vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2205526 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LEGALMIND |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 avril 2019 et le 25 avril 2020 au greffe du tribunal administratif de Nice et transmis par ordonnance du 18 août 2022 au tribunal administratif de Grenoble et alors enregistrés sous le n° 2205526, Mme F B, représentée par Me Buschiazzo et Me Ibarra, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les éléments mentionnés dans la proposition de rectification ne permettent pas de vérifier les calculs effectués par l'administration fiscale, de sorte que ce document est insuffisamment motivé, ce qui constitue une erreur substantielle au sens de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale a fait, à tort, application des règles de calcul des plus-values professionnelles pour la détermination de la plus-value brute et des règles de calcul des plus-values immobilières des personnes physiques pour la détermination de la plus-value nette, de sorte que le calcul est erroné ;
- l'administration fiscale retient à tort, pour le calcul de la plus-value, les règles applicables aux bénéfices industriels et commerciaux, en méconnaissance de l'article 239 bis AA du code général des impôts, de sorte qu'elle aurait dû tenir compte du prix réel d'acquisition de l'actif immobilier et non de sa valeur nette comptable ;
- elle peut se prévaloir des interprétations administratives de la loi fiscale référencées aux paragraphes n° 210 du BOI-BIC-PVMV-20-40-30 et n° 30 du BOI-RFPI-PVI-10-10.
Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2019, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer à hauteur des sommes dégrevées en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur la requête à hauteur des sommes de 4 219 euros en droit et 557 euros en intérêts de retard, dégrevées en cours d'instance ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère reprend à son compte les écritures du directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Une lettre enregistrée pour Mme B le 2 mai 2023 n'a pas été communiquée.
Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2023 à 8 heures.
II/ Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 avril 2019 et le 25 avril 2020 au greffe du tribunal administratif de Nice et transmis par ordonnance du 18 août 2022 au tribunal administratif de Grenoble et alors enregistrés sous le n° 2205528, Mme D G B, représentée par Me Buschiazzo et Me Ibarra, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les éléments mentionnés dans la proposition de rectification ne permettent pas de vérifier les calculs effectués par l'administration fiscale, de sorte que ce document est insuffisamment motivé, ce qui constitue une erreur substantielle au sens de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale a fait, à tort, application des règles de calcul des plus-values professionnelles pour la détermination de la plus-value brute et des règles de calcul des plus-values immobilières des personnes physiques pour la détermination de la plus-value nette, de sorte que le calcul est erroné ;
- l'administration fiscale retient à tort, pour le calcul de la plus-value, les règles applicables aux bénéfices industriels et commerciaux, en méconnaissance de l'article 239 bis AA du code général des impôts, de sorte que l'administration fiscale aurait dû tenir compte du prix réel d'acquisition de l'actif immobilier et non de sa valeur nette comptable ;
- elle peut se prévaloir des interprétations administratives de la loi fiscale référencées aux paragraphes n° 210 du BOI-BIC-PVMV-20-40-30 et n° 30 du BOI-RFPI-PVI-10-10.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2019, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer à hauteur des sommes dégrevées en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur la requête à hauteur des sommes de 4 219 euros en droit et 557 euros en intérêts de retard, dégrevées en cours d'instance ;
- les moyens soulevés par Mme Aale B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère reprend à son compte les écritures du directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Une lettre enregistrée pour Mme B le 2 mai 2023 n'a pas été communiquée.
Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2023 à 8 heures.
III/ Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 avril 2019 et le 25 avril 2020 au greffe du tribunal administratif de Nice et transmis par ordonnance du 18 août 2022 au tribunal administratif de Grenoble et alors enregistrés sous le n° 2205529, M. C B, représenté par Me Buschiazzo et Me Ibarra, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les éléments mentionnés dans la proposition de rectification ne permettent pas de vérifier les calculs effectués par l'administration fiscale, de sorte que ce document est insuffisamment motivé, ce qui constitue une erreur substantielle au sens de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale a fait, à tort, application des règles de calcul des plus-values professionnelles pour la détermination de la plus-value brute et des règles de calcul des plus-values immobilières des personnes physiques pour la détermination de la plus-value nette, de sorte que le calcul est erroné ;
- l'administration fiscale retient à tort, pour le calcul de la plus-value, les règles applicables aux bénéfices industriels et commerciaux, en méconnaissance de l'article 239 bis AA du code général des impôts, de sorte qu'elle aurait dû tenir compte du prix réel d'acquisition de l'actif immobilier et non de sa valeur nette comptable ;
- il peut se prévaloir des interprétations administratives de la loi fiscale référencées aux paragraphes n° 210 du BOI-BIC-PVMV-20-40-30 et n° 30 du BOI-RFPI-PVI-10-10.
Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2019, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au non-lieu à statuer à hauteur des sommes dégrevées en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur la requête à hauteur des sommes de 8 438 euros en droit et 1 113 euros en intérêts de retard, dégrevées en cours d'instance ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de l'Isère reprend à son compte les écritures du directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Une lettre enregistrée pour M. B le 2 mai 2023 n'a pas été communiquée.
Par une ordonnance du 2 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2023 à 8 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme d'Elbreil, conseillère,
- et les conclusions de Mme Brenner Adanlété, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Whistler Investissements, qui exerce une activité de location meublée de locaux d'habitation, a opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes en application de l'article 239 bis AA du code général des impôts. Elle était détenue par M. C B à hauteur de 50 % du capital et par Mmes D G B et E B à hauteur de 25 % chacune, les trois associés constituant par ailleurs un foyer fiscal unique au cours de l'année 2014. Le 25 août 2014, elle a cédé un chalet situé dans la commune de Tignes (Savoie), en déclarant dans l'acte de vente que la cession n'entrait pas dans le champ d'application des plus-values des particuliers. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, à l'issue de laquelle l'administration fiscale a remis en cause l'exonération de plus-value immobilière sur la vente du chalet. Une proposition de rectification a été adressée en ce sens aux membres du foyer fiscal par une décision du 30 juin 2017. Le supplément d'impôt sur le revenu en résultant s'élève à un total de 149 421 euros. La somme, d'abord mise en recouvrement au nom de la société Whistler Investissements le 15 décembre 2017, a été ensuite mise à la charge des associés, au prorata pour chacun de ses droits dans la société, par des avis de mise en recouvrement émis en application du II de l'article 150 VF du code général des impôts. Les réclamations préalables déposées par les contribuables n'ayant pas reçu de réponse explicite, ils demandent au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2205526, 2205528 et 2205529 concernent le même foyer fiscal, la même année d'imposition et présentent à juger des questions communes. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur la recevabilité des écritures en défense :
3. Les requérants font valoir, dans leur courrier enregistré le 2 mai 2023, que les écritures en défense du directeur départemental des finances publiques de l'Isère seraient irrecevables car non conformes aux dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative. Toutefois, aucun mémoire récapitulatif n'a été sollicité par le tribunal. Le directeur départemental des finances publiques de l'Isère, qui était compétent pour représenter l'Etat devant le tribunal en application du 1° bis du I de l'article 408 de l'annexe II au code général des impôts, a pu valablement se borner pour ce faire à s'approprier les écritures du directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes présentées initialement devant le tribunal administratif de Nice. Dès lors, il n'y a pas lieu d'écarter des débats les écritures en défense produites par l'administration fiscale.
Sur l'étendue du litige :
4. D'une part, aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " () les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. () / Il en est de même, sous les mêmes conditions : / () / 3° Des membres des sociétés à responsabilité limitée qui ont opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes dans les conditions prévues au IV de l'article 3 du décret n° 55-594 du 20 mai 1955 modifié ou dans celles prévues par l'article 239 bis AA ;/ () ". Aux termes de l'article 239 bis AA du code général des impôts : " Les sociétés à responsabilité limitée exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, et formées uniquement entre personnes parentes en ligne directe ou entre frères et sœurs, ainsi que les conjoints et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité défini à l'article 515-1 du code civil, peuvent opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes mentionné à l'article 8. L'option ne peut être exercée qu'avec l'accord de tous les associés. Elle cesse de produire ses effets dès que des personnes autres que celles prévues dans le présent article deviennent associées ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. / () ". Aux termes de l'article 150 VF du même code : " I. - L'impôt sur le revenu correspondant à la plus-value réalisée sur les biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est versé par la personne physique, la société ou le groupement qui cède le bien ou le droit. / () / II. - En cas de cession d'un bien ou d'un droit mentionné aux articles 150 U et 150 UB par une société ou un groupement qui relève des articles 8 à 8 ter, l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value est dû au prorata des droits sociaux détenus par les associés soumis à cet impôt présents à la date de la cession de l'immeuble. L'impôt acquitté par la société ou le groupement est libératoire de l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dû par ces associés. / () ". Aux termes de l'article 150 VG de ce code : " I. - L'impôt sur le revenu afférent à la plus-value réalisée sur les biens mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est versé lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 150 VG. / () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de cession de biens immobiliers ou de droits relatifs à ces biens par une SARL dite " de famille " ayant opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes, les associés de cette société qui sont soumis à l'impôt sur le revenu sont les seuls redevables légaux, à proportion de leurs droits dans la société, de l'impôt sur la plus-value de cession prévu par l'article 150 U du code général des impôts, établi et recouvré dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH du même code. Si les dispositions combinées des articles 150 VF et 150 VH prévoient qu'en cas de cession d'un bien ou droit immobilier par une société ou un groupement soumis au régime fiscal des sociétés de personnes, l'impôt est acquitté par cette société ou ce groupement lors du dépôt de la déclaration prévue à l'article 150 VG et est libératoire de l'impôt sur le revenu afférent à la plus-value dû par les associés soumis à cet impôt, l'administration ne peut, dans le cas où le versement ainsi opéré a été calculé sur une base insuffisante, mettre en recouvrement les compléments d'imposition correspondants qu'au nom des seuls redevables légaux, c'est-à-dire des associés soumis à l'impôt sur le revenu présents à la date de la cession de l'immeuble, sans pouvoir les mettre à la charge de la société de personnes elle-même, qui n'est passible ni de l'impôt sur les sociétés, ni de l'impôt sur le revenu à raison de cette plus-value.
7. En l'espèce, il est constant que la SARL Whistler Investissements a exercé l'option prévue par les dispositions de l'article 239 bis AA du code général des impôts, ses associés constituant en outre au titre de l'année 2014 un foyer fiscal unique comme il a été dit au point 1. Dès lors, les associés de cette société sont les seuls redevables légaux des impositions supplémentaires dues au titre de l'impôt sur le revenu.
8. Il suit de là que, si l'administration fiscale admet en défense une erreur de calcul dans le montant de la plus-value imposable et produit un avis de dégrèvement partiel du 9 septembre 2019 établi au nom de la SARL Whistler Investissements, il ne résulte pas de l'instruction qu'une décision de dégrèvement ait été prise au bénéfice des associés, seuls redevables de l'impôt ainsi qu'il vient d'être énoncé. Par suite, les conclusions aux fins de non-lieu de l'administration fiscale ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la motivation de la proposition de rectification :
9. Aux termes, d'une part, de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. () ". Il résulte de ces dispositions que pour être régulière une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition, de la base d'imposition et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En outre, aux termes de l'article L. 80 CA de ce même livre : " La juridiction saisie peut, lorsqu'une erreur non substantielle a été commise dans la procédure d'imposition, prononcer, sur ce seul motif, la décharge des majorations et amendes, à l'exclusion des droits dus en principal et des intérêts de retard. / Elle prononce la décharge de l'ensemble lorsque l'erreur a eu pour effet de porter atteinte aux droits de la défense ou lorsqu'elle est de celles pour lesquelles la nullité est expressément prévue par la loi ou par les engagements internationaux conclus par la France ".
10. Aux termes, d'autre part, de l'article 155 du code général des impôts, dans sa version applicable au présent litige : " IV.-1. Sous réserve du 2, l'exercice à titre professionnel implique la participation personnelle, directe et continue à l'accomplissement des actes nécessaires à l'activité. / 2. L'activité de location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés est exercée à titre professionnel lorsque les trois conditions suivantes sont réunies : / 1° Un membre du foyer fiscal au moins est inscrit au registre du commerce et des sociétés en qualité de loueur professionnel ; / 2° Les recettes annuelles retirées de cette activité par l'ensemble des membres du foyer fiscal excèdent 23 000 € ; / 3° Ces recettes excèdent les revenus du foyer fiscal soumis à l'impôt sur le revenu dans les catégories des traitements et salaires au sens de l'article 79, des bénéfices industriels et commerciaux autres que ceux tirés de l'activité de location meublée, des bénéfices agricoles, des bénéfices non commerciaux et des revenus des gérants et associés mentionnés à l'article 62. / () ".
