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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2300021

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2300021

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2300021
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantPARENTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Parente, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère l'a informée de la décision du 3 octobre 2022 de la commission de recours amiable confirmant la subrogation de la caisse d'allocations familiales dans ses droits affectant le versement de sa pension d'invalidité à la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer les sommes en récupération de cet indu ;

3) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de lui rembourser les sommes indûment recouvrées en récupération de l'indu de revenu de solidarité active par voie de subrogation et de compensation sur sa pension d'invalidité ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la prescription biennale est applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations familiales et assimilées indûment payées ;

- les créances prescrites ont été indûment recouvrées par la caisse d'allocations familiales par voie de subrogation et de compensation avec la pension d'invalidité qui lui a été attribuée et versée rétroactivement ;

- le point de départ de la prescription de deux ans, relative à l'action en récupération des prestations versées, indûment selon l'organisme payeur, court à compter de la date d'exigibilité de l'allocation concernée ;

- les sommes qui lui ont été versées ne l'ont pas été à titre d'avances dans l'attente de l'effectivité du versement de sa pension d'invalidité dont le bénéfice lui a été accordé rétroactivement ;

- à supposer qu'il se soit agi de prestations versées dans l'attente du versement de la pension d'invalidité, les dispositions de l'article 2224 du code civil ne sont pas applicables ;

- la caisse d'allocations familiales indique elle-même, dans son courrier du 25 novembre 2021 qu'il s'agit de prestations indûment versées ;

- la caisse d'allocations familiales ne s'étant pas prévalue de l'existence d'une fraude ou d'une fausse déclaration, la prescription biennale est applicable ;

- pour recalculer ses droits au revenu de solidarité active suite à la notification de l'attribution rétroactive d'une pension d'invalidité à compter du 9 avril 2017, la caisse ayant engagé son action le 4 novembre 2021, ne pouvait réclamer le remboursement du trop-perçu de revenu de solidarité active versé au titre des mois précédant le mois de novembre 2019, son action en récupération de ces sommes étant prescrite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle expose que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2024, le département de l'Isère doit être regardé comme concluant au rejet de la requête.

Il expose reprendre à son compte les écritures de la caisse d'allocations familiales de l'Isère dans son mémoire enregistré au greffe du tribunal le 6 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 décembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience tenue le 9 octobre 2024 :

- le rapport de Mme D ;

