lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2304010 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LABORIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2023, et un mémoire, non communiqué, enregistré le 17 octobre 2023, M. A C représenté par Me Gerbi demande au juge des référés :
1°) de condamner la commune de Grenoble à lui verser, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision :
- Pour la rechute du 23 août 2020 de l'accident de service du 13 février 2018, affectant le genou droit, de 3 639, 50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 2 000 euros au titre des souffrances endurées, de 1 915, 20 euros au titre de l'assistance temporaire à tierce personne, de 10 920 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 2 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, et de 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- Pour l'accident de service du 20 janvier 2020, affectant le genou gauche, le rachis lombaire et l'état dépressif, de 18 103, 25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 8 000 euros au titre des souffrances endurées, de 11 264, 40 euros au titre de l'assistance temporaire à tierce personne, de 122 175 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 3 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, et de 12 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- Pour les frais de médecin expert et de médecin de recours, de 2 300 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Grenoble une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'allocation temporaire d'invalidité ne fait pas obstacle à ce qu'il soit indemnisé pour les préjudices qu'il a subis et que cette prestation n'a pas vocation à indemniser ; que la réalité et la consistance de ses préjudices sont objectivés par le rapport de l'expert ; que sa requête est recevable car elle formule clairement des conclusions.
Par un mémoire enregistré le 23 octobre 2023, la commune de Grenoble par Me Laborit conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à une minoration des sommes demandées et à ce que les sommes allouées soient versées à la caisse des dépôts et consignations, enfin à ce que soit mis à la charge du requérant une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable faute de préciser son fondement juridique ; que l'avis du Dr F, rhumatologue, doit être pris en compte en ce qu'il conteste l'existence de rechutes et fait état de pathologies antérieures évoluant pour leur propre compte ; à titre subsidiaire, que les préjudices allégués sont pour certains non établis, pour les autres surévalués, qu'il y aurait donc lieu de minorer les sommes demandées et de les consigner.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le rapport d'expertise du 14 décembre 2022 du Dr E, désigné par ordonnance du président de ce tribunal en date du 3 octobre 2022 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. GARDE pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. "
2. M. D, agent technique principal de première classe de la commune de Grenoble, a subi un accident de service, affectant son genou gauche, le 19 juin 2012, pour lequel il est consolidé à la date du 4 février 2013. Il a été victime d'un deuxième accident de service le 13 février 2018, affectant le genou droit, consolidé au 9 juillet 2018. Il a été victime d'un troisième accident de service le 20 janvier 2020, affectant le genou gauche, le rachis lombaire, et provoquant un syndrome dépressif. Il a été continument placé en arrêt de travail pour maladie depuis le 28 mai 2020.
3. A la demande du requérant, par ordonnance du 3 octobre 2022, le président de ce tribunal a désigné comme expert le Dr E, lequel a rendu son rapport le 14 décembre 2022. Par lettre du 14 avril 2023, M. C a vainement saisi la commune de Grenoble d'une demande d'indemnisation au titre des préjudices.
4. Compte tenu des conditions posées à son octroi et de son mode de calcul, l'allocation temporaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent cette prestation déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font, en revanche, pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.
5. Pour demander la condamnation de la commune de Grenoble au paiement d'une provision, M. C doit être regardé comme soutenant qu'il subit, du fait des accidents de service du 13 février 2018 et du 20 janvier 2020, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels au sens mentionné au point précédent. Il se fonde notamment sur l'expertise judiciaire du Dr E, mentionnée au point 3. Toutefois, la commune se prévaut des conclusions du rapport qu'elle a demandé au Dr F, en date du 15 juin 2021, et fait valoir que les pathologies du requérant sont dues à un état antérieur. Elle souligne que, alors que le Dr E est généraliste, le Dr F est rhumatologue et donc mieux à même d'apprécier l'évolution et les conséquences d'une arthrose préexistante.
Sur les pathologies du genou droit :
6. S'agissant du genou droit et de l'accident de service le 13 février 2018, le requérant se prévaut de l'expertise du Dr E, qui ne retient aucune part d'imputabilité liée à un état antérieur. Toutefois, la commune, se fondant sur le rapport du Dr F, fait valoir que l'arthrose préexistante, bien documentée, a évolué pour son propre compte. Le requérant fait également valoir qu'il y a eu une rechute de cet accident le 23 août 2020, avec consolidation au 7 janvier 2022. Toutefois il n'apporte aucune précision sur les circonstances de cette rechute, à une date à laquelle il était en arrêt de travail pour maladie, et ne met donc pas le tribunal en mesure de se prononcer sur la réalité, la nature et les conséquences de l'évènement allégué.
7. Par suite tant l'existence d'une rechute que la proportion susceptible d'être imputée à un état antérieur font l'objet d'une contestation sérieuse.
Sur les pathologies du genou gauche et du rachis lombaire :
8. S'agissant du genou gauche, il résulte de l'instruction que l'accident de service du 19 juin 2012 a, après une ménisectomie interne, été consolidé sans séquelle à la date du 28 juin 2013. Le requérant soutient que l'accident de service du 20 janvier 2020 doit être regardé comme une rechute de l'accident du 19 juin 2012. L'expertise du Dr E ne retient aucune part d'imputabilité liée à un état antérieur. Toutefois, la commune, se fondant sur le rapport du Dr F, fait valoir que l'arthrose préexistante, bien documentée, a évolué pour son propre compte et que la rechute n'est pas établie.
9. Par suite tant l'existence d'une rechute que la proportion susceptible d'être imputée à un état antérieur font l'objet d'une contestation sérieuse.
Sur les troubles dépressifs :
10. Les troubles dépressifs mentionnés par le requérant sont la conséquence de ses pathologies des genoux et du rachis lombaire. Par suite, l'appréciation du lien de causalité et donc de l'existence d'un état antérieur, pour ce qui concerne ces troubles, dépend de ce qui a été établi pour lesdites pathologies. Par suite la provision demandée à ce titre doit être regardée comme faisant l'objet d'une contestation sérieuse.
11. Ainsi, et sans qu'l soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, l'existence de l'obligation de la commune de Grenoble envers le requérant ne présente pas en l'état de l'instruction un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite de rejeter les conclusions tendant au versement d'une provision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
13. Ces dispositions font obstacle aux conclusions dirigées contre la commune de Grenoble qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme à verser à la commune de Grenoble.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Grenoble présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la commune de Grenoble.
Fait à Grenoble, le 23 octobre 2023.
Le juge des référés,
F. GARDE
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026