jeudi 17 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306717 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique 8 |
| Avocat requérant | TERRASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 octobre 2023, Mme C B, représentée par Me Terrasson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mai 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année 2019 d'un montant de 396,37 euros, ensemble la décision du 14 mars 2023 de rejet de son recours gracieux ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette dette ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Isère de lui restituer les sommes prélevées ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Isère la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- la décision de rejet du recours gracieux est nécessairement entachée d'incompétence ;
- elle méconnait l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles et l'article 3 du décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- l'indu n'est pas fondé dès lors que sa vie maritale n'est pas prouvée.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er avril 2025, la caisse d'allocations familiales de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions au cours de l'audience publique.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience tenue le 18 juin 2025, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a sollicité et obtenu le versement de l'allocation de revenu de solidarité active le 26 janvier 2018. Elle indique être divorcée et avoir trois enfants à charge. Du fait de ses droits à cette prestation, elle a bénéficié de l'aide exceptionnelle de fin d'année. Par une décision du 22 mai 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Isère lui a notifié un indu de cette prestation d'un montant de 396,37 euros. La requérante a contesté cette dette par un recours gracieux rejeté par le directeur de la caisse par une décision du 14 mars 2023.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article 3 du décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019 ".
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. Il est revalorisé le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () "
5. Aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple "..
6. Il résulte des dispositions précitées que, pour le bénéfice du revenu de solidarité active, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges. La circonstance qu'ils aient des domiciles distincts ne suffit pas, à elle seule, à écarter l'existence d'une telle vie de couple lorsqu'elle est établie par un faisceau d'autres indices concordants.
6. En l'espèce, pour mettre à la charge de Mme B l'indu litigieux d'aide exceptionnelle de fin d'année, la caisse d'allocations familiales de l'Isère s'est fondée sur le fait qu'elle a déclaré tardivement être en couple depuis le 27 mai 2017 ainsi que sur la prise en compte de ses revenus imposables pour l'année 2019 entrainant ainsi une réévaluation et une suppression rétroactive de ses droits au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2019.
7. Il résulte de l'instruction que Mme B était connue des services de la caisse d'allocations familiales de l'Isère comme divorcée depuis avril 2017. Toutefois, elle a elle-même déclaré avoir repris une vie maritale le 27 mai 2017 à l'occasion de la déclaration de son mariage survenu en mars 2021. Pour contester cette situation, elle reconnait avoir entretenu une communauté affective mais soutient ne pas avoir eu de vie commune avec son conjoint avant son mariage. Pour soutenir cette absence de communauté de vie, la requérante se limite à la production de deux certificats établis par l'association Emmaüs établissant des lieux de résidence distincts. Toutefois, d'une part, comme le relève la caisse, Mme B a donné naissance à deux enfants issus de son union avec son nouveau conjoint et d'autre part dès lors qu'elle a elle-même déclaré sa vie maritale à la caisse, la seule existence d'une résidence distincte n'est pas de nature à établir l'absence de vie maritale effective au sens des dispositions précitées du code civil. Ainsi, elle n'est pas fondée à contester le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active et la fin rétroactive de ses droits à cette prestation pour les mois de novembre et décembre 2019. Le moyen tiré du mal-fondé de l'indu ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'avait pas droit au revenu de solidarité active au titre des mois de novembre et décembre 2019. Par suite, la requérante ne pouvait prétendre à la prime exceptionnelle de fin d'année 2019. C'est dès lors à bon droit que le directeur de la caisse d'allocations familiales a constaté les indus au titre de ces périodes. Le directeur de la caisse étant en situation de compétence liée pour refuser le versement de l'aide exceptionnelle de fin d'année et des aides exceptionnelles de solidarité à une personne qui ne bénéficie pas du revenu de solidarité active et de la prime d'activité, les autres moyens soulevés par Mme B ne peuvent qu'être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de l'Isère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2025.
Le président,
JP. ALe greffier,
G. Morand
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026