LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2206994

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2206994

mardi 16 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2206994
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL TREQUATTRINI ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 26 octobre 2022 et 10 février et 31 mars 2023, le centre intercommunal d'action sociale (CIAS) du Grand Annecy, représenté par Me Trequattrini, demande au juge des référés :

1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la société Amlin Insurance SE à lui payer la somme provisionnelle de 322 784,08 euros au titre du coût estimé des travaux réparatoires des infiltrations affectant l'étanchéité du bâtiment constituant l'EHPAD La Prairie à valoir sur le coût définitif des travaux, et la somme provisionnelle de 534 333,24 euros à valoir sur le préjudice immatériel ;

2°) de mettre à sa charge une somme de 5 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- dans le cadre des travaux de réfection de l'étanchéité des toitures terrasses de l'EHPAD La Prairie, il a conclu, le 19 décembre 2017, auprès de la Société Amlin Insurance SE, représentée par son mandant, la société Assurances Pilliot, un contrat dommages-ouvrage garantissant les dommages à l'ouvrage mais également aux éléments d'équipement, ceux qualifiés d'immatériels et ceux subis par les existants ;

- le 30 septembre 2020, il a adressé une déclaration de sinistre à la société Assurance Pilliot au titre des infiltrations d'eau constatées au sein de cet EHPAD et plus précisément au 4ème étage ainsi qu'à travers une chambre du 3ème étage, provoquant l'effondrement d'une partie du faux plafond en plaques de plâtre ;

- moins de 15 jours après la déclaration, un effondrement supplémentaire d'une partie des faux plafonds dans le couloir de circulation du 4ème étage a été constaté, avec un décollement du revêtement mural et une forte présence de moisissures de sorte que, pour la sécurité du personnel, le confort et la qualité d'accueil des résidents, l'ensemble des personnes accueillies au 4ème étage a déménagé ;

- un rapport d'expertise dommages-ouvrage, préliminaire, en date du 12 novembre 2020 a procédé aux différentes constatations d'infiltrations sans pouvoir véritablement déterminer les causes du sinistre ;

- le 27 septembre 2021 la société Assurance Pilliot lui a adressé le rapport d'expertise définitif dommages-ouvrage portant la date du 14 juin 2021 annonçant : " au vu des investigations complémentaires l'entreprise APC ETANCH' s'est engagée à intervenir à titre gracieux et volontaire, un classement du dossier sans suite " ;

- par courrier en date du 22 avril 2022, soit dix-neuf mois après la réclamation, la société Assurance Pilliot lui a adressé un rapport complémentaire dommages-ouvrage en indiquant que la garantie du contrat n'était pas acquise, consécutivement à une extension des dommages ;

- l'ensemble des devis relatifs à la réparation du sinistre a été communiqué à la société Assurances Pilliot, laquelle a été, en sa qualité de mandataire de la société Amlin Insurance SE, mise en demeure sous huitaine de prendre en charge les travaux et les pertes d'exploitations, formalité réitérée par courrier en date du 6 octobre 2022 ;

- en vertu des dispositions de l'article L. 242-1 du code des assurances, alinéa 3, l'assureur a un délai maximal de 60 jours, courant à compter de la réception de la déclaration du sinistre, pour notifier à l'assuré sa décision quant au principe de la mise en jeu des garanties prévues au contrat ; l'alinéa 5 énonce qu'à défaut de respect de ce délai, l'assuré peut, après l'avoir notifié à l'assureur, engager les dépenses nécessaires à la réparation des dommages ; l'indemnité versée par l'assureur est alors majorée de plein droit d'un intérêt égal au double du taux de l'intérêt légal ;

- compte tenu de la réception, le 8 octobre 2021 de la déclaration de sinistre, la société Amlin Insurance SE ou son mandataire aurait dû lui notifier avant le 9 décembre 2020 sa décision quant au principe de la mise en jeu des garanties prévues au contrat ; or ce n'est qu'environ douze mois après, voire dix-neuf mois, que le mandataire de la compagnie d'assurances lui a notifié la non-acquisition des garanties du contrat ;

- le courrier en date du 13 novembre 2020 de l'assureur ne constituait pas une prise de décision définitive quant à la mise en jeu des garanties prévues au contrat ;

- il n'a jamais reçu le courrier de l'assureur en date du 13 novembre 2020 ;

- la prise de décision date seulement du 27 septembre 2021, soit 12 mois après la déclaration du sinistre ;

- la garantie lui est donc automatiquement acquise ;

- sa créance est non sérieusement contestable ;

- les dépenses correspondantes et nécessaires à la réparation des dommages déclarés peuvent être engagées, assorties d'un intérêt calculé au double de l'intérêt du taux légal à compter de la mise en demeure portant la date du 31 mai 2022 ;

- l'assureur est réputé déchu du droit d'invoquer des motifs de non-garantie et notamment le caractère décennal ou apparent des dommages, le plafond contractuel des garanties, la nature des désordres ;

- il ressort du DPGF du " lot n°1 " que les travaux d'étanchéité représentaient une surface globale de 1 315,27 m², or, la reprise des désordres, par la société ATTILA couvre une surface de 1 200 m² ;

- selon le devis de la société ATTILA, relatif à la réfection de l'ensemble de la toiture, ces travaux sont nécessaires pour mettre fin de manière pérenne aux désordres occasionnés par les infiltrations d'eau à la suite des travaux d'étanchéité ;

- l'opération de réfection de la toiture exige la dépose et la repose de la centrale photovoltaïque ;

- le coût des travaux nécessaires se monte à 322 784,08 euros TTC ;

- les pertes de recettes, arrêtées au mois de décembre 2022 atteignent la somme de 534 333,24 euros ;

- l'assureur est déchu de son droit à opposer le plafond de garantie, faute d'avoir respecté les délais de prise de décision ;

- il ne relève pas de l'office du juge des référés de statuer sur les appels en garanties ;

- la désignation d'un expert ne relève pas du juge des référés provision.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 novembre 2022 et 1er mars et 5 avril 2023, la société MS Amlin Insurance SE (AISE), représentée par Me Houle, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que la provision soit limitée au coût des réparations du dommage n°1, et que la société APC Etanch' et son assureur QBE Insurance, soient condamnés à la garantir de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre, encore plus subsidiairement à ce qu'un expert soit désigné pour décrire les désordres, apprécier les solutions à mettre en œuvre et déterminer les imputabilités.

Elle soutient que :

- dans son courrier du 13 novembre 2020, la société d'Assurances Pilliot a informé expressément le CIAS de son refus de garantir les dommages déclarés ;

Le CIAS du Grand Annecy a nécessairement reçu ce courrier, qui lui transmettait le rapport en date du 12 novembre 2020 de l'expert ;

- ainsi et conformément au courrier du 13 novembre 2020, en l'absence de production du procès-verbal de réception et des courriers de mise en demeure transmis à la société APC Etanch', les garanties du contrat ne peuvent pas trouver application, excluant l'obligation d'indemnisation de la société Amlin Insurance ;

- les sanctions légales relatives au non-respect des obligations de l'assureur dommages ouvrage ne sauraient s'appliquer compte tenu de la position de non garantie prise dès le 13 novembre 2020 par l'assureur dommages ouvrage ;

- l'existence de l'obligation est donc sérieusement contestable ;

- la position de non garantie a été prise de façon motivée dans le délai de 60 jours pour les 2 dommages : toutefois, pour le dommage n°1, l'instruction pouvait reprendre si le bénéficiaire communiquait les éléments justificatifs demandés, ce qu'il a fait le 4 février 2021 en envoyant les documents demandés le 26 janvier 2021 à l'expert Saretec ;

- une réunion d'expertise amiable était finalement organisée le 13 avril 2021 pour la réalisation des investigations ;

- s'agissant des dommages n°2, n°3 et n°4 déclarés à l'assureur dommages-ouvrage, leurs causes sont situées dans des ouvrages en dehors du champ d'application du contrat ;

- les causes du dommage n°2 " infiltrations dans la chambre 301 et le restaurant du 4e étage " proviennent d'infiltrations sans lien avec les travaux de réfection de la couverture de 2018 s'agissant d'une fissuration en façade et d'une zone de la couverture non reprise ;

