". Aux termes du même article dans sa version applicable du 1er janvier 2018 au 25 juillet 2020 : " 1. Le bénéfice imposable des contribuables qui perçoivent des revenus non commerciaux dont le montant hors taxes de l'année civile précédente ou de la pénultième année, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'activité au cours de l'année de référence, n'excède pas 70 000 € est égal au montant brut des recettes annuelles diminué d'un abattement forfaitaire de 34 %. Cet abattement ne peut être inférieur à 305 €. ".

13. Au regard de ce qui est relevé aux points 7 à 9, Mme C est fondée à soutenir que les recettes retenues par le service pour les années 2017 et 2018 à hauteur respectivement de 68 188 euros HT et 85 062 euros HT pour établir son imposition au titre des bénéfices non commerciaux sont erronées. Par suite, il est fait droit à sa demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dont elle a fait l'objet au titre des années 2017 et 2018 à due proportion des recettes HT mentionnées au point 9.

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les bases d'imposition à l'impôt sur le revenu de Mme C sont ramenées, au titre de l'année 2017, à 32 628 euros et, au titre de l'année 2018, à 44 641,83 euros.

Article 2 : Mme C est déchargée, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 résultant de la réduction en base prononcée à l'article 1er.

Article 3 : Mme C est déchargée, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de l'année 2017, à l'exception du montant de 1 154 euros mentionné au point 10, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 octobre 2018.

Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 10 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. L'Hôte, président,

M. Lefebvre, premier conseiller,

M. Ruocco-Nardo, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.

Le rapporteur,

T. RUOCCO-NARDO

Le président,

V. L'HÔTE

La greffière,

L. ROUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2300589

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