mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2201925 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS- CADOZ- LACROIX- REY- VERNE |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 30 mars 2022, sous le n° 2201925, la société Decremps BTP, représentée par Me Cadoz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis de somme à payer du 2 février 2022 ainsi que le titre de recettes émis par la communauté de communes du Genevois le 31 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Genevois la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ampliation de l'avis de sommes à payer ne comporte pas le nom de la collectivité débitrice ;
- il appartient au débiteur de justifier de la signature et de la compétence du signataire du bordereau ;
- le titre de recettes ne mentionne pas les bases de liquidation.
Par un mémoire en défense produit le 27 janvier 2023, la communauté de communes du Genevois, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Decremps BTP la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II- Par une requête enregistrée le 30 mars 2022, sous le n° 2201926, la société Decremps BTP, représentée par Me Cadoz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis de somme à payer du 2 février 2022 ainsi que le titre de recettes émis par la communauté de communes du Genevois le 31 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Genevois la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ampliation de l'avis de sommes à payer ne comporte pas le nom de la collectivité débitrice ;
- il appartient au débiteur de justifier de la signature et de la compétence du signataire du bordereau ;
- le titre de recettes ne mentionne pas les bases de liquidation.
Par un mémoire en défense produit le 27 janvier 2023, la communauté de communes du Genevois, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Decremps BTP la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pollet,
- les conclusions de Mme B,
- et les observations de Me Sahraoui, représentant la société Decremps BTP et les observations de Me Bastard-Rosset, représentant la communauté de communes du Genevois.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 27 février 2014, la société Decremps BTP a, par l'intermédiaire d'un groupement solidaire, conclu un marché avec la communauté de communes du Genevois en vue de la réalisation de travaux nécessaires à l'exploitation de la nappe phréatique de Matailly-Moissey. Le marché a été réceptionné le 8 juin 2017. Par un décompte général et définitif, il a été mis à la charge du groupement la somme de 345 966,15 euros. Deux titres exécutoires ont été émis à l'encontre de la société Decremps BTP le 2 février 2022. Par la présente requête, la société Decremps BTP demande au tribunal leur annulation.
Sur la jonction :
2. Les requêtes mentionnées supra n°2201925 et n°2201926 concernent la situation d'une même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un seul jugement.
Sur les conclusions en annulation :
3. Aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. "
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur et l'état revêtu de la formule exécutoire. Ces dispositions n'imposent pas de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire. Les nom, prénom et qualité de la personne ayant signé l'état revêtu de la formule exécutoire doivent en revanche, être mentionnés sur le titre de perception, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
5. Il résulte de l'instruction que le volet du titre exécutoire destiné au débiteur formant avis de somme à payer comporte le nom, prénom et qualité de son auteur, M. Michel De Smedt, vice-président, ainsi que l'identité de la communauté de communes du Genevois, débitrice. Par ailleurs, il résulte des extraits du logiciel Helios que le bordereau a été signé électroniquement par le vice-président. En outre, l'ampliation produite comporte bien l'identité et la qualité de M. A. Si ce document ne comporte pas la mention de la communauté de communes du Genevois, cette circonstance est sans incidence dès lors que cette mention est apposée sur le titre exécutoire, que la société Decremps BTP ne conteste pas avoir reçu. Par suite, les moyens tirés du défaut de signature, de l'incompétence du signataire du bordereau et du défaut de mention de la collectivité débitrice sur l'ampliation doivent être écartés.
6. Un état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette. Le titre ou un document joint à l'état exécutoire ou adressé précédemment au débiteur doit indiquer les bases et éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge du redevable.
7. Il résulte de l'instruction que les titres litigieux font référence au décompte général et définitif du lot 3 " Matailly ". Ce décompte a été notifié à la société Decremps BTP le 9 novembre 2017 et comprend notamment le tableau de calcul de l'état de solde du marché. Ils indiquent les bases de leur liquidation, en se référant à ce décompte général adressé précédemment au débiteur. Par suite, le moyen tiré de ce que les titres en litige ne comportent pas les bases de liquidation doit être écarté.
8.Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes du Genevois la somme que demande la requérante à ce titre. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme que demande la communauté de communes du Genevois titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de la société Decremps BTP sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du Genevois tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Decremps BTP, à la DDFIP Haute-Savoie et à la communauté de communes du Genevois.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Vial-Pailler, président,
Mme Fourcade, première conseillère,
Mme Pollet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
MA. POLLET
Le président,
C. VIAL-PAILLER
Le greffier,
G. MORAND
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2- 2201926
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026