mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2208274 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | LABORIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Laborie, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 1er août 2022 par laquelle Pôle Emploi Auvergne Rhône-Alpes a rejeté son recours préalable et a confirmé un indu d'allocation de solidarité spécifique de 6 932,79 euros pour la période de février 2020 à mars 2021 ;
2°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise gracieuse de sa dette ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au profit de son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle a correctement informé Pôle emploi de son activité salariée ;
- elle ne dispose pas des moyens financiers suffisants pour payer sa dette.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mars 2023 et le 10 mars 2023, Pôle emploi Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une décision du 14 octobre 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi depuis le 3 septembre 2019. Par une décision du même jour, ses droits à l'allocation de solidarité spécifique ont été repris sans limitation de durée. Par un courrier du 20 juillet 2022, l'intéressée s'est vue notifier un indu d'allocation de solidarité spécifique de 6 932,79 euros pour la période de février 2020 à mars 2021 pour défaut de déclaration de son activité professionnelle. Mme B a contesté le bien-fondé de cette dette par un recours préalable rejeté par Pôle emploi le 1er août 2022. Elle a ensuite initié une demande de médiation préalable obligatoire qui a été clôturée le 2 septembre 2022. Enfin, par une décision du 29 décembre 2022, Pôle emploi lui a accordé une remise partielle de sa dette.
Sur la régularité de la décision du 1er août 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de solidarité spécifique est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
4. Il résulte de l'instruction que si la décision du 1er août 2022 contient l'énoncé des considérations de fait et précise que l'indu est fondé sur la circonstance tirée de laquelle elle n'a pas déclaré son activité salariée, cette décision ne comporte aucun motif de droit. Par conséquent, le moyen tiré du défaut de motivation doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens relatifs à cette décision, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er août 2022.
Sur la demande de remise de dette :
6. Eu égard à ce qui a été dit aux points précédents, il n'y a plus lieu d'examiner les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 29 décembre 2022.
Sur les frais liés au litige :
7. Eu égard aux circonstances de l'espèce, les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1re août 2022 de Pôle emploi est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Laborie et à France travail Auvergne-Rhône-Alpes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président,
J-P. ALa greffière,
L. BOURECHAK
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2208274
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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