mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2202684 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 mai et le 29 juin 2022, M. A, représenté par Me Olivier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination en cas d'exécution forcée de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
Il n'est pas forclos dès lors qu'il était dans l'impossibilité matérielle de relever son courrier et qu'il n'est pas établi qu'un avis de passage a été déposé ;
La décision de refus de titre de séjour est entachée d'erreur de fait et d'appréciation dès lors qu'il a fourni les justificatifs de l'effectivité de son activité et régularisé sa situation auprès de l'URASSAF et qu'il ne peut être exigé le recours à un expert-comptable ou qu'un cachet soit apposé sur les pièces produites ;
La décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que la requête est tardive et conteste, subsidiairement, l'ensemble des moyens soulevés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Triolet, première conseillère,
- et les observations de Me Olivier, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant russe né en mars 1986, est entré en France le 15 novembre 2017 muni d'un visa en vue d'exercer une profession libérale. Il a été autorisé au séjour d'octobre 2019 à octobre 2020 en qualité d'entrepreneur. Par l'arrêté en litige du 7 février 2022, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de renouveler ce titre, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai trente jours et a fixé le pays de destination. Ce refus se fonde sur le fait que M. A ne remplit pas les conditions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile faute de justifier de l'effectivité de son activité malgré les demandes de pièces des 17 décembre 2020, 15 avril 2021 et 11 juin 2021.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 614-4 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision ".
3. D'autre part, compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet "avis de réception" sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. Le préfet justifie que l'arrêté contesté a été adressé à M. A par un pli recommandé dont l'avis de réception mentionne qu'il est reparti le 25 février 2022 faute d'avoir été réclamé. La circonstance que M. A indique n'avoir pas trouvé dans sa boîte aux lettres la preuve de dépôt est insuffisante pour renverser la présomption de notification régulière ainsi instituée.
5. M. A fait par ailleurs valoir qu'il se trouvait dans l'impossibilité de relever ce pli ne pouvant revenir de Moscou en raison du conflit entre la Russie et l'Ukraine. Il justifie avoir quitté l'aéroport de Genève à destination Moscou le 11 janvier 2022 et être revenu, via Istanbul le 31 mars 2022. Par ailleurs, il produit un article de presse indiquant que la compagnie aérienne russe Aéroflot a suspendu ses vols vers l'Europe le 28 février 2022. Toutefois, M. A ne justifie ni avoir été contraint de se rendre à Moscou, ni surtout s'être trouvé dans l'impossibilité de regagner son domicile avant le 25 février, date à laquelle le recommandé a été adressé en retour à la préfecture. Dans ces circonstances, et malgré les précautions prises pour assurer le relevé régulier de son courrier, M. A ne peut être considéré comme étant dans l'impossibilité de relever ce pli.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée le 2 mai 2022 est tardive et ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jourdan, présidente,
Mme Triolet, première conseillère,
Mme Beauverger, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2022.
La rapporteure,
A Triolet
La présidente,
D. JourdanLa greffière,
C. Jasserand
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026