mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201887 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | ARNAUD |
Vu la procédure suivante :
I.- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 mars 2022 et le 6 juin 2024 sous le n° 2201887, Mme G E D, représentée par Me Arnaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 mai 2021 par laquelle le président du conseil départemental de l'Isère a rejeté son recours préalable et confirmé un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 381,29 euros pour le mois d'août 2020 ;
2°) d'enjoindre au département de l'Isère de procéder au remboursement des sommes prélevées en remboursement de cette dette ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Isère la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Elle soutient que :
S'agissant de la procédure de contrôle :
- le rapport d'enquête ne lui a jamais été communiqué de sorte qu'elle n'a jamais été en mesure de vérifier la régularité du contrôle ;
- les article L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale ont été méconnus dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Isère n'a jamais informé Mme E de la circonstance qu'elle a fait usage de son droit à communication.
S'agissant de l'indu de revenu de solidarité active :
- l'indu n'est pas fondé dès lors que sa vie maritale non déclarée n'est pas établie ;
- elle a déclaré l'ensemble de ses ressources.
S'agissant de la fraude :
- elle a régulièrement déclaré l'ensemble des revenus de sorte que la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, le département de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme E D ne sont pas fondés.
II.- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 mars 2022 et le 6 juin 2024 sous n°2201890, Mme G E D, représentée par Me Arnaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la procédure de contrôle réalisée par la caisse d'allocations familiales de l'Isère le 25 septembre 2020 ;
2°) d'annuler les indus de prime d'activité de 3 573, 86 euros pour la période de mars 2019 à octobre 2020 et d'aide exceptionnelle de solidarité de 200 euros pour le mois de mai 2020 notifiés par une décision de la caisse d'allocations familiales de l'Isère du 3 février 2021 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de procéder au remboursement des sommes prélevées en remboursement de ces indus ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Elle soutient que :
S'agissant de la procédure de contrôle :
- le rapport d'enquête ne lui a jamais été communiqué de sorte qu'elle n'a jamais été en mesure de vérifier la régularité du contrôle ;
- les article L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale ont été méconnus dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Isère n'a jamais informé Mme E D de la circonstance qu'elle a fait usage de son droit à communication.
S'agissant des indus de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de solidarité :
- l'indu n'est pas fondé dès lors que sa vie maritale non déclarée n'est pas établie ;
- elle a déclaré l'ensemble de ses ressources à la caisse.
S'agissant de la fraude :
- elle a régulièrement déclaré l'ensemble des revenus de sorte que la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Isère demande la jonction des affaires n°2201890, 2202911 et 2202942 et conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E D ne sont pas fondés.
III.- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 mai 2022 et le 6 juin 2024 sous le n°2202911, Mme G E D, représentée par Me Arnaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la procédure de contrôle réalisée par la caisse d'allocations familiales de l'Isère le 25 septembre 2020 ;
2°) d'annuler l'indu de prime d'activité de 3 573, 86 euros pour la période de mars 2019 à octobre 2020 notifié par une décision de la caisse d'allocations familiales de l'Isère du 3 février 2021 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de procéder au remboursement des sommes prélevées en remboursement de cet indu ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Elle soutient que :
S'agissant de la procédure de contrôle :
- le rapport d'enquête ne lui a jamais été communiqué de sorte qu'elle n'a jamais été en mesure de vérifier la régularité du contrôle ;
- les article L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale ont été méconnus dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Isère n'a jamais informé Mme E D de la circonstance qu'elle a fait usage de son droit à communication.
S'agissant de l'indu de prime d'activité :
- l'indu n'est pas fondé dès lors que sa vie maritale non déclarée n'est pas établie ;
- elle a déclaré l'ensemble de ses ressources à la caisse.
S'agissant de la fraude :
- elle a régulièrement déclaré l'ensemble des revenus de sorte que la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Isère demande la jonction des affaires n° n°2201890, 2202911 et 2202942 et conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E D ne sont pas fondés.