- les observations de Mme C, représentant le département de l'Isère qui indique s'en rapporter à ses écritures.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que Mme B, bénéficiaire du revenu de solidarité active de juillet 2015 à décembre 2019 puis de l'allocation aux adultes handicapés à compter du mois d'octobre 2019, a demandé en avril 2017 à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Isère le bénéfice d'une pension d'invalidité. Par courrier du 4 novembre 2021, la caisse d'allocations familiales a informé Mme B du recalcul de ses droits au revenu de solidarité active et à l'allocation aux adultes handicapés pour la période de novembre 2019 à septembre 2021 afin de tenir compte dans le calcul de ses ressources de la pension d'invalidité qui lui a été attribuée rétroactivement à compter du 6 avril 2017. Par un courrier du 22 novembre 2021, Mme B a vainement contesté cette décision devant la commission de recours amiable en se prévalant de la prescription biennale applicable aux actions en récupération d'indu en l'absence de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. Par courrier du 25 novembre 2021, la caisse d'allocations familiales, après recalcul de ses droits, a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 13 736,01 euros pour la période de juillet 2017 à décembre 2019, en l'informant de l'engagement de son action en récupération de cet indu directement auprès de la caisse primaire d'assurance maladie sur le rappel de pension d'invalidité par subrogation dans ses droits auprès de cet organisme. Par décision du 3 octobre 2022, notifiée le 4 novembre 2022, la commission de recours amiable a rejeté le recours administratif préalable obligatoire présenté par Mme B contre cette décision. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision, d'autre part, de la décharger de l'obligation de rembourser l'indu de revenu de solidarité active mis à sa charge et enfin d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de lui rembourser les sommes récupérées par compensation auprès de la caisse primaire d'assurance maladie sur le rappel de pension d'invalidité.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 132-1 du code : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres () ". Aux termes de l'article L. 262-10 du code de l'action sociale et des familles : " I.- Le droit au revenu de solidarité active est subordonné à la condition que le foyer fasse valoir ses droits aux prestations sociales, législatives, réglementaires et conventionnelles, à l'exception des allocations mensuelles mentionnées au dernier alinéa de l'article L. 222-3 (). ". Aux termes de l'article R. 262-47 de ce même code : " Le foyer qui acquiert des droits aux prestations sociales () dont il ne disposait pas lors de l'ouverture du droit à l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire valoir ces droits et d'informer le président du conseil départemental, ainsi que l'organisme chargé du service de l'allocation, du changement de sa situation. Le président du conseil départemental enjoint si nécessaire le bénéficiaire de procéder aux démarches correspondantes. Les délais mentionnés à l'article R. 262-46 courent à compter de cette notification. ". Aux termes de l'article L. 262-11 du même code : " Les organismes chargés de l'instruction des demandes et du service du revenu de solidarité active, mentionnés aux articles L. 262-15 et L. 262-16, assistent le demandeur dans les démarches rendues nécessaires pour la réalisation des obligations mentionnées à l'article L. 262-10. Une fois ces démarches engagées, l'organisme chargé du service sert, à titre d'avance, le revenu de solidarité active au bénéficiaire et, dans la limite des montants alloués, est subrogé, pour le compte du département, dans les droits du foyer vis-à-vis des organismes sociaux ou de ses débiteurs. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer (). Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () Lorsque l'indu notifié ne peut être recouvré sur les prestations mentionnées aux troisième et quatrième alinéas du présent article, la récupération peut être opérée, sous réserve que l'assuré ne conteste pas le caractère indu et n'opte pas pour le remboursement en un versement, par retenue sur les prestations en espèces gérées par les organismes mentionnés à l'article L. 133-4-1 du code de la sécurité sociale ou sur les prestations mentionnées aux titres IV et V du livre III et au titre Ier du livre VIII du même code, par l'organisme gestionnaire de ces prestations et avec son accord. (). ". Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2, L. 821-5-1 ou L. 845-3, L. 844-3 (1) du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles (). ". Aux termes de l'article L. 553-2 du même code : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement () Lorsque l'indu notifié ne peut être recouvré sur les prestations mentionnées au premier alinéa, la récupération peut être opérée, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1 et si l'assuré n'opte pas pour le remboursement en un seul versement, par retenue sur les prestations en espèces gérées par les organismes mentionnés à l'article L. 133-4-1 ou sur les prestations mentionnées aux titres IV et V du livre III et au titre Ier du livre VIII, par l'organisme gestionnaire de ces prestations et avec son accord. () Ce recouvrement est opéré selon les modalités applicables aux prestations sur lesquelles les retenues sont effectuées. ".

4. Enfin, aux termes de l'article 1346 du code civil : " La subrogation a lieu par le seul effet de la loi au profit de celui qui, y ayant un intérêt légitime, paie dès lors que son paiement libère envers le créancier celui sur qui doit peser la charge définitive de tout ou partie de la dette. ". Aux termes de l'article 1346-4 du même code : " La subrogation transmet à son bénéficiaire, dans la limite de ce qu'il a payé, la créance et ses accessoires, à l'exception des droits exclusivement attachés à la personne du créancier. () ". Aux termes de l'article 1346-5 du code civil : " Le débiteur peut invoquer la subrogation dès qu'il en a connaissance mais elle ne peut lui être opposée que si elle lui a été notifiée ou s'il en a pris acte. () ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ".

5. Il résulte des dispositions précitées que la prescription biennale de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale, qui déroge à la prescription des créances résultant de l'article 2224 du code civil de droit commun, couvre le temps passé de la constitution du droit de créance, et porte sur la détermination du droit de créance qu'elle limite aux sommes indûment versées au titre des deux années précédentes. La prescription prévue à l'article 2224 du code civil couvre le temps futur correspondant au délai dont dispose le créancier pour exercer son droit de créance, qui court à compter de la date à laquelle celui-ci a eu connaissance ou aurait dû avoir connaissance des faits lui permettant d'exercer ce droit, dont le contenu n'est pas limité dans le temps.

6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, par décision du 5 mai 2017, confirmée le 17 juillet 2017 par la commission de recours amiable, la caisse primaire d'assurance maladie a refusé de faire droit à la demande présentée le 6 avril 2017 par Mme B tendant au bénéfice d'une pension d'invalidité. Par une requête enregistrée le 15 septembre 2017, Mme B a saisi le tribunal des affaires de sécurité sociale de Grenoble d'une contestation de ces décisions que, par jugement du 9 avril 2021, le Pôle social du tribunal judiciaire de Grenoble a annulé, jugeant que Mme B devait bénéficier d'une pension d'invalidité de catégorie 2 à compter du 6 avril 2017, et la renvoyant devant les services de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Isère pour la liquidation de ses droits. Par courrier du 23 septembre 2021, en exécution du jugement, la caisse primaire d'assurance maladie a notifié à Mme B un titre de pension d'invalidité à compter du 6 avril 2017. La caisse d'allocations familiales de l'Isère a informé Mme B de la révision de ses droits au revenu de solidarité active pour tenir compte de sa nouvelle situation en tant que bénéficiaire d'une pension d'invalidité à compter d'avril 2017, et procéder à la récupération de l'indu en résultant d'un montant de 13 736,01 euros pour la période de juillet 2017 à décembre 2019.

7. Pour justifier de son droit de créance, répondre au moyen soulevé par la requérante tiré de la prescription de son action, et contester l'application de la prescription biennale prévue à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, la caisse d'allocations familiales soutient que les sommes versées à Mme B bénéficiaire du revenu de solidarité active sur la période litigieuse, l'ont été de manière subsidiaire, à titre d'avances servies en application des dispositions de l'article L. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, à l'occasion des démarches de l'intéressée auprès de la caisse primaire d'assurance maladie pour faire valoir ses droits à pension, dans l'attente de l'effectivité du versement d'un avantage d'invalidité. La caisse d'allocations familiales rappelle que ces démarches sont rendues nécessaires pour la réalisation des obligations prévues à l'article L. 262-10 du code de l'action sociale et des familles, qui subordonne le droit au bénéfice du revenu de solidarité active à la condition que le foyer fasse valoir ses droits aux prestations sociales. La caisse soutient également que s'agissant de la prescription de son action en récupération, les dispositions de l'article 2224 du code civil qui prévoit la prescription quinquennale de droit commun, s'appliquent, et que la mise en œuvre du mécanisme de subrogation dans les droits du demandeur auprès des organismes sociaux, dans la limite des montants à recouvrer, produit à la fois un effet extinctif et translatif de la créance, laquelle est transmise au subrogé qui entre dans les droits et actions du débiteur.

8. Toutefois, aux termes mêmes de sa décision du 25 novembre 2021, il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales a décidé la récupération d'un indu de 13 736,01 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de juillet 2017 à décembre 2019, après recalcul de ses droits au bénéfice de cette allocation, pour tenir compte en application de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles, de la pension d'invalidité accordée rétroactivement le 23 septembre 2021, à compter du 6 avril 2017, en exécution du jugement du pôle social du tribunal judiciaire de Grenoble du 9 avril 2021. La caisse d'allocations familiales ne peut dès lors sérieusement soutenir que les sommes versées à Mme B de juillet 2017 à novembre 2021 au titre du revenu de solidarité active devraient être regardées comme des avances au sens de l'article L. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, qui lui auraient été servies dans l'attente de l'effectivité du versement de sa pension d'invalidité alors que cet avantage d'invalidité ne lui a été attribué que postérieurement en exécution d'une décision de justice, et ce quand bien même le bénéfice de cet avantage lui a été accordé à compter d'avril 2017, date de sa demande. Dès lors, s'agissant d'une action en répétition d'un indu de revenu de solidarité active au sens de l'article L. 262-46, la prescription biennale prévue à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale est applicable, la caisse d'allocations familiales ne s'étant prévalue au cas d'espèce ni dans ses courriers, ni dans le cadre de la présente instance, d'une fraude ou de fausses déclarations de la part de son allocataire. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que l'action en répétition de l'indu engagée par la caisse d'allocations familiales de l'Isère le 4 novembre 2022 était prescrite en ce qui concerne les allocations servies antérieurement au mois de novembre 2019.

9. Par suite, il y a lieu d'annuler la décision attaquée du 4 novembre 2022 et de décharger Mme B de l'obligation de payer la somme de 12 812,01 euros mise à sa charge en récupération d'un indu de revenu de solidarité active pour la période de juillet 2017 à novembre 2019.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de rembourser à Mme B la somme de 12 812,01 euros indûment recouvrée par voie de subrogation et de compensation auprès de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Isère sur le rappel de la pension d'invalidité attribuée rétroactivement à l'intéressée à compter d'avril 2017.

Sur les frais liés à l'instance :

11. Il y a lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 4 novembre 2022 est annulée.

Article 2 : Mme B est déchargée de l'obligation de payer la somme de 12 812,01 euros.

Article 3 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de rembourser à Mme B la somme de 12 812,01 euros.

Article 4 : La caisse d'allocations familiales de l'Isère versera à Mme B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Parente, au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et au département de l'Isère.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.

La magistrate désignée,

E. DLa greffière,

L. BOURECHAK

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et au préfet de l'Isère chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300021

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