LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2305115

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2305115

jeudi 5 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2305115
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantSELARL BALESTAS DURAND GRANDGONNET MURIDI & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a annulé une contrainte émise le 18 juillet 2023 par la Mutualité Sociale Agricole (MSA) Ardèche, Drôme, Loire, qui réclamait à M. E le remboursement d'un indu de prime d'activité de 1 127,71 euros. L'annulation est motivée par l'incompétence de l'auteur de l'acte, la contrainte ayant été signée par une directrice adjointe sans délégation de signature régulière, en violation de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. En conséquence, le tribunal a déchargé M. E de l'obligation de payer cet indu, tout en laissant la possibilité à la MSA de reprendre une nouvelle décision régulière dans un délai de deux mois. La MSA a également été condamnée à verser 1 200 euros à M. E au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 août 2023, M. B E, représenté par Me Muridi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la contrainte émise le 18 juillet 2023 par la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité d'un montant de 1 127,71 euros ;

2°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise gracieuse de cette dette ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de lui accorder un échelonnement du remboursement de cette dette à échéances de 200 euros par mois ;

4°) de mettre à la charge de la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la contrainte est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une mise en demeure préalable ;

- la mutualité ne justifie pas de l'existence de cette dette ;

- le montant réclamé est erroné ;

- la dette est prescrite ;

- eu égard à sa situation, il peut bénéficier d'une remise gracieuse ou d'un échelonnement de sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions au cours de l'audience publique.

M. A a présenté son rapport au cours de l'audience tenue le 21 mai 2025, les parties n'étant ni présentes ni représentées

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E a bénéficié de la prime d'activité auprès de la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire en qualité de salarié agricole. A la suite d'une révision de son dossier, la mutualité lui a notifié un indu de cette prestation d'un montant de 1 122,10 euros pour la période de février à août 2021. En l'absence de règlement de cette somme, la mutualité lui a adressé une mise en demeure puis une contrainte datée du 18 juillet 2023 afin de procéder au recouvrement de la dette. Par la présente requête, M. E forme opposition à cette dernière décision.

Sur la régularité de la contrainte :

2. Aux termes de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles () "

3. Il résulte des dispositions précitées que seul le directeur de la mutualité sociale agricole est compétent pour décerner une contrainte au débiteur d'une prestation que l'organisme a indument servi. En l'espèce, la décision a été signée par Mme C D, directrice adjointe, qui ne justifie pas d'une délégation de signature à cet effet. Il en résulte que la contrainte du 18 juillet 2023 a été décernée par une autorité incompétente. M. E est dès lors fondé à en demander l'annulation.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. E est fondé à demander l'annulation de la contrainte du 18 juillet 2023.

Sur les conséquences de l'annulation :

5. Eu égard au motif de l'annulation, la présente décision implique que M. E soit déchargé de l'obligation de payer l'indu litigieux de prime d'activité sauf à ce que la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire reprenne régulièrement une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions à fin de remise gracieuse et d'échelonnement :

6. M. E étant déchargé de l'obligation de payer l'indu de prime d'activité, dans les conditions prévues au point précédent, il n'y a plus lieu, en l'état, de statuer sur les conclusions à fin de remise gracieuse et d'échelonnement.

Sur les frais liés au litige :

7. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire, le paiement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La contrainte du 18 juillet 2023 est annulée.

Article 2 : M. E est déchargé de l'obligation de payer l'indu litigieux de prime d'activité sauf à ce que la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire reprenne régulièrement une nouvelle décision dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Il n'y a pas lieu, en l'état, de statuer sur les conclusions à fin de remise gracieuse et d'injonction présentées par M. E.

Article 4 : La mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire versera à M. E la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

Copie en sera adressée à la mutualité sociale agricole Ardèche, Drôme, Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2025.

Le président,

J-P. ALa greffière en chef,

L. Perrard

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions