jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2206329 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ASTERIO - CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 septembre et 28 octobre 2022, Mme B C, représentée par Me Gerbi, demande au juge des référés :
1°) de condamner le CHU de Grenoble à lui payer à titre de provision une somme de 297 997 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable et capitalisation ;
2°) de condamner le CHU de Grenoble à payer la rémunération de l'expert désigné par le tribunal, soit 1 764 euros ;
3°) de mettre à la charge du CHU de Grenoble une somme de 2 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'un traumatisme facial en service ;
- le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, peut prétendre obtenir de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ses chefs de préjudice autres que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle ;
- elle a demandé à son employeur le CHU de Grenoble à en être indemnisée ;
- par lettre en date du 12 février 2022, le CHU lui a proposé une " indemnisation de l'intégralité de ses préjudices, consécutifs à son accident du travail en date du 20 juillet 2016, à hauteur de 22 988 euros. Le surplus des demandes est rejeté " ;
- l'expert désigné par le tribunal a conclu à un déficit fonctionnel temporaire partiel 35 % du 20 juillet 2016 au 13 novembre 2016, 25% du 14 novembre 2016 au 30 septembre 2017, et 25% du 1er octobre 2017 au 19 octobre 2019 ; soit, en l'occurrence, une provision de : (117 x 10,15) + (321 x 7,25) + (749 x 7,25) = 1 187,55 + 2 327,25 + 5 430,25 = 8 945 euros ;
- les souffrances endurées sur le plan stomatologique et celles endurées sur le plan traumatologique et rhumatologique justifient une indemnité de 26 000 euros ;
- son préjudice esthétique justifie une indemnisation à hauteur de 1 500 euros ;
- les honoraires du médecin qui l'a accompagnée à l'expertise doivent être indemnisés pour un montant de 1 200 euros ;
- elle présente un déficit fonctionnel permanent de 5 % sur le plan stomatologique, dont les séquelles correspondantes sont consolidées au 22 septembre 2016 et un déficit fonctionnel permanent de 30 % sur le plan traumatologique et rhumatologique, dont les séquelles correspondantes sont consolidées au 19 octobre 2019, qui justifient une indemnité de 73 600 euros ;
- faute de pouvoir porter un sac à dos, elle ne peut plus profiter de ses loisirs en montagne ce qui justifie une indemnité de 12 000 euros ;
- elle souffre d'un préjudice sexuel qui doit être indemnisé par une somme de 3 000 euros ;
- elle a besoin de l'aide d'une tierce personne à hauteur de 16 heures par mois, ce qui, avec les arrérages depuis le 19 octobre 2019, justifie une indemnité de 141 010 euros ;
- les aides techniques qui lui sont nécessaires représentent un coût de 30 742 euros ;
- il y a lieu de mettre la rémunération du docteur G, taxée par ordonnance du 17 août 2021 à la somme de 1 764 euros à la charge du CHU de Grenoble ;
- l'indemnité demandée peut être majorée en cours d'instance : elle est donc recevable à demander une somme de 2 619 euros pour le maniement du store banne de son habitation.
Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2022, le centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes, représenté par Me Bracq, conclut à ce que :
1°) la demande de prise en charge de la motorisation du store banne de l'habitation de Mme C est irrecevable ;
2°) il n'y a plus lieu à statuer sur la demande formulée à hauteur de la somme de 22 988 euros qu'elle a proposée à titre d'indemnisation à la requérante ;
3°) la demande d'intérêts légaux doit être rejetée compte tenu de l'obstruction de la requérante ;
4°) enjoindre à Mme C de produire ses coordonnées bancaires et les documents demandés pour la prise en charge des frais d'expertise ;
5°) les dépens doivent être mis à la charge de Mme C ;
6°) il y a lieu de mettre à la charge de Mme C une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- Mme C avait été victime d'un premier accident de service le 14 mai 1992 (cervicalgie suite à manutention d'un patient) ; cet accident a été consolidé le 14 février 1994 avec un IPP fixé à 25 % ;
- elle a également été victime d'un second accident de service le 20 juillet 2016 (traumatisme facial et nasal après choc avec un accompagnant de patient) ;
- les avis médicaux divergent sur les conséquences de cet accident, ;
- le Dr E H fixe la consolidation sur le plan maxilo-facial au 5 septembre 2018 avec une IPP de 5%, sans antériorité et sans soins post consolidation ;
- le Dr A F fixe la consolidation sur le plan rachi-cervical au 22 juin 2018, avec une IPP de 30 % (dont une antériorité de 25 % en relation avec l'accident du 14 mai 1992), et avec soins post-consolidation pendant 6 mois ;