IV.- Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 mai 2022 et le 6 juin 2024 sous le n°2202942, Mme G E D, représentée par Me Arnaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la procédure de contrôle réalisée par la caisse d'allocations familiales de l'Isère le 25 septembre 2020 ;
2°) d'annuler l'indu 5 872,31 euros d'aide personnalisée au logement pour la période d'avril 2019 à novembre 2020 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de procéder au remboursement des sommes prélevées en remboursement de cet indu ;
4°) de mettre à la charge de le la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Elle soutient que :
S'agissant de la procédure de contrôle :
- le rapport d'enquête ne lui a jamais été communiqué de sorte qu'elle n'a jamais été en mesure de vérifier la régularité du contrôle ;
- les article L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale ont été méconnus dès lors que la caisse d'allocations familiales de l'Isère n'a jamais informé Mme E D de la circonstance qu'elle a fait usage de son droit à communication.
S'agissant de l'indu d'aide personnalisée au logement :
- l'indu n'est pas fondé dès lors que sa vie maritale non déclarée n'est pas établie ;
- elle a déclaré l'ensemble de ses ressources à la caisse.
S'agissant de la fraude :
- elle a régulièrement déclaré l'ensemble des revenus de sorte que la fraude n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Isère demande la jonction des affaires n°2201890, 2202911 et 2202942 soient jointes et conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E D ne sont pas fondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 24 janvier 2022 dans les affaires n°2201887 et 2201890 et par une décision du 11 mars 2022 dans l'affaire n°2202942.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n°2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité ;
- le décret n°2020-1453 du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience tenue le 12 juin 2024 :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Mme C représentant le département de l'Isère.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E D est allocataire de l'aide personnalisée au logement, de la prime d'activité et du revenu de solidarité active. Au titre de ces allocations elle a perçu l'aide exceptionnelle de solidarité aux mois de mai et novembre 2020. Suite à une enquête réalisée par ses services, la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié un indu de prestations sociales d'un montant total de 10 845,51 euros ainsi qu'une fraude par une décision du 3 février 2021. Cette dette comprend notamment :
- 3 573,86 euros de prime d'activité pour la période de mars 2019 à octobre 2020 ;
- 5 872,31 euros d'aide personnalisée au logement pour la période d'avril 2019 à novembre 2020 ;
- 381,29 euros de revenu de solidarité active pour le mois d'août 2020 ;
- 200 euros d'aide exceptionnelle de solidarité pour le mois de mai 2020.
Par une décision du 13 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié un nouvel indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 200 euros pour le mois de novembre 2020. Mme E D a contesté le bien-fondé de ces dettes par plusieurs recours préalables. Par une décision du 7 février 2022, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Isère a rejeté son recours s'agissant de la prime d'activité. Par deux décisions du 11 février 2022, la directrice de la caisse a rejeté son recours préalable obligatoire s'agissant de l'aide personnalisée au logement et son recours gracieux s'agissant des indus d'aide exceptionnelle de solidarité. Enfin, par une décision du 20 mai 2021, le président du conseil départemental de l'Isère a rejeté son recours s'agissant de l'indu de revenu de solidarité active.
2. Les dossiers susvisés présentent à juger les mêmes questions et sont relatifs à la situation d'une même allocataire. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, d'aide personnalisée au logement, de revenu de solidarité active et d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne l'identification des décisions susceptibles de recours :
4. A termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 ". A termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". A termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental ".
5. A termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
6. Il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que le législateur a entendu subordonner la recevabilité des recours contentieux dirigés contre les décisions prises par les autorités administratives compétentes en matière d'aide personnalisée au logement, de prime d'activité et de revenu de de solidarité active à l'exercice d'un recours administratif préalable. Par conséquent, la décision prise sur la base de ce recours se substitue nécessairement à la décision initiale de notification. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E D doivent être redirigées vers la décision de la commission de recours amiable du 7 février 2022 s'agissant de la prime d'activité, de la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Isère du 11 février 2022 s'agissant de l'aide personnalisée au logement et de la décision du président du conseil départemental de l'Isère du 20 mai 2021 s'agissant du revenu de solidarité active.
7. En revanche aucune disposition ne subordonne la recevabilité de la requête à la réalisation d'un tel recours préalable s'agissant de l'aide exceptionnelle de solidarité. Mme E D doit donc être regardée comme contestant la décision du 3 février 2021 seulement en tant qu'elle lui a notifié un indu de cette prestation pour le mois de mai 2020 ainsi que la décision du 13 janvier 2022 lui notifiant un indu de cette prestation pour le mois de novembre 2020.
