mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2022, M. B C, représenté par Me Cans, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'annuler le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui résulte de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée par le préfet de l'Isère ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du prononcé du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
* La décision portant refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'un vice de procédure, le préfet de l'Isère n'établissant pas que l'avis du collège des médecins de l'OFII a été recueilli, qu'un rapport médical a été établi, que ce rapport a été transmis au collège de médecins préalablement à son avis, que la composition du collège de médecins était conforme à l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 et que les éléments de procédure prévus par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ont été renseignés ;
- est entachée d'erreur de fait ;
- méconnaît le 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour ;
- est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'il peut bénéficier de plein droit d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;
- méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- est entachée d'incompétence ;
- doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est disproportionnée au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
* La décision fixant le pays de destination :
- est entachée d'incompétence ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet de l'Isère, qui a seulement produit des pièces enregistrées le 20 juin 2022.
Par une décision du 24 février 2022 M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 20 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme d'Elbreil, conseillère,
- et les observations de Me Mathis, substituant Me Cans, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né en 1954, a déclaré être entré en France le 15 mars 2011. Le 17 mai 2013, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 23 juillet 2015. Le 21 novembre 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par l'arrêté attaqué du 12 octobre 2021, le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté du 12 octobre 2021 a été signé par Mme Eléonore Lacroix, secrétaire générale de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par arrêté du 24 septembre 2021, régulièrement publié. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité ayant signé les décisions attaquées doit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions de procédure sont applicables aux demandes de certificat de résidence présentées par les ressortissants algériens au titre de leur état de santé : " () le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office () transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. / () ". Enfin, si l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux, et avis, indique que l'avis mentionne " les éléments de procédure ", cette mention renvoie, ainsi qu'il résulte du modèle d'avis figurant à l'annexe C de l'arrêté, rendu obligatoire par cet article 6, à l'indication que l'étranger a été, ou non, convoqué par le médecin ou par le collège, à celle que des examens complémentaires ont été, ou non, demandés et à celle que l'étranger a été conduit, ou non, à justifier de son identité.
5. Il ressort des pièces produites en défense par le préfet de l'Isère que l'avis d'un collège de trois médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) régulièrement désignés a été rendu le 9 mars 2020, sur la base d'un rapport rédigé par un médecin non membre de ce collège. Cet avis comporte l'ensemble des mentions requises par l'arrêté du 27 décembre 2016. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure doit être écarté.
6. En deuxième lieu, M. C fait état de ses troubles psychiatriques. Il produit des pièces qui attestent qu'il est suivi régulièrement dans un centre médico-psychologique et prend un traitement pharmacologique de fond. Toutefois, il ressort de l'avis de l'OFII du 9 mars 2020 que si l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de ce pays. Si le requérant produit un article de presse relatant des pénuries de médicaments en Algérie, cet article d'une portée générale, qui date en outre du 18 février 2018, ne permet pas d'établir que le traitement pris par M. C, ou un substitut à ce traitement, serait actuellement indisponible. Par suite, le requérant n'établit pas, par les éléments qu'il produit, l'impossibilité dans laquelle il se trouverait d'obtenir en Algérie un traitement approprié à sa pathologie. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère aurait méconnu les stipulations précitées du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, la circonstance qu'il remplirait les autres conditions posées par cet article étant à cet égard sans incidence.
