vendredi 19 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2303086 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | MARCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mai 2023, M. C... B..., représenté par Me Marcel, demande au tribunal :
1°) de condamner l’Etat à l’indemniser par le versement d’une somme de 700 euros par mois pour absence de proposition d’hébergement, à réévaluer à la date de l’audience, assortie des intérêts moratoires représentant une majoration de 50 euros tous les deux mois ;
2°) d’enjoindre à l’Etat de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour rendre effective l’obligation de résultat en lui proposant un hébergement dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.
Il soutient que :
- sa demande d’hébergement a été reconnue comme prioritaire par décision de la commission de médiation de l’Isère du 7 février 2022 et, que par une ordonnance du 27 juin 2022, le tribunal administratif a enjoint au préfet d’assurer son hébergement avant le 31 août 2022. Toutefois, aucune offre d’hébergement ne lui a été proposée. Sa demande indemnitaire du 19 août 2022 a été implicitement rejetée. La carence fautive de l’Etat à lui proposer un hébergement est de nature à engager sa responsabilité et justifie l’indemnisation de ses préjudices en lien direct et certain avec l’absence d’hébergement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet de l’Isère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que suite à une orientation effectuée par la commission d’urgence du 9 septembre 2024, M. B... est entré au sein d’une structure d’urgence 2 Choses Lune à Bourgoin Jallieu le 15 septembre 2024.
M. C... B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 14 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Conesa-Terrade, première conseillère, pour statuer sur la requête en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Au cours de l’audience, tenue le 7 mai 2025, ont été entendus :
- le rapport de Mme Conesa-Terrade,
- les observations de Me Marcel, représentant M. B...,
- et les observations de Mme A..., représentant le préfet de l’Isère.
La clôture d’instruction a été fixée à l’issue de l’audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la réparation :
Lorsqu’une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être hébergée d’urgence par une décision d’une commission de médiation en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, la carence fautive de l’État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l’égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d’existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l’intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l’État prévu par l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l’État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l’État, qui court à compter de l’expiration du délai de six semaines à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l’article R. 441-18 du code de la construction et de l’habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre d’hébergement.
M. B..., de nationalité guinéenne, a présenté une demande d’hébergement sur le fondement de l’article L. 411-2-3 du code de la construction et de l’habitation, et a été reconnu prioritaire et devant être accueilli dans une structure d’hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière par une décision du 7 février 2022. Il est constant que le préfet de l’Isère n’a pas proposé d’hébergement à M. B... dans le délai imparti. Cette carence est constitutive d’une faute de nature à engager la responsabilité de l’Etat à compter du 21 mars 2022. Par une ordonnance du 27 juin 2022, le tribunal administratif a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 31 août 2022 sous astreinte mensuelle de 500 euros à verser deux fois par an au profit du fonds d’accompagnement vers et dans le logement. Eu égard à l’absence de proposition d’hébergement et aux contraintes qui y sont liées, il a subi des troubles dans ses conditions d’existence. Par une ordonnance du 29 août 2023 le tribunal de céans a condamné l’Etat à verser à M B..., dont la réclamation préalable a été rejetée implicitement, une provision de 6 000 euros tous intérêts compris au titre de la période allant du 1er septembre 2022 à la date de l’ordonnance. Par la présente requête, M. B..., demande au tribunal de condamner l’Etat à l’indemniser par le versement d’une somme de 700 euros par mois pour absence de proposition d’hébergement, à réévaluer à la date de l’audience, assortie des intérêts moratoires représentant une majoration de 50 euros tous les deux mois.
Si entre le 1er septembre 2023 et le 8 septembre 2024, aucune solution d’hébergement ne lui a été proposée, il y a lieu de considérer que la provision versée d’un montant de 6 000 euros a entièrement indemnisé les troubles de toute nature dans ses conditions d’existence. Il est, en outre, constant que M. B... a été orienté par la commission d’urgence du 9 septembre 2024 vers la structure d’hébergement pérenne « 2 Choses Lune » à Bourgoin Jallieu à compter du 15 septembre 2024. Dans ces conditions, compte tenu de la mise en œuvre effective des mesures rendues nécessaires par la décision de la commission départementale de médiation, la responsabilité de l’Etat n’est pas engagée. Par suite, les conclusions de la requête à fin de réparation doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
Il résulte de ce qui précède que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que, l’Etat qui n’est pas la partie perdante, soit condamné au versement d’une quelconque somme au titre des frais irrépétibles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B..., au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation et à Me Marcel.
Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2025.
La magistrate désignée,
E. CONESA-TERRADE
La greffière,
L. PERRARD
La République mande et ordonne au ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026