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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2304320

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2304320

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2304320
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCABINET G. MOLLION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 5 juillet 2023 23 octobre 2023 et 17 novembre 2023, Mme C E, représentée par Me Py, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de donner son avis sur l'existence de désordres affectant sa propriété à la suite de travaux effectués par Grenoble-Alpes-Métropole en 2022 sur le pont situé rue Victor Hugo à Gières et, le cas échéant, de préciser les travaux de nature à remédier à ces désordres.

Elle soutient que cette expertise sera utile dans le cadre d'une procédure contentieuse qu'elle est susceptible d'engager à l'encontre de la Métropole pour obtenir la réparation de son préjudice.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 septembre 2023 et 6 novembre 2023, Grenoble-Alpes-Métropole, ayant pour avocat Me Mollion, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire, à ce que la mission de l'expert soit complétée. Elle demande, en outre, que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des frais de procès.

Elle soutient que l'expertise demandée est inutile dès lors que Mme E ne justifie pas de l'existence des désordres allégués.

Les sociétés Aménagement territoires 38, Deluermoz et Agoah n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en qualité de juge des référés.

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. Mme E produit, notamment, des photographies qui montrent que le mur de protection en pierres sèches réalisé par Grenoble-Alpes-Métropole se délite partiellement. Dans ces conditions, il apparait utile de désigner un expert aux fins de donner son avis, notamment, sur l'existence de désordres affectant la propriété de la requérante à la suite de travaux effectués par Grenoble-Alpes-Métropole.

4. Il n'appartient pas au juge des référés d'autoriser une partie à effectuer des travaux de réfection sous le contrôle de l'expert, quand bien même de telles mesures et de tels travaux seraient nécessaires à la sécurité publique ou à la poursuite de l'affectation de l'ouvrage à sa destination. Par suite, les conclusions de Mme E en ce sens ne peuvent qu'être rejetées. Il sera cependant confié à l'expert la mission de préciser, le cas échéant, les travaux urgents et indispensables à réaliser.

5. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité.

6. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera.

7. Mme E n'étant pas partie perdante dans la présente procédure, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Grenoble-Alpes-Métropole au titre des frais de procès.

O R D O N N E :

Article 1er : M. D A, domicilié 191 chemin du Moulin à Montbonnot (38330), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux et entendre toutes les parties concernées ; prendre connaissance de tous documents utiles et établir tous plans, croquis, schémas ou photographies utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- donner son avis sur l'existence de désordres affectant la propriété de Mme E à la suite des travaux effectués par Grenoble-Alpes-Métropole en 2022 sur le pont situé rue Victor Hugo à Gières ;

3°- si l'existence de désordres liés à ces travaux lui apparait établie, donner son avis sur leurs causes ; s'ils sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles, et donner son avis sur ce point ;

4°- le cas échéant, donner son avis sur les travaux les travaux urgents et indispensables à réaliser et en évaluer le coût ;

5°- donner son avis, le cas échéant, sur les préjudices de toute nature subis par Mme E du fait des désordres et en évaluer le montant ;

6°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

7°- tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de Mme E et des représentants de Grenoble-Alpes-Métropole et des sociétés Aménagement territoires 38, Deluermoz et Agoah.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme E, à Grenoble-Alpes-Métropole, aux sociétés Aménagement territoires 38, Deluermoz et Agoah, ainsi qu'à l'expert.

Fait à Grenoble, le 19 décembre 2023.

Le juge des référés,

S. B

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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