7. En troisième lieu, il ressort de l'arrêté attaqué que M. C a été condamné pour des faits d'agressions et d'exhibitions sexuelles et incarcéré à ce titre pour une durée d'un an et six mois. Si le requérant soutient que la décision portant refus de titre de séjour serait entachée d'erreur de fait s'agissant de l'existence d'une menace à l'ordre public, il reconnaît avoir fait l'objet de cette condamnation en date du 17 mai 2016. Dans ces circonstances, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée reposerait sur des faits matériellement inexacts. Le caractère isolé des faits en cause est sans incidence sur leur matérialité. En estimant que ces faits révèlent l'existence d'un risque pour l'ordre public, le préfet de l'Isère a porté une appréciation susceptible d'entacher sa décision d'erreur de droit, mais pas d'erreur de fait.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. C soutient qu'il ferait l'objet de menaces dans son pays d'origine. Il se prévaut par ailleurs de la résidence en France de son fils majeur et de nationalité française, de sa fille titulaire d'une carte de résident, ainsi que de ses deux petits-enfants et de son ancienne épouse, avec laquelle il aurait conservé de bons rapports. Il produit des attestations de ses proches ainsi que d'amis et de connaissances selon lesquels il aide sa fille pour la garde de ses enfants. Il se prévaut enfin de la durée de sa présence sur le territoire français depuis le 15 mars 2011, soit plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, il est constant que M. C a été condamné à une peine d'emprisonnement d'un an et six mois en 2016 pour des faits d'exhibitions et d'agressions sexuelles. Il est entré en France à l'âge de 57 ans. De plus, la durée de sa présence sur le territoire français tient en partie à l'accomplissement de sa peine. En outre, ses enfants présents en France sont majeurs. Lui-même est célibataire et ne justifie pas être dépourvu d'autres attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces circonstances, et eu égard aux conditions du séjour du requérant en France, le refus de titre de séjour attaqué n'a pas porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas non plus fondé à soutenir que la décision portant refus de titre de séjour serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, la décision portant refus d'un titre de séjour n'ayant pas été déclarée illégale, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; / () ". Indépendamment de l'énumération faite par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une telle mesure à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque l'accord franco-algérien prescrit qu'un ressortissant algérien doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse être l'objet d'une mesure d'éloignement.
12. M. C soutient qu'il réside en France depuis plus de dix ans, de sorte qu'il ne pourrait faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Toutefois, les éléments produits par le requérant ne permettent pas d'établir la réalité de sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".
14. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que M. C n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par suite, il ne peut se prévaloir des dispositions précitées du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été déclarée illégale, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
18. Il ressort de la décision attaquée que pour prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet de l'Isère s'est fondé sur les circonstances qu'il représente une menace à l'ordre public compte tenu de sa condamnation pour des faits d'exhibitions et d'agressions sexuelles, qu'il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français le 14 octobre 2015 et que s'il fait valoir sa présence en France depuis le 15 mars 2011, il a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine où résident certains de ses enfants. Compte tenu de ces éléments, il a pu légalement estimer que la présence en France de l'intéressé sur le territoire français constitue une menace pour l'ordre public et qu'au regard des conditions de son séjour, une interdiction de retour d'une durée de deux ans pouvait être prononcée. Par suite, et malgré la durée de présence sur le territoire national du requérant, le préfet de l'Isère n'a pas pris à l'encontre de M. C une mesure disproportionnée.
19. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement.
Sur la décision fixant le pays de destination :
20. En premier lieu, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'ayant pas été déclarées illégales, le requérant n'est pas fondé à exciper de leur illégalité au soutien de ses conclusions aux fins d'annulation de la décision fixant le pays de destination.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
22. D'une part, M. C soutient qu'il serait menacé en cas de retour dans son pays d'origine. Il soutient qu'il aurait obtenu des autorités néerlandaises un titre de séjour compte tenu de ces menaces. Toutefois, la demande d'asile du requérant a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 17 mai 2013 et par la Cour nationale du droit d'asile le 23 juillet 2015 et les éléments produits dans le cadre du présent recours ne permettent pas de conclure à l'existence d'un risque actuel et personnel de traitement inhumain et dégradant dans son pays d'origine. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 6 du présent jugement, il n'est pas fondé à se prévaloir d'une méconnaissance de ces stipulations compte tenu de l'indisponibilité d'un traitement approprié en Algérie.
Sur la décision portant signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
23. Le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen est consécutif à l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée. Or, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'aucun moyen soulevé n'est susceptible d'entraîner l'annulation de cette décision. Par suite, M. C n'est pas fondé à en demander l'annulation par voie de conséquence de l'annulation de cette mesure d'interdiction.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C aux fins d'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2021 doivent être écartées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et aux fins d'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Cans et au préfet de l'Isère.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
M. D'ELBREIL
Le président,
V. L'HÔTELa greffière,
V. BARNIER
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026