LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2207372

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207372

mercredi 8 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207372
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantRENOULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 novembre 2022 et le 23 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Renoult, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale, aux fins de se prononcer sur les préjudices qu'il estime avoir subis du fait des accidents de service survenus le 21 décembre 2009 et le 24 mai 2018 ;

2°) de se prononcer sur les causes et conséquences de l'accident dont il a été victime le 11 août 2021 et qu'il estime lié à celui survenu le 21 décembre 2009 ;

3°) de mettre les frais d'expertise à la charge de la commune des Houches ;

4°) de mettre à la charge de la commune des Houches une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'expertise est susceptible de se rattacher à un litige au fond des-lors que la responsabilité de la commune des Houches ne fait aucun doute ;

- la demande d'expertise présente une utilité dès-lors qu'elle permettra de chiffrer son préjudice et de considérer que la rechute dont il a été victime le 11 août 2021 est imputable à l'accident de service dont a il souffert le 21 décembre 2009.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, la commune des Houches, représentée par Me Laurent, demande au juge des référés :

1°) à titre principal, de rejeter la requête ;

2°) à titre subsidiaire, de limiter la mission à l'examen du préjudice de M. A à partir du 10 novembre 2018 ;

3°) de dire que les frais d'expertise seront avancés par M. A.

Elle soutient que la mesure sollicitée ne présente pas d'utilité et que toute action en responsabilité au titre du préjudice subi avant le 10 novembre 2018 est prescrite.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. De même, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.

3. Il résulte de l'instruction que M. A exerce la fonction d'adjoint technique polyvalent au sein de la commune des Houches. Le 21 décembre 2009, il a été victime d'une chute lors de l'exercice de ses fonctions. Cet accident a été reconnue imputable au service. Il a ensuite été mis en congé pour accident du travail jusqu'au 3 janvier 2010. Après la reprise de ses fonctions, M. A a déclaré une rechute de ce premier accident de travail le 4 juin 2015. Cette rechute a également été reconnue imputable au service et liée à l'accident de 2009. L'état de santé de M. A a par suite été consolidé au 29 janvier 2016 avec un taux d'invalidité partielle permanente de 3%. Le 24 mai 2018, M. A a été victime d'un second accident de service. Son état de santé a ensuite été reconnu consolidé le 3 juillet 2019 avec un taux d'invalidité partielle permanente de 8%. Enfin, le 11 août 2021, M. A a été victime d'un troisième accident et a été placé en congé maladie jusqu'au 30 juin 2022. Cet accident a d'abord été considéré comme une rechute de l'accident de 2009 par une expertise médicale du 2 novembre 2021. Toutefois, par une seconde expertise diligentée par le 26 janvier 2022 par la commission de réforme, le médecin expert a exclu le lien entre l'accident de service du 11 août 2021 et celui de 2009 et n'a pas reconnu cet accident comme imputable au service.

4. Pour l'application de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968, s'agissant d'une créance indemnitaire détenue sur une collectivité publique au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité, le point de départ du délai de la prescription quadriennale est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées. Il en est ainsi pour tous les postes de préjudice, aussi bien temporaires que permanents, qu'ils soient demeurés à la charge de la victime ou aient été réparés par un tiers, tel qu'un organisme de sécurité sociale, qui se trouve subrogé dans les droits de la victime.

5. Il résulte de l'instruction que si l'état consolidé de M. A pour l'accident dont il a été victime le 21 décembre 2009 a été fixée au 4 juin 2015 et qu'une éventuelle indemnisation pour les préjudices découlant de cet accident est prescrite, la consolidation de son état résultant de l'accident du 24 mai 2018 est intervenue le 29 janvier 2020 de sorte qu'une action indemnitaire au fond ne serait pas prescrite.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la demande d'expertise présentée par M. A ne présente un caractère utile et n'entre dans le champ d'application des dispositions précitées que s'agissant de l'évaluation de ses préjudices à compter de l'accident de service survenu le 24 mai 2018 et de l'origine de la rechute de son état de santé intervenue le 11 août 2021. Par suite et dans cette limite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

7. Par ailleurs, l'expertise constituant une simple mesure d'instruction, elle ne préjuge pas des responsabilités éventuellement mobilisables.

8. En application des dispositions de l'article R 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert désigné, s'il le juge utile, de demander au président du tribunal l'autorisation de s'adjoindre un sapiteur.

9. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusion de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Le docteur C D domicilié 3 allée du Joanny 38 640 Claix est désigné comme expert avec pour mission de :

1° - prendre connaissance des dossiers médicaux et de tous documents concernant M. A, détenus ou produits par la commune des Houches et par M. A et examiner l'intéressé ;

2° - décrire l'état de santé de M. A, faire l'historique de son évolution, préciser les causes de cet état de santé ;

3° donner son avis sur une éventuelle imputabilité au service de l'accident survenu le 11 août 2021 et dire s'il s'agit d'une rechute de l'accident du 21 décembre 2009 ou de celui du 24 mai 2018 ;

4° - proposer une date de consolidation de l'état physique de M. A, et évaluer l'importance et la durée du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances physiques ou mentales endurées, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice d'agrément et du préjudice sexuel, ou de tout autre préjudice extrapatrimonial dont celui-ci ferait état ; évaluer le cas échéant le taux d'incapacité permanente partielle, susceptible d'être retenu ;

5°- préciser le montant des dépenses de santé et des frais divers supportés jusqu'à la date de consolidation et évaluer la nature et le montant des dépenses de santé futures, le cas échéant, indiquer quels seront les besoins d'adaptation du logement et du véhicule de M. A compte tenu de son handicap, dire dans quelle mesure il aura besoin de l'assistance d'une tierce personne; indiquer dans quelle mesure ces soins sont imputables à son accident du 11 août 2021;

6° - évaluer chacun de ces préjudices à compter de l'accident du 24 mai 2018, même en l'absence de lien de causalité, y compris partiel, avec les accidents de services survenus depuis cette date ; pour chacun d'entre eux, distinguer la part imputable à aux accidents de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;

7°- déterminer si l'état de santé de M. A est compatible avec une reprise du travail, à quelle date et selon quels aménagements ;

8° - de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de M. A et de la commune des Houches.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la commune des Houches et à l'expert.

Fait à Grenoble, le 8 mars 2023.

Le président,

J-P WYSS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions