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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2204450

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2204450

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2204450
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2022, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a rejeté son recours préalable et confirmé un indu de prime d'activité d'un montant de 6 762,58 euros pour la période de janvier 2019 à janvier 2021 ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer cette dette ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la légalité externe de la décision de rejet du recours préalable :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un vice de forme en méconnaissance des dispositions des articles L.311-3-1 et L. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle a été prise sur la base d'un traitement algorithmique ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission de recours amiable n'a pas été régulièrement consultée en application des dispositions des articles R. 133-9-2, R. 142-1 et R. 124-4 du code de la sécurité sociale ;

- elle méconnaît les dispositions des article 1302, 1302-1 et 1353 du code civil dès lors que la caisse ne produit pas le décompte de ses créances ;

- elle est fondée sur une enquête irrégulière dès lors que l'agent de contrôle n'apporte pas la preuve de son assermentation en application des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, que celui-ci a procédé à un usage irrégulier du droit à communication prévu par les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale et qu'elle a été réalisée en méconnaissance des droits de la défense.

S'agissant de la légalité interne de rejet du recours préalable :

- l'action est prescrite ;

- l'indu n'est pas fondé dès lors que la caisse ne prouve pas l'existence d'une vie de couple stable et continue ;

- la décision méconnaît le droit à l'erreur tel qu'il est prévu aux dispositions des articles L. 123-1 et L. 123-2 du code des relations entre le public et l'administration.

S'agissant des retenues pratiquées :

- les retenues sont illégales dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a procédé à des retenues en méconnaissance du caractère suspensif du recours en contestation du bien-fondé.

S'agissant de la demande de remise gracieuse :

- eu égard à sa bonne foi et à sa situation de précarité, elle peut bénéficier d'une remise de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience tenue le 12 juin 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est bénéficiaire de la prime d'activité. Suite à un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie lui a notifié, par une décision du 11 janvier 2022, un indu de prestation sociales d'un montant total de 12 209,15 euros comprenant 6 762,58 euros de cette prestation pour la période de janvier 2019 à juin 2021. Par un recours daté du 24 février 2022, Mme B a contesté le bien-fondé de cette dette. Ce recours a été implicitement rejeté par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie le 25 avril 2022.

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

Sur la régularité de la décision :

En ce qui concerne l'incompétence de l'auteur de la décision et la saisine de la commission de recours amiable :

3. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 () ".

4. En l'espèce, Mme B conteste la décision implicite née le 25 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocation familiales de la Haute-Savoie a implicitement rejeté son recours préalable. Elle ne peut ainsi utilement faire valoir que la décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière tirée du défaut de saisine de la commission de recours amiable. Le moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de ce que la décision serait tirée d'une procédure algorithmique :

5. Aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. ". Aux termes de l'article R. 311-3-1-2 du même code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes : 1° Le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ; 2° Les données traitées et leurs sources ; 3° Les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; 4° Les opérations effectuées par le traitement. ".

6. La requérante soutient que la décision litigieuse a été nécessairement prise sur la base d'un traitement algorithmique et qu'elle ne comporte aucune information mentionnée aux dispositions précitées de l'article R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, tout d'abord il ne résulte d'aucun élément produit à l'instruction que la décision contestée prise par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie résulterait d'un traitement algorithmique. Ensuite et en tout état de cause, la requérante ne justifie pas avoir demandé à l'administration de lui communiquer les informations mentionnées à l'article R. 311-3-2-1 précité. Par conséquent, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la motivation de la décision :

7. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 3° () imposent des sujétions ; () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".

8. Mme B soutient que la décision est insuffisamment motivée dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie ne lui a pas fourni le décompte des créances. Toutefois, d'une part, une décision implicite de rejet intervenue dans un domaine qui, en cas de décision explicite, aurait dû faire l'objet d'une motivation, n'est pas illégale du seul fait de son absence de motivation. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B ait demandé que lui soient communiqués les motifs de la décision implicite attaquée. D'autre part, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime d'activité doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision est inopérant et doit être écarté. En outre, Mme B produit à l'appui de sa requête le décompte des sommes qui lui sont réclamées et dans lequel figure le montant ainsi que la période se rapport à l'indu de prime d'activité.

En ce qui concerne les droits de la défense :

9. Si l'allocataire peut faire valoir ses observations en exerçant devant le directeur de la caisse d'allocations familiales le recours administratif préalable obligatoire mentionné à l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale, dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires du même code. Ainsi, et dès lors que le législateur n'a pas entendu soumettre la contestation du bien-fondé de l'indu à une procédure contradictoire, la circonstance que la requérante n'ait pas reçu la communication du rapport du contrôleur et n'a pas été convoquée devant les services de la caisse d'allocations familiales n'est pas de nature à faire regarder la décision comme issue d'une procédure méconnaissant les droits de la défense dès lors que Mme B a été en mesure d'introduire son recours préalable. Le moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la régularité de l'enquête :

10. Aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles () ".

11. En l'espèce, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie produit en défense la carte professionnelle du contrôleur ayant conduit l'enquête réalisée sur la situation de Mme B. Il résulte de cette pièce que l'agent dispose d'un agrément depuis le 27 août 2009 et d'une assermentation depuis le 20 janvier 2009. Par conséquent, le moyen doit être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

13. Mme B soutient ne pas avoir été informée de la décision de la caisse de faire usage de son droit de communication. Toutefois, il résulte du rapport d'enquête que Mme B a été informée, durant le contrôle de la faculté de la caisse de faire usage de ce droit à communication. Par conséquent le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la prescription :

14. Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles () L. 845-3 () du code de la sécurité sociale () ".

