vendredi 29 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2203688 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 7 |
| Avocat requérant | SCP ARBOR TOURNOUD & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I / Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juin 2022 et 4 novembre 2024, sous le n° 2203688, la SARL Clerm, représentée par le cabinet Taxene Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison d'un local situé 16 rue de la Condamine à Gières (38600) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la déclaration qu'elle a souscrite comporte des erreurs concernant la surface mentionnée dans la catégorie " BUR 1 " et la surface du parking ;
- une partie des locaux, d'une superficie de 150 m², est louée à des fins de stockage à la société Oriental Cosy et doit être rattachée à la catégorie " DEP 2 " pour un tarif au mètre carré de 71,8 euros ;
- les locaux occupés par un cabinet de kinésithérapie doivent être rattachés à la catégorie " CLI 2 " applicable aux centres de soins, pour un tarif au mètre carré de 132,3 euros, ou à défaut à la catégorie " CLI 4 " regroupant les centres de rééducation ;
- la surface pondérée de ces locaux doit être évaluée à 392 m² répartie en 274 m2 de surface principale classés en P1, 144 m2 de surface secondaire classés en P2 et 234 m2 de parking classés en PK2.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Clerm ne sont pas fondés.
II / Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 janvier 2024 et 4 novembre 2024, sous le n° 2400508, la SARL Clerm, représentée par le cabinet Taxene Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2022 et 2023 à raison d'un local situé 16 rue de la Condamine à Gières (38600) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la déclaration qu'elle a souscrite comporte des erreurs concernant la surface mentionnée dans la catégorie " BUR 1 " et la surface du parking ;
- une partie des locaux, d'une superficie de 150 m², est louée à des fins de stockage à la société Oriental Cosy et doit être rattachée à la catégorie " DEP 2 " pour un tarif au mètre carré de 71,8 euros ;
- les locaux occupés par un cabinet de kinésithérapie doivent être rattachés à la catégorie " CLI 2 " applicable aux centres de soins, pour un tarif au mètre carré de 132,3 euros, ou à défaut à la catégorie " CLI 4 " regroupant les centres de rééducation ;
- la surface pondérée de ces locaux doit être évaluée à 392 m² répartie en 274 m2 de surface principale classés en P1, 144 m2 de surface secondaire classés en P2 et 234 m2 de parking classés en PK2.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2024, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Clerm ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'Hôte, vice-président,
- et les conclusions de Mme Bourion, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2203688 et n° 2400508 concernent le même contribuable, présentent les mêmes questions à juger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. La SARL Clerm est propriétaire d'un local professionnel situé 13 rue de la Condamine à Gières, à raison duquel elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2021, 2022 et 2023. Par deux réclamations contentieuses du 9 février 2022 et du 29 novembre 2023, elle a contesté la valeur locative de son bien et a sollicité le dégrèvement correspondant au titre, respectivement, de l'année 2021 et des années 2022 et 2023. Ses demandes ont été rejetées les 11 avril 2022 et 30 novembre 2023. La SARL Clerm demande au tribunal de prononcer la réduction des impositions en cause.
3. En premier lieu, aux termes du I de l'article 1498 du code général des impôts : " La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : / () / Sous-groupe II : bureaux et locaux divers assimilables : / Catégorie 1 : locaux à usage de bureaux d'agencement ancien. / () / Sous-groupe III : lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement : / () / Catégorie 2 : lieux de dépôt couverts. / () / Sous-groupe VIII : cliniques et établissements du secteur sanitaire et social : / () / Catégorie 2 : centres médico-sociaux, centres de soins, crèches, haltes-garderies. / () / Catégorie 4 : centres de rééducation, de thalassothérapie, établissements thermaux. (). ".
4. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté par l'administration fiscale en défense, qu'une partie des locaux de la SARL Clerm, d'une surface de 150 m² initialement classée en catégorie " BUR 1 ", est louée à une société tierce, à usage de stockage, et doit faire l'objet d'une évaluation selon deux unités distinctes, avec un rattachement à la catégorie " DEP 2 ".
5. En deuxième lieu, la SARL Clerm soutient que la surface restante du local qu'elle exploite, d'une superficie de 652 m2, a été rattachée à tort à la catégorie " BUR 1 " et devrait être rattachée à la catégorie " CLI 2 ", dès lors qu'elle est occupée par des cabinets de kinésithérapie ou, à défaut, à la catégorie " CLI 4 " dans la mesure où elle regroupe des centres de rééducation. Toutefois, il résulte de l'instruction que le local en cause comprend plusieurs cabinets de kinésithérapeutes exerçant leur activité séparément, en mettant uniquement en commun des moyens matériels. Dès lors il ne constitue pas un centre de soins entrant dans la catégorie " CLI 2 ", ni un centre de rééducation relevant de la catégorie " CLI 4 ", mais un local où est exercée une activité libérale de nature médicale, relevant de la catégorie " BUR 1 ". La SARL Clerm n'est dès lors pas fondée à contester la classification de cette partie de son local
6. En troisième lieu, aux termes du C du II de l'article 1498 du code général des impôts : " La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. ".
7. Contrairement à ce que soutient la SARL Clerm, les parties du local, d'une superficie de 144 m², comprenant la salle de repos du personnel, le secrétariat, la salle d'attente, les vestiaires et toilettes, la salle destinée aux cours de yoga et autres activités ainsi que des locaux affectés au rangement, sont indispensables pour l'exercice de l'activité de kinésithérapie. Elles ne peuvent être considérées comme des surfaces secondaires d'une valeur d'utilisation réduite par rapport aux box et aux gymnases au sein desquels sont dispensés les soins. Par suite, il n'y a pas lieu de leur appliquer un coefficient de pondération. Il est constant en revanche que la surface du parking non couvert, affectée d'un coefficient de 0,2, représente 234 m2. Il suit de là que la surface pondérée du local s'élève à 464 m2.
8. Il n'est pas contesté enfin que, compte tenu du tarif au mètre carré pondéré de la catégorie " BUR 1 ", représentant 145,7 euros, et de l'inapplicabilité des mécanismes de planchonnement et de lissage prévus aux articles 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts compte tenu du changement d'affectation du local loué intervenue en 2020, la valeur locative de l'ensemble des locaux appartenant à la SARL Clerm s'élève à 78 570 euros, dont il résulte une cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties de 8 987 euros au titre de 2021, de 9 052 euros au titre de 2022 et de 9 098 euros au titre de 2023. Ces sommes étant supérieures aux impositions contestées, les demandes de décharge présentées par la société requérante ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses demandes présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de la SARL Clerm sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Clerm et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
V. L'HÔTELa greffière,
E. BEROT-GAY
La République mande et ordonne au ministre chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2400508
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026