11. La proposition de rectification du 30 juin 2017 adressée aux consorts B précise, en ce qui concerne les motifs de l'imposition, et pour l'application des critères d'identification de l'exercice d'une activité à titre professionnelle prévus par l'article 155 du code général des impôts, que la SARL Whistler Investissements est inscrite au registre du commerce et des sociétés, que les recettes annuelles de l'ensemble des locations sont supérieures à la somme de 23 000 euros, et que ces recettes " totalisent 75 000 euros hors TVA / (recettes issues de diverses entreprises de location détenues par le foyer fiscal B/G) ". Ces éléments permettent d'identifier les différents critères précités prévus à l'article 155 du code général des impôts. En ce qui concerne le montant de 75 000 euros, il est précisé qu'il correspond à l'ensemble des recettes annuelles retirées de l'activité. Ainsi, cette motivation permet d'apprécier si les recettes permettent de remplir la condition tenant à la prépondérance de l'activité de location, étant précisé qu'il est mentionné qu'il s'agit du montant annuel et l'administration fiscale reconnaît simplement en défense avoir commis une erreur de plume dans ce montant, s'élevant en réalité à 56 425 euros. Par suite, la motivation a permis aux requérants, membres du même foyer fiscal, de présenter utilement leurs observations. Dès lors que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté, il n'y a pas lieu, par voie de conséquence, de faire application des dispositions de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
12. Aux termes de l'article 150 V du code général des impôts : " La plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant ". Aux termes de l'article 150 VB de ce code : " I. - Le prix d'acquisition est le prix effectivement acquitté par le cédant, tel qu'il est stipulé dans l'acte, étant précisé que ce prix s'entend de l'existant et des travaux dans le cas d'une acquisition réalisée selon le régime juridique de la vente d'immeuble à rénover. () / II. - Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : / () / 3° Des frais afférents à l'acquisition à titre onéreux définis par décret, que le cédant peut fixer forfaitairement à 7, 5 % du prix d'acquisition dans le cas des immeubles () ; / 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. Lorsque le contribuable, qui cède un immeuble bâti plus de cinq ans après son acquisition, n'est pas en état d'apporter la justification de ces dépenses, une majoration égale à 15 % du prix d'acquisition est pratiquée. () ".
13. En premier lieu, les requérants ne contestent pas l'assujettissement à l'impôt sur le revenu de la plus-value immobilière réalisée, mais font valoir qu'ils relèvent des règles d'imposition des plus-values immobilières des particuliers prévues par les dispositions des articles 150 V à 150 VH du code général des impôts. Ils soutiennent que l'administration fiscale a, à tort, appliqué à la plus-value brute le régime d'imposition des plus-values professionnelles et à la plus-value nette celui des particuliers. En défense, l'administration admet cette erreur. Dans ces circonstances, les requérants sont fondés à demander la décharge des impositions supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis, à concurrence du montant résultant de l'application du régime des plus-values des particuliers.
14. En deuxième lieu, les requérants font valoir que le prix d'acquisition de 859 060 euros doit être majoré d'une somme de 64 430 euros, et d'une somme de 128 859 euros. Toutefois, et si ces sommes correspondent aux frais forfaitaires d'acquisition du bien au taux de 7,5 % prévu par le 3° du II de l'article 150 VB du code général des impôts, et aux frais forfaitaires de travaux sur le bien au taux de 15 % prévu par le 4° du II du même article, ils ne se prévalent aucunement de l'engagement de tels frais d'acquisition ou de travaux, en se bornant à appliquer ces taux sans autre précision et ne produisent aucun élément à l'appui de leurs écritures permettant d'établir qu'ils auraient engagé des frais déductibles dans les conditions fixées par les dispositions précitées. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
15. En troisième lieu, à supposer que les requérants aient entendu se prévaloir des interprétations administratives de la loi fiscale référencées aux paragraphes n° 210 du BOI-BIC-PVMV-20-40-30 et n° 30 du BOI-RFPI-PVI-10-10 sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, ces éléments ne font pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle qui résulte du présent jugement.
16. Il résulte de ce qui précède que les consorts B sont fondés à demander uniquement la décharge des impositions résultant de l'application, à tort, du régime des plus-values professionnelles au lieu du régime des plus-values des particuliers.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les consorts B sont déchargés des impositions supplémentaires mises à leur charge au titre de l'année 2014, à concurrence du montant résultant de la substitution du régime des plus-values des particuliers au régime des plus-values des professionnels.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme E B, à Mme D G B et au directeur départemental des finances publiques de l'Isère.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 5 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'Hôte, président,
M. Heintz, premier conseiller,
Mme d'Elbreil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
La rapporteure,
M. D'ELBREIL
Le président,
V. L'HÔTE La greffière,
L. ROUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2205526, 2205528, 2205529
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026