En ce qui concerne la régularité de la procédure de contrôle :
8. A termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : 1° A agents des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes () ". A termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande. ".
9. A termes de l'article L. 114-10-1-1 du code de la sécurité sociale : " Les organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale, du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code organisent le contrôle du respect des conditions de résidence en France. Ce contrôle est, chaque fois que possible, réalisé à partir des vérifications opérées par un autre organisme de sécurité sociale. ". A termes de l'article L. 114-12 du même code dans sa version applicable au litige : " Les organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale, du recouvrement des cotisations de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code, les caisses assurant le service des congés payés, Pôle emploi et les administrations de l'Etat se communiquent les renseignements ainsi que les données ou documents s'y rapportant qui : 1° Sont nécessaires à l'appréciation de droits ou à l'exécution d'obligations entrant dans le fonctionnement normal du service public dont sont chargés ces organismes () ".
10. Il résulte du contenu du rapport d'enquête ainsi que de l'avis de la commission de recours amiable que la directrice de la caisse d'allocations familiales a pris sa décision sur la base des éléments recueillis par l'agent de contrôle assermenté et fournis directement par Mme E D lors du contrôle. Elle était donc à même de faire part de ses observations sur ces éléments. Par ailleurs, la caisse a pu légalement diligenter son contrôle sur la base des informations fournies par la caisse d'assurance maladie et se fonder sur les données récoltées auprès des services sociaux chargés du recouvrement et versement des prestations de sécurité sociale sans faire usage du droit à communication dès lors que la consultation de ces organismes n'est pas du nombre desquelles la caisse doit user d'une telle procédure. Par conséquent, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'enquête doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des indus :
11. A termes des dispositions de l'article L. 351-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ".
12. A termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement () ". A termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer () ". Ainsi, le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé au regard de la composition du foyer et des revenus de chacun de ses membres.
13. A termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre. ". A termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () A termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; () ". A termes de l'article L. 842-7 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est majoré, pendant une période d'une durée déterminée, pour : 1° Une personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; () ". A termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ".
14. A termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". A termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ". A termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".
15. A termes de l'article 2 du décret n°2020-519 : " I- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation susvisé ". A termes de l'article 2 du décret n°2020-1453 : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ou, à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'allocation de rentrée scolaire prévue par le 10° de l'article 11 de l'ordonnance du 26 septembre 1977 susvisée. ". aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre.
Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement "
16. A termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ". Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
17. En l'espèce, Mme E D est débitrice d'un indu de 5 872,31 euros d'aide personnalisée de logement pour la période d'avril 2019 à novembre 2020, de 3 573,86 euros de prime d'activité pour la période de mars 2019 à octobre 2020 et de deux indus de 200 euros d'aide exceptionnelle de solidarité pour les mois de mai et novembre 2020 et d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 381,29 euros. Pour mettre à la charge de la requérante l'ensemble de ces sommes, la caisse d'allocations familiales et le département de l'Isère se sont fondés sur la circonstance que Mme E D n'a pas déclaré sa vie maritale avec M. F, père des deux enfants de la requérante nés respectivement en 2017 et 2018.
18. Il résulte de l'instruction que pour retenir l'existence d'une vie maritale entre M. F et Mme E D depuis le 22 mars 2019, la caisse d'allocations familiales de l'Isère s'est fondée sur la circonstance que M. F est domicilié à l'adresse de Mme E D auprès de la caisse primaire d'assurance maladie, de sa banque et de Pôle emploi. Par ailleurs, au cours de l'entretien qui a eu lieu le 25 septembre 2020 dans les locaux de la caisse, Mme E D a elle-même admis être en couple avec M. F depuis le 22 mars 2019, date de fin d'occupation de l'ancien logement de ce dernier. Les pièces produites par Mme E D ne suffisent pas à établir l'absence de concubinage pendant la période litigieuse. Enfin, en se bornant à déclarer qu'elle a toujours déclaré ses ressources, la requérante ne contredit pas sérieusement les mentions précises contenues dans le rapport d'enquête.
19. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme E D doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes susvisées de Mme E D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E D, à Me Arnaud, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au département de l'Isère et à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
Le président,
J-P. BLa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de l'Isère, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos2201887, 2201890, 2202911, 220294
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026