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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2207303

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207303

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207303
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL CLDAA LIOCHON ET DURAZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 novembre 2022 et 17 mars 2023, Mme A, représentée par Me Lavisse, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier Métropole Savoie à lui payer une somme provisionnelle de 1 852,028 euros, au titre de l'indemnité de fin de contrat prévue aux articles 10 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors applicable, et 41-1-1 du décret n° 91-155 du 6 février 1991, assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 juillet 2022 et de la capitalisation annuelle des intérêts ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Métropole Savoie une somme de 1 200 euros à lui verser par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- elle a droit au bénéfice de l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article 41-1-1 du décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- compte tenu des rémunérations brutes, qu'elle a perçues dans le cadre de l'exécution de ses contrats, l'indemnité due s'élève à 1 858,45 euros (10% des rémunérations brutes perçues), dont il est justifié par des fiches de paie et un relevé UNEDIC rempli par son employeur à destination de Pôle Emploi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le centre hospitalier Métropole Savoie, représenté par Me Duraz, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la créance de Mme A n'est pas non sérieusement contestable.

Par ordonnance en date du 20 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 mars 2023 à 12 heures.

Un mémoire présenté pour le centre hospitalier Métropole Savoie a été enregistré le 27 mars 2023 à 14 heures 14, au-delà de la clôture de l'instruction.

Vu les pièces du dossier.

Le président du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a bénéficié d'un premier contrat à durée déterminée, en qualité d'agent des services hospitaliers, au centre hospitalier Métropole Savoie, du 1er juin 2021 au 31 août 2021, puis d'un second contrat à durée déterminée du 4 octobre 2021 au 3 janvier 2022, renouvelé jusqu'au 3 avril 2022. N'ayant pas obtenu le contrat à durée indéterminée qu'elle escomptait, elle n'a pas accepté le renouvellement de son CDD au-delà de cette période. Estimant pouvoir bénéficier d'une indemnité de fin de contrat, elle demande, dans le dernier état de ses écritures, que le centre hospitalier Métropole Savoie soit condamné à lui verser à ce titre une somme provisionnelle de 1 858,45 euros.

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

3. Aux termes de l'article 10 de la loi du 9 janvier 1986 : " Un décret en Conseil d'Etat pris après avis du Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière . prévoit également, pour les contrats conclus en application des mêmes articles 9 et 9-1, à l'exclusion des contrats saisonniers, les conditions d'application relatives à une indemnité de fin de contrat lorsque ces contrats, le cas échéant renouvelés, sont d'une durée inférieure ou égale à un an et lorsque la rémunération brute globale prévue dans ces contrats est inférieure à un plafond qu'il fixe. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque, au terme du contrat ou de cette durée, les agents sont nommés stagiaires ou élèves à l'issue de la réussite à un concours ou bénéficient du renouvellement de leur contrat ou de la conclusion d'un nouveau contrat, à durée déterminée ou indéterminée, au sein de la fonction publique hospitalière ". Aux termes de l'article 41-1-1 du décret du 6 juillet 1991 : " I. -L'indemnité de fin de contrat prévue au deuxième alinéa de l'article 10 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée n'est due que lorsque le contrat est exécuté jusqu'à son terme. Elle n'est pas due si l'agent refuse la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire auprès du même employeur, assorti d'une rémunération au moins équivalente. / Le montant de rémunération brute globale au-delà duquel cette indemnité n'est pas attribuée est fixé à deux fois le montant brut du salaire minimum interprofessionnel de croissance applicable sur le territoire d'affectation et déterminé dans les conditions prévues à l'article L. 3231-7 du code du travail. II. - Le montant de l'indemnité de fin de contrat est fixé à 10 % de la rémunération brute globale perçue par l'agent au titre de son contrat et, le cas échéant, de ses renouvellements ".

4. Il est constant que Mme A a été recrutée en CDD pour deux périodes de moins d'un an, la première du 1er juin au 31 août 2021 et la seconde du 4 octobre au 3 avril 2022. Elle pouvait donc percevoir à l'issue de chacune de ces périodes une indemnité de fin de contrat correspondant à 10% de sa rémunération brute globale.

5. Il résulte de l'instruction que la rémunération brute globale de Mme A pour ces deux périodes se monte à 18 200,37 euros. Par suite, l'indemnité brute à laquelle Mme A peut, sans contestation sérieuse, prétendre, se monte à 1 820 euros.

6. Il y a donc lieu de condamner le centre hospitalier Métropole Savoie à verser à Mme A la somme de 1 820 euros. Cette somme doit être majorée de l'intérêt au taux légal depuis le 7 juillet 2022, date de réception par le centre hospitalier de la réclamation, de Mme A. En revanche une année d'intérêts ne s'étant pas écoulée, Mme A ne peut prétendre à la capitalisation des intérêts.

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de Mme A, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Métropole Savoie la somme de 1 200 euros à verser à Mme A demande sur ce même fondement.

O R D O N N E :

Article 1er :Le centre hospitalier Métropole Savoie est condamné à payer à Mme A une indemnité provisionnelle de 1 820 euros, majorée de l'intérêt au taux légal depuis le 7 juillet 2022.

Article 2 :Le centre hospitalier Métropole Savoie versera à Mme A une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 :Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 4 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier Métropole Savoie.

Fait à Grenoble, le 28 mars 2023.

La juge des référés,

A. Wolf

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier.

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