mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2301608 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2023 au greffe du tribunal administratif de Lyon, transmise par ordonnance du 9 mars 2023 prise en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative au tribunal administratif de Grenoble qui l'a enregistrée à son greffe le 10 mars 2023, et par des mémoires enregistrés le 4 avril 2023 et 21 juillet 2023 le syndicat départemental d'énergies de l'Ardèche (SDE07) demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'ordonnance de taxation n°2103180 du 20 février 2023 rendue par la présidente du tribunal administratif de Lyon, en ce qu'elle taxe à la somme de 13 651,06 euros le montant des frais de l'expertise confiée à M. C B et en ce qu'elle les met intégralement à sa charge ;
2°) de mettre à la charge de la société RAMPA Energies une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat soutient que :
- la société RAMPA a réalisé les travaux litigieux dans le cadre d'un marché public signé avec lui et doit dès lors le garantir pour les fautes et désordres résultant de cette intervention ;
- les époux A n'ayant pas introduit d'instance au fond, il ne lui a pas été possible de mettre en cause la responsabilité de la société RAMPA ;
- l'expert désigné par le tribunal n'ayant pas obtenu l'autorisation du président du tribunal de faire appel à un sapiteur, les honoraires de la société Ginger BTP pour un montant de 7 512 euros TTC ne peuvent être mises à la charge du syndicat ;
- la somme facturée par l'expert doit être réformée s'agissant des heures de téléphone afin de les ramener de 10 heures à une heure, soit 60 euros ;
- le travail facturé au titre du rapport qui apparait disproportionné au regard des modifications entre le pré-rapport et le rapport final doit être ramené à une heure, soit 60 euros.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions du syndicat départemental d'énergies de l'Ardèche tendant à contester le recours à un sapiteur et le montant des honoraires d'expertise procèdent d'une cause juridique distincte de celles tendant à contester l'annulation de l'ordonnance de taxation en ce qu'elle a mis à la charge exclusive du syndicat les frais et honoraires d'expertise. Par conséquent, elles constituent des conclusions nouvelles qui, présentées après l'expiration du délai de recours contentieux, sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doulat,
- les conclusions de M. Villard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Suite à des travaux d'enfouissement de réseau réalisés en 2017 par le syndicat départemental d'énergies de l'Ardèche, M. et Mme A ont constaté l'apparition de fissures sur leur maison. Ils ont saisi le tribunal administratif de Lyon d'une requête en référé expertise. Par une ordonnance n°2103180 du 1er juillet 2021, M. C B a été désigné comme expert aux fins notamment de dresser un état descriptif et qualitatif précis de la propriété des époux A, de déterminer les causes des éventuels désordres et de préciser si ces derniers ont pu être provoqués ou aggravés par les travaux d'enfouissement. Par une ordonnance du 20 février 2023, la présidente du tribunal administratif de Lyon a liquidé et taxé les frais et honoraires à un montant de 13 651,05 euros et les a mis à la charge exclusive du syndicat. Par la présente requête, le SDE07 demande la réformation de cette ordonnance de taxation en limitant son montant à 3 600 euros et en le mettant à la charge exclusive de la société RAMPA Energies, ayant réalisé les travaux.
Sur la contestation de l'ordonnance de taxation :
2. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, applicable aux expertises ordonnées en référé : " () le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance () Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5 () ".
3. Pour l'application des dispositions précitées, la formation de jugement, saisie par la voie du plein contentieux d'une contestation d'une ordonnance de taxation, dispose d'un pouvoir de réformation lui permettant d'apprécier si, à la date à laquelle elle statue, tant le montant que la charge des frais ont été fixés dans des conditions équitables. La détermination du montant des frais et honoraires est fixée, conformément aux dispositions rappelées ci-dessus, en tenant compte des difficultés de l'expertise, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert.
En ce qui concerne le montant des frais et honoraires de l'expert et du sapiteur :
4. Il n'appartient pas au président de juridiction taxant et liquidant les frais d'une expertise par décision administrative sur le fondement de l'article R. 621-11 du code de justice administrative, ni au juge saisi d'un recours contre cette ordonnance, de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise. Il leur incombe toutefois, dans l'appréciation portée sur l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert, de prendre en considération, le cas échéant, les décisions juridictionnelles rendues sur une action en récusation de l'expert ou statuant au fond sur le litige ayant donné lieu à l'expertise.
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 621-2 du code de justice administrative : " Il n'est commis qu'un seul expert à moins que la juridiction n'estime nécessaire d'en désigner plusieurs. Le président du tribunal administratif ou de la cour administrative d'appel, selon le cas, () choisit les experts parmi les personnes figurant sur l'un des tableaux établis en application de l'article R. 221-9. () / Lorsqu'il apparaît à un expert qu'il est nécessaire de faire appel au concours d'un ou plusieurs sapiteurs pour l'éclairer sur un point particulier, il doit préalablement solliciter l'autorisation du président du tribunal administratif ou de la cour administrative d'appel (). La décision est insusceptible de recours "
6. En l'espèce, le syndicat soutient sans être contredit que l'expert a fait appel à un sapiteur sans que le juge, en charge de vérifier la nécessité de cette mesure, ne l'ait autorisée. L'expert, qui ne défend pas, n'explicite pas l'utilité de l'intervention du sapiteur, quand bien même le travail de ce dernier est évoqué dans le rapport. Dès lors, les honoraires correspondants aux prestations réalisées par la société Ginger CEBTP en qualité de sapiteur pour un total de 7 500 euros TTC ne peuvent être retenus.
7. En deuxième lieu, aucune pièce du dossier ne permet de justifier les 10 heures de vacation facturées par l'expert au titre d'échanges téléphoniques. En outre, pour les mêmes motifs que ceux développés au point précédent, les appels téléphoniques qui sont certainement intervenus entre M. B et la société Ginger CEBTP ne peuvent retenus. Dès lors, ce volume horaire sera ramené à 3 heures au taux de vacation horaire de 60 euros, soit la somme de 180 euros.
8. En troisième lieu, le rapport d'expertise provisoire et le rapport d'expertise définitif sont strictement identiques à l'exception de l'intégration dans le rapport définitif d'une réponse à un dire du 29 novembre 2022 adressé par le représentant des époux A. La comptabilisation de 9 heures afin de rédiger le rapport final apparaît ainsi excessive et sera ramené à un volume de 2 heures au taux de vacation horaire de 120 euros, soit une somme de 240 euros.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le syndicat est fondé à demander au tribunal de réformer l'ordonnance de taxation du 20 février 2023 en ramenant de 13 651,05 euros à 4 519,05 euros les frais et honoraires de l'expert et du sapiteur.
En ce qui concerne la prise en charge des frais d'expertise :
10. Si, en vertu des règles générales de procédure, c'est aux demandeurs qu'il appartient d'avancer les frais des mesures d'instruction réclamées par eux ou ordonnées d'office par le juge, l'article R. 621-13 du code de justice administrative permet au président du tribunal, statuant sur la charge des frais et honoraires d'une expertise ordonnée par le juge des référés, de déroger à ces règles générales en disposant que son ordonnance désigne la ou les parties devant en assumer la charge.
11. Selon les époux A, les désordres sur le mur de leur maison sont apparus suite aux travaux d'enfouissement de la fibre au droit de leur mur. Il résulte de l'instruction que la société Rampa Energies a réalisé les travaux au droit de la propriété des époux A dans le cadre d'un marché passé par le SDE07. L'expertise ordonnée par le juge des référés a permis de disposer de données, utiles pour déterminer l'origine des désordres et pour fixer les mesures à prendre en vue d'y remédier, indépendamment des responsabilités susceptibles de naître des constatations qu'elle comporte. Dès lors cette expertise a revêtu un caractère d'utilité pour les deux parties en cause. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire supporter par le SDE07 et par la société RAMPA Energies chacun à hauteur de 50 % des frais et honoraires de l'expertise ordonnée dans l'attente, le cas échéant, de la fixation de leur charge définitive par le juge du fond, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que la responsabilité du syndicat ou de la société RAMPA ne soit pas établie à ce stade.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le SDE07 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant des frais et honoraires accordés à M. B par ordonnance de taxation du 20 février 2023 est ramené à la somme de 4 519,05 euros toutes taxes comprises.
Article 2 : Les frais et honoraires sont mis à la charge du SDE07 et de la société RAMPA Energies à hauteur de 50% chacun.
Article 3 : L'ordonnance du 27 février 2023 est réformée en ce qu'elle a de contraire aux articles 1er et 2 du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au SDE07, à la société RAMPA Energies et à M. B.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient
Mme Triolet, présidente,
M. Ban, premier conseiller,
M. Doulat, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
F. DOULAT
La présidente,
A. TRIOLET
La greffière,
J. BONINO
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026