15. Il résulte de l'instruction que l'indu notifié à Mme B par la décision initiale du 11 janvier 2022 repose sur l'absence de déclaration de sa vie maritale avec M. C. Ces faits ont été révélés à la caisse d'allocations familiales par l'enquête réalisée le 28 octobre 2021. Par conséquent, la caisse a mis en œuvre la procédure de recouvrement moins de deux ans après avoir eu connaissance de l'existence de l'indu. Le moyen tiré de la prescription de la créance doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :

16. Aux termes de l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat ". Aux termes de l'article L. 842-3 du même code : " La prime d'activité est égale à la différence entre : 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Il résulte de ces dispositions que l'prime d'activités est calculée sur la base des ressources du demandeur mais également de la composition du foyer. L'allocataire est alors tenu de faire connaitre à la caisse l'évolution de sa situation maritale.

17. Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple ".

18. Pour mettre à la charge de Mme B l'indu litigieux de prime d'activité, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie s'est fondée sur la circonstance selon laquelle elle a dissimulé l'existence de sa vie maritale avec M. C à compter de janvier 2018.

19. Pour retenir l'existence d'une vie maritale entre Mme B et M. C depuis janvier 2018, la caisse d'allocations familiale de la Haute-Savoie s'est fondée sur la circonstance que M. C a quitté son logement en 2017, qu'il est domicilié chez Mme B auprès de son employeur depuis " de nombreuses années " et qu'il verse régulièrement à Mme B des sommes d'argent dont le montant est compris entre 500 et 600 euros. La requérante verse toutefois à l'instruction l'avis d'imposition de M. C établi pour l'année 2021 et pour lequel il est domicilié à une adresse distincte ainsi qu'une attestation dans laquelle il reconnaît vivre avec elle seulement depuis 2020. Ainsi, et quand bien-même Mme B a pu recevoir des virements de M. C avant cette date, aucun élément versé par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie ne permet d'établir l'existence d'une vie maritale entre Mme B et M. C avant le mois de janvier 2020.

20. La requérante ne produit toutefois aucun élément permettant de remettre en cause le bien-fondé de l'indu de prime d'activité pour la période postérieure à janvier 2020. Par conséquent, le moyen tiré de l'inexistence de la vie maritale doit être accueilli seulement s'agissant de la période de janvier 2018 à décembre 2019.

21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision implicite née le 25 avril 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales a rejeté son recours préalable seulement en ce qui concerne le montant de l'indu.

Sur les conséquences de l'annulation :

22. Eu égard aux motifs de l'annulation, il y a seulement lieu de décharger Mme B de la partie de l'indu de prime d'activité qui concerne la période de janvier 2019 à décembre 2019. Il résulte du décompte des prestations produit par la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie à l'appui de ses écritures que l'indu mis à la charge de Mme B pour cette période s'élève à 3 469,44 euros pour cette prestation. Mme B reste par conséquent redevable d'un trop perçu de prime d'activité de 3 283,58 euros pour la période de janvier 2020 à juin 2021.

Sur le droit à l'erreur :

23. Aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. ".

24. Il résulte de l'instruction que l'indu a pour origine une absence de déclaration par Mme B de sa vie maritale avec M. C. Si la requérante invoque le droit à l'erreur, les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont applicables que lorsque l'administration a prononcé une sanction. Or la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a mis à la charge de Mme B l'indu litigieux ne constitue pas une sanction. Par conséquent, le moyen relatif à la méconnaissance du droit à l'erreur doit être écarté.

Sur les retenues :

25. En l'espèce, il n'est pas contesté que la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a reversé à Mme B les retenues pratiquées sur ses prestations pour le remboursement de l'indu de prime d'activité. Par conséquent, le moyen doit être écarté.

Sur la demande de remise gracieuse :

26. Mme B sollicite, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise gracieuse de ses dettes. Toutefois il n'appartient pas au juge administratif de faire acte d'administrateur et d'accorder à la requérante une remise gracieuse sans qu'une telle demande ait été préalablement adressée à l'administration. Au demeurant, l'intention frauduleuse ayant été retenue et n'étant pas utilement contestée, la requérante ne peut demander le bénéfice d'une telle remise. Par conséquent, les conclusions à fin de remise gracieuse doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

27. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie a rejeté le recours préalable de Mme B et confirmé un indu de prime d'activité de 6 752,58 euros est annulée.

Article 2 : Mme B est déchargée de l'obligation de payer la somme de 3 469,44 euros correspondant à la part de l'indu initial de prime d'activité pour la période de janvier 2019 à décembre 2019.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2204449

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