jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202267 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL HEINRICH AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 avril 2022 et le 4 juillet 2022, la commune de la Clusaz, représentée par la Société Vedesi - SCP Schmidt Vergnon Pelissier Thierry Eard-Aminthas et Tissot, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent l'espace aquatique des Aravis à La Clusaz ;
2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre tout spécialiste de son choix ;
3°) réserver les dépens.
Elle soutient qu'à la suite du chantier de rénovation des installations énergétiques de l'Espace aquatique des Aravis réceptionné 22 juillet 2020, divers désordres, pannes, casses et dysfonctionnements récurrents sont apparus. La mesure d'expertise sollicitée est utile en ce qu'elle permettra de déterminer les responsabilités encoure des différents intervenants.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mai 2022, le 9 mai 2022, le 12 juillet 2022 et le 18 juillet 2022, la société Artifex Climatis représentée par Me Armando demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves d'usage quant à sa responsabilité éventuelle ;
2°) d'étendre la mission de l'expert afin de déterminer si la carence de la commune de La Clusaz dans sa conduite de la maintenance de l'ouvrage est à l'origine des désordres et de préciser si l'intervention de la société Veotherm a été un facteur aggravant pour la maintenance et l'entretien de l'ouvrage ;
3°) condamner la commune de La Clusaz à lui verser la somme de 90 352 euros au titre de provision pour les travaux supplémentaires réalisés ;
4°) condamner la commune de La Clusaz à une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner la commune de La Clusaz aux entiers dépens.
Elle soutient que les travaux ont été livrés conformément au marché de maîtrise d'ouvrage et que la commune de Clusaz n'a pas eu recours à des professionnels pour entretenir l'ouvrage après les travaux réalisés.
Par un mémoire enregistré le 20 mai 2022, la société AXA France IARD, représentée par la SELARL Cabinet Laurent Favet, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée sous les plus expresses protestations et réserves, en fait et en droit tant sur sa responsabilité que sur son bien-fondé.
Par des mémoires enregistrés le 7 juin 2022 et le 18 juillet 2022, les sociétés QBE Insurance (Europe) Limited, QBE Europe SA/NV et le bureau d'étude Alain Garnier représentées par la SCP Reffay et Associés, demandent au juge des référés :
1°) de mettre hors de cause la société QBE Insurance (Europe) Limited ;
2°) de prendre acte qu'elles ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée ;
3°) de leur donner acte de ce qu'elles formulent toutes protestations et réserves d'usage quant à leur responsabilité éventuelle ;
4°) d'étendre la mesure d'expertise contradictoire aux sociétés Enersys, l'Auxiliaire en qualité d'assureur de la société Enersys et aux sociétés CSPM et Allianz IARD SA en qualité d'assureur de la société CSPM ;
5°) condamner la commune de La Clusaz à verser au bureau d'étude Alain Garnier la somme de 2 592 euros d'indemnité provisionnelle à valoir sur son préjudice ;
6°) condamner la commune de La Clusaz aux entiers dépens.
Par un mémoire enregistré le 15 juin 2022, la société SA Allianz IARD, représentée par la SELARL Deniau Avocats Grenoble, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Il résulte de l'instruction que la commune de La Clusaz a fait moderniser les installations énergétiques du l'Espace aquatique des Aravis, par une série de marchés conclus en 2018. Ces travaux ont été réalisés par la société Artifex Climatis et ont été réceptionnés le 22 juillet 2020. Toutefois, des désordres affectant les installations sont apparus après la réception des travaux le 22 juillet 2020. La société Artifex Climatis conteste être à l'origine de ces désordres.
3. La demande d'expertise présentée par la commune de La Clusaz, pour déterminer les causes et les conséquences de ces désordres présente donc un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
4. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.
5. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité.
6. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert désigné, s'il le juge utile, de demander au président du tribunal l'autorisation de s'adjoindre un sapiteur.
7. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera.
Sur les demandes de provisions :
8. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie.
9. En l'état de l'instruction, les créances de la société Artifex Climatis et du bureau d'études Alain Garnier ne sont pas non sérieusement contestables, leurs conclusions ne peuvent donc être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
ORDONNE
Article 1er : M. B A, domicilié 55 bis Route Impériale à Anthy-sur-Léman (74200), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre à l'espace aquatique des Aravis sis 434 route de la piscine à La Clusaz (74220), entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de La Clusaz, la société Artifex Climatis, la compagnie AXA France, la compagnie d'assurance Allianz IARD, le bureau d'étude Alain Garnier, la société Veotherm, la société QBE Europe SA/NV, la société Enersys, la mutuelle l'Auxiliaire et la société CSPM soudure préfabrication montage.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de La Clusaz, à la société Artifex Climatis, à la compagnie AXA France, à la compagnie d'assurance Allianz IARD, au bureau d'étude Alain Garnier, à la société Veotherm, aux sociétés QBE Insurance Europe Limited, QBE Europe SA/NV et Enersys, à la mutuelle l'Auxiliaire et à la société CSPM soudure préfabrication montage et à l'expert.
Fait à Grenoble, le 20 octobre 2022.
Le président,
Jean-Paul WYSS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie, en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026