- de ce fait, la société Amlin ne doit pas sa garantie pour les dommages n°2, n°3 et n°4 dont les causes sont extérieures aux travaux couverts par l'assurance dommages-ouvrage souscrite par le CIAS lors des travaux de rénovation de l'étanchéité en 2018 ;

- aucune notification préalable de l'engagement des travaux n'a été adressée à l'assureur dommages-ouvrage de sorte que le CIAS ne saurait être autorisé à engager les dépenses nécessaires aux travaux ; les courriers de mise en demeure du CIAS datés des 31 mai et 7 octobre 2022 ne constituent que des demandes de prise en charge ;

- les devis sont contestables en l'absence d'avis technique ;

- les dommages mobiliers ne sont pas inclus dans la garantie ;

- les pertes de recettes ne sont pas justifiées ;

- le plafond de la garantie des dommages immatériels est de 73 057 euros ;

- le doublement des intérêts légaux n'est pas applicable ;

- l'entreprise APC Etanch' a reconnu sa responsabilité ;

- elle a été convoquée aux réunions d'expertise et était représentée aux réunions des 13 avril 2021 et 18 janvier 2022 ;

- une expertise serait utile.

Par mémoire enregistré le 15 mars 2023, la SAS APC Etanch', la QBE INSURANCE EUROPE LIMITED, et la compagnie d'assurances QBE EUROPE SA/NV, représentées par Me Lebrasseur, concluent :

1°) au rejet des conclusions de la société MS Amlin Insurance SE les mettant en cause ;

2°) que la société POLO Etanchéité et son assureur AXA soient condamnés à relever et garantir la société APC Etanch', les compagnies QBE EUROPE SA N/V et QBE INSURANCE EUROPE LIMITED de toute condamnation qui pourrait être prononcée contre elles ;

3°) qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de tout succombant à verser à la société APC Etanch' et à la compagnie d'assurance QBE EUROPE SA N/V, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- toutes les activités et engagements de la succursale en France de QBE INSURANCE EUROPE LIMITED ont été transférés à la succursale en France de QBE EUROPE, qui a débuté ses activités le 1er janvier 2019 ;

- QBE EUROPE SA/NV intervient volontairement à la présente procédure en lieu et place de QBE INSURANCE EUROPE LIMITED, qui demande sa mise hors de cause ;

- les seuls éléments de preuve produits à leur encontre sont des rapports d'expertise amiable réalisés pour le compte de la compagnie Amlin de sorte que l'existence d'une obligation à leur charge est très sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;

- pour une partie des travaux en cause, la société APC Etanch'a fait appel à un sous-traitant, la société POLO Etanchéité, assurée par la compagnie AXA ;

- le cabinet d'expertise SARETEC exclut tout lien entre les travaux d'étanchéité réalisés en 2018 et les différentes problématiques d'infiltrations qui ont été identifiées par le maître d'ouvrage ;

- elles contestent leur mise en cause ;

- si les demandes de garantie et/ou de désignation d'un expert judiciaire de la compagnie Amlin devait prospérer, elles entendent voire la procédure étendue à la société POLO Etanchéité et son assureur, la compagnie AXA, qui doivent les garantir.

Par ordonnance du 16 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Le président du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- le code des assurances ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le centre intercommunal d'action sociale (CIAS) du Grand Annecy a commandé la réfection de l'étanchéité des toitures terrasses de l'EHPAD La Prairie à Annecy. Le lot n°1 étanchéité a été attribué à la société APC Etanch'. Le CIAS a souscrit le 19 décembre 2017 auprès de la société Amlin Insurance SE, par l'intermédiaire du Cabinet Pilliot, un contrat dommages-ouvrage, portant sur l'opération définie comme étant la " Réfection de l'étanchéité des toitures terrasses de l'EHPAD La Prairie ". Le 30 septembre 2020, le CIAS a établi une déclaration de sinistre à la suite d'infiltrations dans le bâtiment. N'obtenant pas de son assureur qu'il préfinance les réparations, le CIAS du Grand Annecy demande au juge des référés de condamner la société Amlin Insurance SE à lui payer la somme provisionnelle de 322 784,08 euros représentant le coût estimé des travaux réparatoires des infiltrations affectant l'étanchéité du bâtiment constituant l'EHPAD La Prairie, à valoir sur le coût définitif des travaux et la somme provisionnelle de 534 333,24 euros à valoir sur son préjudice immatériel.

