jeudi 6 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2302387 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | SCP CARLINI ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril 2023 et le 22 juillet 2024, Mme B C, représentée par Me Laillet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2023 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté sa demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement de 3 075,05 euros ;
2°) de lui accorder la remise gracieuse totale de se dette ;
3°) de mettre à la charge du département d'Île de France somme de 2 000 euros au titre des frais irrépétibles.
Il soutient qu'eu égard à sa situation, elle peut bénéficier de la remise gracieuse de sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2024, la caisse d'allocations familiales de la Drôme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience tenue le 22 janvier 2025, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C est allocataire de l'aide personnalisée au logement. Un indu de 3 075,05 euros lui a été notifié. Elle a demandé la remise gracieuse de cette somme. Par une décision du 17 février 2023, la caisse d'allocations familiales de la Drôme a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
4. En l'espèce, l'indu a pour origine une erreur de Mme C dans la déclaration de ses ressources. Il résulte des explications fournies par la caisse d'allocations familiales que l'intéressée, dont la bonne foi n'est pas remise en cause, a déclaré au titre des frais réels, des sommes correspondantes en réalité à des revenus. Il résulte ensuite des pièces versées par Mme C qu'elle est actuellement au chômage et que son conjoint perçoit une rémunération de 1 686 euros par mois. Elle verse enfin les justificatifs établissant le montant de ses charges à 865,55 euros laissant ainsi un reste à vivre pour le foyer de 820,45 euros. Ainsi, eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder à Mme C une remise gracieuse de 500 euros de l'indu d'aide personnalisée au logement mis à sa charge.
5. Il résulte des explications fournies par la caisse d'allocations familiales que le solde de l'indu, après retenues s'élève, au jour du jugement, à 964,83 euros. Ainsi, en appliquant la remise gracieuse de 500 euros, Mme C reste débitrice d'une somme de 464,83 euros.
Sur les frais liés au litige :
6. Les conclusions présentées par Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont dirigées contre le département d'Ile de France, étrangère à la cause. Elles ne peuvent par suite qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à Mme C une remise gracieuse de 500 euros de l'indu d'aide personnalisée au logement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la caisse d'allocations familiales de la Drôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2025.
Le président,
J.P. ALa greffière,
A. CHEVALIER
La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2300029
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A... contestant l'arrêté de mise en sécurité urgent pris par le maire de La Motte d'Aveillans le 22 août 2022. Le juge a écarté le moyen d'incompétence, estimant que le transfert de la compétence "politique du logement" à la communauté de communes n'inclut pas la police spéciale de sécurité des immeubles menaçant ruine, qui reste une prérogative du maire. Il a également jugé que le danger imminent était caractérisé par l'état de délabrement de l'immeuble, justifiant les mesures ordonnées sur le fondement des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Enfin, le tribunal a considéré que l'absence de mention du propriétaire mitoyen n'entachait pas la légalité de l'arrêté, la procédure étant dirigée contre le seul propriétaire de l'immeuble dangereux.
23/02/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2207978
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la SCI du Four, qui demandait l’annulation de l’arrêté du préfet de l’Isère du 30 juin 2022. Cet arrêté, pris sur le fondement des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation et L. 1331-22 du code de la santé publique, interdisait définitivement l’habitation d’un logement jugé insalubre. Le tribunal a estimé que les non-conformités, notamment l’accès par une dépendance sans ouverture et l’impossibilité de mise en conformité, justifiaient cette mesure. La solution retenue confirme la légalité de l’arrêté préfectoral.
18/02/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2204398
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de M. A... contestant l'arrêté du préfet de l'Isère du 15 février 2022, qui imposait des mesures de traitement de l'insalubrité pour un logement à Vienne. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence de l'auteur de l'acte, la sous-préfète bénéficiant d'une délégation de signature régulière. Il a également jugé que l'arrêté était légalement fondé sur les articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé publique, qui qualifient d'insalubres les pièces à hauteur sous plafond insuffisante, sans que le requérant puisse utilement invoquer le décret du 30 janvier 2002 relatif au logement décent. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation.
18/02/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2403200
Le Tribunal administratif de Grenoble annule les décisions des 23 novembre 2023 et 21 mars 2024 par lesquelles la commission de médiation de la Haute-Savoie a refusé de reconnaître la demande de logement de M. C... comme prioritaire et urgente. Le tribunal retient que le requérant, expulsé et sans logement adapté, conteste l’existence d’une proposition d’hébergement, et que la préfète, n’ayant pas produit de mémoire, est réputée avoir acquiescé aux faits. En application des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que de l’article R. 612-6 du code de justice administrative, le tribunal enjoint à la préfète de saisir la commission pour un réexamen dans un délai de deux mois. Les conclusions relatives aux frais de justice sont rejetées.
19/01/2026