jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2207059 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2022, M. E D, représenté par Me Gay, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel la préfète de la Drôme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022 par lequel la préfète de la Drôme l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des frais liés au litige.
Il soutient que :
* En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale car fondée sur une obligation de quitter le territoire elle-même illégale.
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale car fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur le seul rejet de sa demande d'asile.
* En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est illégal car fondé sur une décision d'éloignement elle-même illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la préfète de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Heintz, magistrat désigné, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant géorgien, est entré en France selon ses déclarations en avril 2018. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée définitivement le 10 juin 2021. Il a alors fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire en date du 12 août 2021. A la suite de son interpellation par la police le 24 octobre 2022 et de la vérification de son droit au séjour, la préfète de la Drôme, par deux arrêtés du 25 octobre 2022, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa reconduite à la frontière et a interdit son retour en France pour une durée d'un an, d'autre part, l'a assigné à résidence. M. D demande l'annulation de ces deux arrêtés du 25 octobre 2022.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. D, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A B, attachée principale et cheffe du bureau de l'immigration et de l'intégration de la préfecture de la Drôme, qui avait reçu délégation à cet effet consentie par un arrêté du 19 juillet 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si le requérant soutient qu'il travaille de manière continue comme maçon depuis l'année 2020, il n'établit pas, par cette seule circonstance, avoir établi le centre de ses intérêts en France où il n'est installé que depuis 2018 et alors qu'il a vécu précédemment, pendant trente ans, en Géorgie son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est écarté.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
5. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement serait dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
6. En premier lieu, il ressort de la lecture de la décision attaquée et notamment de ses huitième et neuvième considérants que, pour prononcer à l'encontre de M. D une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, la préfète de la Drôme a apprécié si des circonstances particulières s'opposaient à ce qu'une telle mesure soit édictée à son encontre, conformément aux dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation, au demeurant fondé sur des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile abrogées depuis le 1er mai 2021, doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée que la préfète de la Drôme s'est fondée sur le rejet de la demande d'asile de M. D pour prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
8. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision l'assignant à résidence serait dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D aux fins d'annulation des deux arrêtés du 25 octobre 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais de procès.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à Me Gay et à la préfète de la Drôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
M. CLa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026