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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2303035

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2303035

lundi 5 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2303035
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantJOLIVET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 mai 2023, l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône Alpes (EPORA), représenté par Me Guimet, demande au juge des référés de désigner sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative un expert chargé de procéder aux constatations utiles relatives à l'état des immeubles et propriétés susceptibles d'être affectés par les travaux de démolition dans le cadre du programme de requalification foncière de l'îlot Chauffour sur la commune de Valence.

Il soutient que l'expertise présente un caractère utile dès-lors qu'elle permettra de dresser un état descriptif avant travaux de l'état des 19 parcelles, routes et immeubles voisins du projet susceptibles d'être affectés par les travaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 532-1 du code de justice administrative dispose que : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission (). ".

2. EPORA fait valoir que, dans la perspective des travaux de démolition situés dans le périmètre de l'îlot Chauffour, rues Jonchère, du Jeu de Paume et impasse des Sœurs Grises, elle souhaite faire procéder à un état descriptif et qualitatif de l'ensemble des immeubles jouxtant le chantier à venir. Dans ce cadre, elle demande au juge des référés de désigner un expert afin de se rendre sur place et dresser un état des lieux des bâtiments situés sur les parcelles AC 55, AC 56, AC 60, AC 61, AC64, AC 65, AC 68, AC 112, AC 119, AC 128, AC 133, AC 136, AC 137, AC 138, AC 139, AC140, AC 741, AC 776 et AC 77 pouvant être directement affectés par ces travaux.

3. L'expertise demandée par EPORA entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Le constat demandé est utile. Il y a donc lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance. Il n'appartient toutefois pas au juge du référé-constat de suggérer des propositions pour remédier aux difficultés techniques identifiées lors de l'expertise comme risquant d'engendrer un dommage.

4. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité.

ORDONNE :

Article 1er : M. X I, domicilié 21 rue Frédéric Mistral à Montélimar (26200) est désigné comme expert.

Il aura pour mission :

1°- se rendre sur les lieux afin de constater et décrire avec précision, avant travaux et au jour de l'expertise, l'état actuel des immeubles et ouvrages y afférents situés à proximité des travaux projetés, d'indiquer s'il existe des dégradations et désordres affectant ces immeubles et ouvrages, en les décrivant précisément ; de mentionner éventuellement tout empêchement à l'exercice de cette mission ;

2°- de se faire communiquer tous documents techniques lui permettant d'identifier les travaux projetés ainsi que tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre tout sachant ; d'organiser toute réunion d'expertise éventuellement utile à la réalisation de sa mission ;

3°- pour chaque immeuble et ouvrage, rechercher, au vu des éléments constatés et de la documentation réunie, s'ils lui apparaissent, à ce stade, susceptibles d'être affectés par les travaux envisagés, en indiquant quelles formes pourraient prendre des dommages éventuels ;

4° - de prescrire, le cas échéant, toutes mesures utiles ou urgentes pour pallier aux conséquences des éventuels désordres ;

5°- de fournir d'une façon générale, tous éléments techniques ou de fait de nature à permettre à la juridiction éventuellement saisie de comparer l'état des immeubles et ouvrages avant et après travaux et de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône Alpes, de la commune de Valence, de M. G, de Mme M, de M. P, de Mme B, de M. D, de Mme A, du syndicat des copropriétaires du 12 rue Jonchère, de M. W, de M. E, de Mme R, de M. Y, de M. et Mme T, de M. et Mme U et V, du syndicat des copropriétaires du 8 rue Jonchère, de Mme AB, de M. et Mme Q et L, de M. et Mme K et O, de la société Sogenav, de la SCI La Madeleine, de M. AD, de Mme Z, de M. et Mme F, de M. AC, de M. et Mme C et N, de M. et Mme S et AA, de M. J, de la SCI Bonlieu, de la société Martanfre, de Mme H et de la société M et V Groupe.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à l'établissement public foncier de l'Ouest Rhône Alpes, à la commune de Valence, à M. G, à Mme M, à M. P, à Mme B, à M. D, à Mme A, au syndicat des copropriétaires du 12 rue Jonchère, à M. W, à M. E, à Mme R, à M. Y, à M. et Mme T, à M. et Mme U et V, au syndicat des copropriétaires du 8 rue Jonchère, à Mme AB, à M. et Mme Q et L, à M. et Mme K et O, à la société Sogenav, à la SCI La Madeleine, à M. AD, à Mme Z, à M. et Mme F, à M. AC, à M. et Mme C et N, à M. et Mme S et AA, à M. J, à la SCI Bonlieu, à la société Martanfre,à Mme H, à la société M et V Groupe et à l'expert.

Fait à Grenoble, le 5 juin 2023.

Le président,

J-P. WYSS

La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2302127

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