lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2204144 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2022, M. C A, représenté par Me Cans, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension des décisions du 3 mai 2022, refusant l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité ;
2°) d'enjoindre au préfet d'enregistrer sa demande et de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 48 heures et dans cette attente de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet d'examiner sa demande dans un délai de quatre mois ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il se trouve dans une situation de précarité et que son état de santé se dégrade ;
- les moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus d'enregistrement sont l'incompétence de l'auteur de l'acte et la méconnaissance de l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives demandées pour le dépôt d'une demande de titre ;
- les moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision refusant la délivrance d'un titre récépissé avec autorisation de travail sont l'incompétence de l'auteur et la méconnaissance des dispositions de l'article R.431-12 et R. 431-14 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 13 juillet 2022, le préfet conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 6 juillet 2022 sous le numéro 2204143 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme B a lu son rapport et entendu les observations de Me Cans pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce d'admettre le requérant à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l'ensemble des circonstances de l'affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.
4. M. A, ressortissant guinéen né le 31 octobre 1991, est entré en France le 4 mai 2013 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée le 25 février 2015 par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée le 31 août 2015 par la Cour nationale du droit d'asile. Il a rencontré une ressortissante française avec laquelle il a eu un fils né le 16 juillet 2016. Le 21 novembre 2018, il a sollicité un titre de séjour sur le fondement du 6° du même article. Par un jugement du 4 octobre 2019, confirmé par la cour administrative d'appel de Lyon le 2 juillet 2020, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2019 par lequel le préfet de l'Isère lui a refusé le séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêt du 22 mars 2022, la cour d'appel de Chambéry a confirmé la nécessité de placer l'enfant suite aux rapports émanant des services éducatifs, accordé un droit de visite à M. A dont la paternité, contestée par la mère de l'enfant en 2019 a été rétablie. M. A, qui exerce depuis cet arrêt son droit de visite a sollicité un titre en sa qualité de parent d'enfant français. A l'appui de sa demande, il a notamment produit, pour justifier de l'état civil et de la nationalité de son enfant, l'acte de naissance en France de son enfant et divers documents officiels relative à la mère, avec laquelle il entretient une relation conflictuelle. Il résulte de l'instruction que l'agent du guichet a alors refusé d'enregistrer le dossier de demande de titre au motif que le requérant ne justifiait pas de la nationalité de l'enfant, le dossier de cette demande ayant été ainsi regardé comme étant incomplet. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution des décisions du 3 mai 2022, refusant l'enregistrement de sa demande de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
5. D'une part, il résulte de l'instruction qu'une décision verbale de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français a été opposée à M. A au guichet par un agent de la préfecture lors du rendez-vous qui avait été accordé au requérant pour déposer son dossier, alors que l'enregistrement de ce dossier devait lui permettre de se voir délivrer un récépissé l'autorisant à séjourner et à travailler en France en application des dispositions de l'article R. 431-14 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du fait de sa qualité de parent d'un enfant français. Cette décision de refus a pour effet de maintenir M. A dans une situation administrative et matérielle précaire, rendant encore plus difficile l'exercice de son rôle de père auprès d'un enfant placé par le conseil départemental de la Haute-Savoie. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, la décision de refus d'enregistrer sa demande de titre de séjour préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate aux intérêts du requérant. La condition d'urgence est donc remplie.
6. D'autre part, le moyen tiré de ce que M. A a présenté le 3 mai 2022 un dossier de demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français suffisamment complet au regard des exigences du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour que l'administration ne puisse légalement en refuser l'enregistrement contre un récépissé délivré autorisant l'intéressé à travailler, est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision verbale attaquée.
7. Les deux conditions requises par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies en l'espèce. Il y a lieu, dès lors, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 3 mai 2022 jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond tendant à son annulation.
8. La présente ordonnance, eu égard au motif qui fonde la suspension prononcée, implique nécessairement l'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A et la délivrance du récépissé correspondant à cette demande. Dès lors, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il y a lieu d'adresser au préfet de l'Isère une injonction en ce sens et de lui assigner, pour y satisfaire, un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. A tendant à l'application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : M. C A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution des décisions verbales du 3 mai 2022 refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A et la délivrance un récépissé l'autorisant à travailler est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond tendant à leur annulation.
Article 3 : Il est fait injonction au préfet de l'Isère d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A et de lui délivrer le récépissé correspondant, l'autorisant à travailler, dans les dix jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au ministre de l'intérieur, et à Me Cans.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Le juge des référés, La greffière,
D. B V. Barnier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026