- à l'occasion d'une expertise en date du 18 mars 2020, le Dr D a remis en cause les taux retenus par le Dr F : selon ses conclusions, " L'appréciation de ces séquelles, afin de ne pas pénaliser la patiente ni revenir de façon importante sur ce qui a été accordé, est la suivante : cervicalgie invalidantes prises en compte par un taux d'IPP de 8% (barème PCMI Chapitre XIII.II.2) et irradiations douloureuses scapulaires intitulées névralgies cervicobrachiales sans déficit neurologique objectif dominantes à gauche prises en compte à droite par un taux réduit à 4% et à gauche par un taux de 6% " ;
- un expert a été désigné par le tribunal ;
- après dépôt du rapport de l'expert, le centre hospitalier universitaire a proposé à Mme C une indemnisation de ses préjudices consécutifs à l'accident en date du 20 juillet 2016, à hauteur de 22 988 euros et a rejeté le surplus des demandes de l'agent ; il était demandé à Mme C de transmettre ses coordonnées bancaires pour que cette somme puisse être mise en paiement ; elle n'a jamais répondu à cette demande, ni transmis ses coordonnées bancaires ;
- il avait proposé à Mme C au titre du déficit fonctionnel temporaire une somme de 3 076 euros, au titre des souffrances endurées 5 898 euros, au titre du préjudice esthétique 800 euros, au titre du déficit fonctionnel permanent 10 950 euros, au titre du préjudice sexuel 500 euros, et a accepté le remboursement des frais de l'expert sous réserve qu'il soit justifié de leur paiement ;
- Mme C n'a pas lié le contentieux sur un supplément d'indemnité à hauteur de 2 619 euros ;
- les indemnités demandées par Mme C sont excessives et ses propositions étaient satisfactoires ;
- le préjudice afférent à l'accident antérieur, dont les séquelles avaient été évaluées à 25% d'IPP n'est pas indemnisable à l'occasion du dernier accident ; toute demande indemnitaire pour le précédent accident est prescrite ;
- l'expert a estimé que les activités en montagne seraient restreintes mais pas impossibles ; les activités antérieures ne sont pas justifiées ;
- le préjudice sexuel invoqué n'est pas en lien avec l'accident ;
- l'expert n'a pas retenu l'assistance par une tierce personne.
Vu les autres pièces du dossier.
Par ordonnance du 24 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2022.
Le président du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, née en 1961, était infirmière au centre hospitalier universitaire de Grenoble Alpes, en fonction sur un poste adapté. Elle avait été victime le 4 mai 1992 d'un accident en service, lui laissant des séquelles au rachis cervical et un taux d'IPP de 25%. Le 20 juillet 2016, elle a été victime en service d'un traumatisme cervical et hémifacial. Un expert a été désigné par le tribunal et il a rendu son rapport le 21 mai 2021. A la suite de ce rapport et de la réception d'une réclamation préalable de Mme C, le CHU de Grenoble Alpes a proposé à cette dernière une indemnisation à hauteur de 22 988 euros. Mme C n'a pas répondu au centre hospitalier, mais estimant son préjudice à 297 997 euros, elle demande au juge des référés de condamner le CHU de Grenoble Alpes à lui verser une indemnité provisionnelle de ce montant. Le centre hospitalier estimant que la proposition d'indemnisation qu'il a adressée à Mme C réparait son préjudice conclut qu'il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions indemnitaires à hauteur de 22 988 euros.
Sur la provision :
2. Aux termes, d'une part, de l'article R. 541-1 du code justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
3. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité, déterminent forfaitairement la réparation des pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par l'accident de service, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.
4. Il résulte du rapport de l'expert que les lésions initiales non déplacées du nez et des structures adjacentes n'ont pas nécessité d'acte chirurgical sur Mme C. La symptomatologie stomatologiste initiale s'est stabilisée d'elle-même. L'expert a retenu une consolidation le 22 septembre 2016 avec un taux d'IPP de 5%, pour une hypoesthésie sous-orbitaire une discrète déviation nasale et une obstruction nasale partielle. L'entorse cervicale initiale a entraîné une dégradation des cervicales focalisée C4-C7. La consolidation était acquise au 19 octobre 2019.
En ce qui concerne le préjudice fonctionnel temporaire :
5. L'expert désigné par le tribunal a conclu à un déficit fonctionnel temporaire partiel 35 % du 20 juillet 2016 au 13 novembre 2016, 25% du 14 novembre 2016 au 30 septembre 2017, et 25% du 1er octobre 2017 au 19 octobre 2019. Mme C demande une indemnité de 8 945 euros, sur la base d'un taux journalier de 29 euros pour un déficit fonctionnel temporaire total. Sur la base du référentiel de l'ONIAM, et un taux journalier de 10 euros pour un DFT total, le CHU de Grenoble Alpes propose une somme de 3 076 euros. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme C en retenant un montant provisionnel de 5 000 euros.
En ce qui concerne les souffrances endurées :
6. Selon l'expert, le pretium doloris, chiffré 3/7, est modéré. Mais l'expert évoque aussi un préjudice psychologique ayant justifié un accompagnement par le centre anti-douleur. Il en sera fait une juste appréciation par une indemnisation provisionnelle à hauteur de 6 000 euros.
En ce qui concerne le préjudice esthétique temporaire :
7. L'expert a admis un préjudice esthétique de 1/7 jusqu'au 19 octobre 2019, lié au port d'un collier cervical à visée antalgique, d'une attitude d'évitement de la douleur et du traumatisme faciale. L'indemnisation à hauteur de 800 euros proposée par le CHU de Grenoble Alpes sera retenue.
En ce qui concerne le déficit fonctionnel permanent :
8. L'expert retient un taux de 5% pour les séquelles faciales. Pour les douleurs cervico-brachiales prédominantes à droite, intempestives certains jours, mais sans déficit neurologique objectif, parfois bilatéral, il retient un taux de 30%. Le CHU de Grenoble Alpes, rappelant que Mme C présentait une IPP évaluée à 25%, affectant déjà l'étage C5-C6 à la suite de l'accident du travail de 1992 retient un déficit fonctionnel permanent de 5% au titre de l'accident de 2016. Il se prévaut d'une précédente expertise réalisée le 22 juin 2018 par le Dr F qui retenait une IPP totale de 30 % pour la névralgie bilatérale dont 25% préexistant suite à l'accident de 1992, précisant " Le présent accident ajoute donc 5 % à l'invalidité préexistante ". Au surplus l'expert désigné par le tribunal souligne qu'en avril 2016, soit peu avant l'accident imputable au service, Mme C avait été en arrêt de travail en raison d'une exacerbation avec " blocage sévère du rachis cervical et névralgie cervico-brachiale bilatérale ". Des soins lui avaient été prescrits jusque fin mai 2016. Mme C présente aussi une capsulite rétractile de l'épaule gauche et des douleurs lombaires, qui ne trouvent pas leur origine dans l'accident. En l'absence de déficit neurologique objectif, et alors que Mme C suivait régulièrement jusqu'en 2016 des cures thermales pour la prise en charge des douleurs séquellaires du précédent accident, le taux de 30% pour les suites du seul accident du 20 juillet 2016, n'est pas non sérieusement contestable. Seul un taux de 5% apparaît non sérieusement contestable. Compte tenu du taux de 5% également admis pour les séquelles faciales, il y a lieu de retenir une indemnité provisionnelle de 11 000 euros.
En ce qui concerne le préjudice d'agrément :
9. Mme C se borne à citer l'expert selon lequel " Il convient de prendre en considération les modifications dans la vie privée de cette femme, dont les loisirs orientés sur les activités de montagne sont devenus restreints, notamment pour porter un sac à dos ". Toutefois Mme C présentait déjà depuis son précédent accident des douleurs cervicales, justifiant d'ailleurs des cures thermales, outre d'autres difficultés musculo-squelettiques (capsulite gauche et douleurs lombaires). Elle n'établit pas qu'elle pratiquait fréquemment la randonnée en montagne, avec port du sac-à-dos. Dans ces conditions un préjudice d'agrément lié au second accident de service n'est pas établi.
En ce qui concerne le préjudice sexuel :
10. L'expert mentionne dans son rapport : " il tient à la fois d'une appréhension dans la pratique et d'une baisse de la libido physiologique chez une femme née en 1961 ". " L'appréhension dans la pratique " n'est pas présentée comme une suite de l'accident. Aucun préjudice sexuel n'apparait en lien avec l'accident du 20 juillet 2016.
En ce qui concerne l'aide d'une tierce personne et les aides techniques :
11. L'expert n'a pas retenu la nécessité de telles aides, comme suites immédiates de l'accident du 20 juillet 2016. Les demandes présentées par Mme C à ce titre ne sont pas non sérieusement contestables, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la demande de financement de la motorisation d'un store banne.
En ce qui concerne l'assistance d'un médecin lors de l'expertise :
12. Il ne résulte pas de l'instruction que la présence d'un médecin assistant Mme C à l'expertise aurait été inutile. Le CHU de Grenoble Alpes versera donc à Mme C la somme provisionnelle de 1 200 euros correspondant aux honoraires de ce médecin.
En ce qui concerne les frais d'expertise :
13. S'il n'appartient au juge des référés de se prononcer sur les dépens, rien ne fait obstacle à ce qu'il mette une provision à la charge de la partie perdante couvrant ces dépenses. En l'espèce, d'ailleurs, le CHU de Grenoble Alpes avait donné son accord pour indemniser Mme C des honoraires payés à l'expert, soit 1 764 euros, mais cette dernière a seulement apporté la preuve du paiement des dépens dans le cadre de la présente instance et sur demande expresse du juge des référés.
14. Il résulte de ce qui précède que la créance de Mme C à l'encontre du CHU de Grenoble Alpes apparait non sérieusement contestable dans la limite de 25 764 euros, tous intérêts compris au jour du jugement.
Sur les frais du litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, à verser au CHU de Grenoble Alpes. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du CHU de Grenoble Alpes une somme à verser à Mme C sur ce même fondement.
ORDONNE :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Grenoble Alpes versera à Mme C une somme de 25 764 euros, tous intérêts compris au jour du jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au centre hospitalier universitaire de Grenoble Alpes.
Fait à Grenoble, le 24 novembre 2022.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026