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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2207918

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2207918

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2207918
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCOTTIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 décembre 2022, la commune des Deux-Alpes représentée par Me Sehili, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :

1°) de désigner un expert, au contradictoire de la société dénommée RT Les Clarines (appartenant au groupe ADIM) chargé de se prononcer sur le système de deux ascenseurs visé dans l'acte de vente en l'état futur d'achèvement en date du 25 juin 2019 ;

2°) de mettre les frais d'expertise à la charge des défendeurs ou à défaut à part égale entre les parties.

Elle soutient que :

- la réception des travaux a été prononcée le 17 décembre 2021, sous réserves ;

- la société TK Elevator France a déclaré la conformité des ouvrages le 21 décembre 2021 et conclut un contrat de maintenance ;

- les premiers désordres sont apparus dans les jours suivant la réception, se manifestant par différentes pannes causées par des arrivées d'eau ;

- l'expertise demandée est utile, les garanties légales de la société RT Les Clarines envers la commune étant susceptible d'être engagées.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2022, la société RT Les Clarines représentée par Me Cottin demande au juge des référés :

1°) de prendre acte qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée sous les réserves d'usage :

2°) de compléter la mission de l'expert selon ses dires ;

3°) de rejeter les conclusions de la commune tendant à mettre les frais d'expertise à la charge des défendeurs ;

4°) de rendre les opérations d'expertise opposables aux sociétés ADIM Lyon en tant que promoteur de l'ensemble du projet, S.T.I. en tant qu'assistant à maîtrise d'ouvrage et SMA SA assureur de la société ADIM Lyon.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2023, SMA SA et la société ADIM Lyon représentées par Me Hutt demandent au juge des référés :

1°) de prendre acte qu'elles ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant protestations et réserves ;

2°) de rejeter les conclusions de la commune tendant à mettre les frais d'expertise à la charge des défendeurs ;

3°) de rendre les opérations d'expertise opposables à la société d'architecture Atelier Eric Chautant, à la mutuelle des architectes français (MAF) en sa qualité d'assureur de la société d'architecture Atelier Eric Chautant et de la société CM Aménagements, à la société Cobalp Ingenierie, à la société AXA France Iard en sa qualité d'assureur de la société Cobalp Ingenierie et de la société FTTA, à la société Cotib, à la société Acte Iard en sa qualité d'assureur de la société Cotib, à la société CM Aménagements, à la société Stebat, à la société QBE Insurance Europe Limited en sa qualité d'assureur de la société Stebat, à la société Apave Sudeurope, à la société Lloyd's Insurance Compagny en sa qualité d'assureur de la société Apave Sudeurope, à la société Gravier Travaux Publics, à la société l'Auxiliaire en sa qualité d'assureur de la société Gravier Travaux Publics, la société FTTA et à la société TK Elevator France.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2023, les sociétés Apave, Lloyd's Insurance Compagny et Apave Sudeurope représentées par Me Martineu demandent au juge des référés :

1°) de mettre hors de cause la société Apave au profit de Apave Sudeurope ;

2°) de prendre acte qu'elles ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant protestations et réserves ;

3°) de mettre les frais d'expertise à la charge de la commune des Deux-Alpes.

Elle soutient que la convention de contrôle technique a été contractée avec Apave Sudeurope et non Apave.

Par un mémoire enregistré le 28 février 2023, la société AXA France Iard représentée par Me Favet, demande au juge des référés :

1°) de rejeter la demande d'extension des opérations d'expertise à son encontre ;

2°) de prendre acte de ses protestations et réserves tant sur la responsabilité qui serait imputée à son assurée la société FFTA que sur la mobilisation de ses garanties ;

3°) de rejeter les conclusions de la commune tendant à mettre les frais d'expertise à la charge des défendeurs.

Par un mémoire enregistré le 6 mars 2023, les sociétés AXA France Iard et Cobalp Ingenierie représentées par Me Locatelli, concluent qu'elles ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 8 mars 2023, les sociétés Stebat, QBE Insurance Europe Limited et QBE Europe représentées par Me Lebrasseur demandent au juge des référés :

1°) de donner à QBE Europe SA/NV de son intervention volontaire à la présente

procédure au lieu et place de QBE Insurance Europe Limited ;

2°) de mettre hors de cause QBE Insurance Europe Limited ;

3°) de prendre acte qu'elles ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant protestations et réserves ;

4°) de réserver les dépens.

Par un mémoire enregistré le 16 mars 2023, les sociétés Atelier Eric Chautant et CM Aménagements représentées par Me Bellin ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant protestations et réserves et demandent de mettre les frais d'expertise à la charge de la commune.

Par un mémoire enregistré le 27 mars 2023, les sociétés ACTE Iard et Cotib représentées par Me Lepercq ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant protestations et réserves et demandent de mettre les frais d'expertise à la charge de la commune.

Par un mémoire enregistré le 3 avril 2023, la société TK Elevator France représentée par Me Endrös formule ses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée et demande de mettre les frais d'expertise à la charge de la commune

Par des mémoires en intervention volontaire enregistrés le 10 et 15 mai 2023, la société XL Insurance Company représentée par Me Debuchy demande au juge des référés :

1°) de donner acte de son intervention an qualité d'assureur de la société TK Elevator France ;

2°) de donner acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée sous toutes réserves de responsabilité, de garantie et dans la limite de ses conditions, plafonds et franchises contractuels.

Par un mémoire enregistré le 15 mai 2023, les sociétés Gravier TP et l'Auxiliaire représentées par Me Guillet Lhomat demande au juge des référés :

1°) de donner acte de leurs protestations et réserves sur la demande d'extension des opérations d'expertise à leur contradictoire ;

2°) de rejeter les conclusions de la commune tendant à mettre les frais d'expertise à la charge des défendeurs ;

3°) de laisser les dépens de l'instance à la charge de la commune.

La requête a été régulièrement communiquée à la société S.T.I., à la MAF et à la société FTTA qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. Il résulte de l'instruction que par contrat de vente d'immeuble à construire signé le 25 juin 2019, la société RT Les Clarines (Appartenant au groupe ADIM) a cédé en l'état futur d'achèvement à la commune des Deux-Alpes une liaison piétonne publique en partie mécanisée comprenant deux ascenseurs, permettant de relier le quartier du soleil au centre de la station. Les travaux ont été réceptionnés 17 décembre 2021. Toutefois, des désordres affectant les ascenseurs sont apparus.

3. La demande d'expertise présentée par la commune des Deux-Alpes, pour déterminer les causes et les conséquences de ces désordres présente donc un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

4. Il résulte de l'instruction que la convention de contrôle technique a été contractée avec Apave Sudeurope et non Apave, il y a donc lieu de faire droit à la demande de mise hors de cause de la société Apave. De même, QBE Europe SA/NV ayant repris les activités de QBE Insurance Europe Limited, il y a lieu de mettre hors de cause QBE Insurance Europe Limited et d'admettre l'intervention de la société QBE Europe SA/NV, assureur de la société Stebat. L'intervention de la société XL Insurance Company en qualité d'assureur de la société TK Elevator France est admise.

5. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.

6. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance du président du tribunal qui désignera la partie qui les supportera.

ORDONNE :

Article 1er : M. A B domicilié chemin du cham fleuri Romette 05 000 GAP, est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;

3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;

4°- décrire les désordres affectant les ascenseurs en litige, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, ils étaient apparents, ou tout au moins prévisibles, dans toutes leurs conséquences ;

5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;

6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;

7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;

8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;

10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

11° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : Les sociétés Apave et QBE Insurance Europe Limited sont mises hors de cause et l'intervention des sociétés XL Insurance Company et QBE Europe SA/NV est admise.

Article 5 : L'expertise aura lieu en présence de la commune des Deux-Alpes, des sociétés RT Les Clarines, ADIM Lyon, S.T.I., SMA SA, Atelier Eric Chautant, MAF, CM Aménagements, Cobalp Ingenierie, AXA France Iard, Cotib, Acte Iard, Stebat, QBE Europe SA/NV, Apave Sudeurope, Lloyd's Insurance Compagny, Gravier Travaux Publics, l'Auxiliaire, FTTA et TK Elevator France et XL Insurance Company.

Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 7 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune des Deux-Alpes, aux sociétés RT Les Clarines, ADIM Lyon, S.T.I., SMA SA, Atelier Eric Chautant, MAF, CM Aménagements, Cobalp Ingenierie, AXA France Iard, Cotib, Acte Iard, Stebat, QBE Europe SA/NV, Apave Sudeurope, Lloyd's Insurance Compagny, Gravier Travaux Publics, l'Auxiliaire, FTTA et TK Elevator France, XL Insurance Company et à l'expert.

Fait à Grenoble, le 4 juillet 2023.

Le juge des référés,

JP WYSS

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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