Sur la provision :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des assurances en vigueur à la date de souscription du contrat en cause dans le présent litige : " Toute personne physique ou morale qui, agissant en qualité de propriétaire de l'ouvrage, de vendeur ou de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, fait réaliser des travaux de construction, doit souscrire avant l'ouverture du chantier, pour son compte ou pour celui des propriétaires successifs, une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs au sens de l'article 1792-1, les fabricants et importateurs ou le contrôleur technique sur le fondement de l'article 1792 du code civil. / Toutefois, l'obligation prévue au premier alinéa ci-dessus ne s'applique ni aux personnes morales de droit public, ni aux personnes morales assurant la maîtrise d'ouvrage dans le cadre d'un contrat de partenariat conclu en application de l'article 1er de l'ordonnance n° 2004-559 du 17 juin 2004 sur les contrats de partenariat, ni aux personnes morales exerçant une activité dont l'importance dépasse les seuils mentionnés au dernier alinéa de l'article L. 111-6, lorsque ces personnes font réaliser pour leur compte des travaux de construction pour un usage autre que l'habitation. / L'assureur a un délai maximal de soixante jours, courant à compter de la réception de la déclaration du sinistre, pour notifier à l'assuré sa décision quant au principe de la mise en jeu des garanties prévues au contrat. / Lorsqu'il accepte la mise en jeu des garanties prévues au contrat, l'assureur présente, dans un délai maximal de quatre-vingt-dix jours, courant à compter de la réception de la déclaration du sinistre, une offre d'indemnité, revêtant le cas échéant un caractère provisionnel et destinée au paiement des travaux de réparation des dommages. En cas d'acceptation, par l'assuré, de l'offre qui lui a été faite, le règlement de l'indemnité par l'assureur intervient dans un délai de quinze jours. / Lorsque l'assureur ne respecte pas l'un des délais prévus aux deux alinéas ci-dessus ou propose une offre d'indemnité manifestement insuffisante, l'assuré peut, après l'avoir notifié à l'assureur, engager les dépenses nécessaires à la réparation des dommages. L'indemnité versée par l'assureur est alors majorée de plein droit d'un intérêt égal au double du taux de l'intérêt légal. () ". Les dispositions précitées instituent une procédure spécifique de préfinancement des travaux de réparation des désordres couverts par la garantie décennale avant toute recherche de responsabilité. L'assurance dommages-ouvrage garantit notamment le paiement intégral des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs de l'article 1792-1 du code civil.

En ce qui concerne l'acquisition de la garantie :

4. Il résulte de l'instruction que le CIAS du Grand Annecy a déclaré le 30 septembre 2020 à la société Pilliot le sinistre intervenu à l'EHPAD La Prairie, consistant en des infiltrations le long des murs de la cage d'escalier au 4ème étage, autour du lanterneau de désenfumage de la cage d'escalier au 4ème étage, dans le couloir de circulation du 4ème étage, dans la salle de restaurant en deux endroits au 4ème étage et dans la chambre 310 au 3ème étage.

5. La société Amlin Insurance SE soutient que le cabinet Pilliot a adressé le 13 novembre 2020 au CIAS une lettre informant ce dernier de son refus de garantir les dommages déclarés, à laquelle était joint le rapport préliminaire du cabinet Saretec. Toutefois, si le CIAS invoque, dès sa requête le rapport du cabinet SARTEC, il conteste la réception de la lettre du 13 novembre 2020. La société d'assurance n'établit pas la réception par le CIAS de la lettre du 13 novembre 2020 du cabinet Pilliot, en se bornant à faire valoir que le rapport du cabinet Saretec était joint à ladite lettre. Or si le rapport de ce cabinet renvoyait au courrier de notification pour connaître la position de l'assureur et si le CIAS n'explique pas par quelle voie ce document lui est parvenu, la société Amlin Insurance SE ne produit pas l'accusé de réception du courrier du 13 novembre 2020, en dépit de la mention " lettre recommandée avec accusé de réception " dont il est revêtu. Dans ces conditions, la société Amlin Insurance SE n'établit pas avoir notifié, dans un délai de soixante jours au CIAS sa décision quant au principe de la mise en jeu des garanties prévues au contrat.

6. Il résulte de ce qui précède que le CIAS du Grand Annecy peut se prévaloir de l'obligation, non sérieusement contestable, de la société Amlin Insurance SE de préfinancer la réparation des désordres déclarés le 30 septembre 2020.

En ce qui concerne le montant de la provision :

7. Le CIAS produit, annexé à un courrier adressé le 31 mai 2022 à la société Pilliot, un devis de réfection totale de l'étanchéité de la toiture-terrasse de l'EHPAD, pour un coût de 226 717,60 euros TTC, auquel s'ajoute le coût du démontage et remontage de la centrale photovoltaïque installée sur cette toiture. La société Amlin Insurance SE soutient que les travaux décrits au devis n'ont pas été rendus nécessaires par suite des travaux confiés à la société APC Etanch'.

8. Il résulte de l'instruction que le CIAS du Grand Annecy avait initialement déclaré des infiltrations d'eau le long des murs de la cage d'escalier du 4ème étage de l'EHPAD, autour du lanterneau de désenfumage de la cage d'escalier du 4ème étage, dans la salle de restaurant, en deux endroits au 4ème étage, dans le couloir de circulation du 4ème étage et dans la chambre 310, au 3ème étage, en raison d'une infiltration au travers de l'étanchéité qui a traversé une fissure de façade, provoquant l'effondrement d'une partie du faux plafond en plaque de plâtre.

9. Si la société Amlin Insurance SE doit préfinancer la réparation de ces désordres, et les conséquences qu'ils ont eues sur le bâtiment, la seule production d'un devis de surfaçage de l'ensemble de la toiture des relevés et des émergences en résine PMMA Bi-Couche avec voile de dilatation n'apparaît pas en lien direct avec les désordres constatés, qui sont localisés. Il en va de même par voie de conséquence, pour la pose et dépose de l'installation photovoltaïque située sur la toiture de l'EHPAD, qui avait pu rester en place pour les travaux d'étanchéité. Ensuite, alors que l'expertise mentionnait des infiltrations d'eau dans la chambre 310, aucun lien de causalité n'est établi entre la nécessité de refaire les chambres 106, 206 et 306 et les désordres dénoncés et constatés. Enfin, s'il résulte de l'instruction que les désordres affectant le 4ème étage ont déterminé le CIAS à évacuer les résidents du 4ème étage de l'EHPAD, la perte de recette alléguée d'un montant de 534 333,24 euros n'est pas établie.

10. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, la créance de CIAS du Grand Annecy ne peut être regardée comme non sérieusement contestable dans son montant.

11. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin de désigner un expert, demande au surplus irrecevable devant le juge du référé provision, que les conclusions du CIAS du Grand Annecy, aux fins de condamnation de la société Amlin Insurance SE à verser une provision au CIAS du Grand Annecy doivent être rejetées.

12. Les conclusions aux fins d'appel en garantie de la société APC Etanch' et de son assureur, présentées par la société Amlin Insurance SE, qui n'ayant payé aucune indemnité ne peut se prévaloir d'une subrogation, sont, en tout état de cause sans objet.

13. Les conclusions de la société APC Etanch' et de son assureur, dirigées contre le sous-traitant de la société APC Etanch' doivent être rejetées, comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour un connaitre.

Sur les frais du litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Amlin Insurance SE, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, à verser au CIAS du Grand Annecy. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de rejeter les conclusions des autres parties, présentées sur le même fondement

ORDONNE :

Article 1er : La requête du centre intercommunal d'action sociale du Grand Annecy est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des autres parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre intercommunal d'action sociale du Grand Annecy, à la société Amlin Insurance SE, à la société APC Etanch', à la société QBE INSURANCE EUROPE LIMITED et à la société SOCIETE QBE EUROPE SA/NV.

Fait à Grenoble, le 16 mai 2023.

La juge des référés,

A. Wolf

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions