mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2306767 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP CDMF - AVOCATS AFFAIRES PUBLIQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 octobre 2023 et le 26 décembre 2023, l'association pour le développement des recherches auprès des universités et établissements publics à caractère scientifique et culturel (ADR), représentée par Me Piccamiglio demande au juge des référés :
1°) de condamner Grenoble INP à lui verser, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision d'un montant de 236 383, 37 euros ;
2°) de mettre à sa charge une somme de 4 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que sa requête est recevable tant au regard des statuts que des pouvoirs du président ; qu'elle a remis à Grenoble INP divers biens nécessaires à son activité, que ces factures sont indiscutablement faites au bénéfice du CMP ; que la somme demandée correspond au montant des immobilisations faites au soutien des activités du CMP, et donc de Grenoble INP ; que dès lors sa créance n'est pas sérieusement contestable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2023, et un mémoire, non communiqué, enregistré le 25 janvier 2024, Grenoble INP représentée par Me Tissot conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la requérante une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la requête est irrecevable, dès lors que les modifications dans la composition de l'association ADR n'ont pas été notifiées, et que la régularité de l'habilitation de son président est douteuse ; que le protocole de 2005 était un simple accord-cadre ; que les activités du CMP ont été reprises non par Grenoble INP mais par une de ses filiales ; que la requérante n'établit pas que Grenoble INP bénéficie d'immobilisations financées par la requérante ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. "
2. L'association pour le développement des recherches auprès des universités et établissements publics à caractère scientifique et culturel (ADR), association régie par la loi de 1901, a pour objet de mettre en contact les laboratoires et services des établissements d'enseignement supérieur et de recherche de l'académie de Grenoble avec des acteurs privés non universitaires en apportant à ses adhérents, dont Grenoble INP, un service pour l'exécution et la gestion de contrats de recherche. Comme les autres universités concernées, Grenoble INP a décidé de reprendre en gestion directe certaines activités. Elle a conclu avec cette association, le 12 décembre 2005, un protocole d'accord organisant le transfert de diverses structures portées par l'ADR vers des structures ou filiales dépendant de Grenoble INP, et notamment du laboratoire CMP (Circuits Multi-Projets). L'article 2 du protocole prévoit que le transfert devait débuter à compter du 1er janvier 2006.
3. L'ADR fait valoir que Grenoble INP a conservé dans son patrimoine des immobilisations financées par ADR à son bénéfice. Elle demande que les sommes qu'elle a ainsi exposées soient mises à la charge de Grenoble INP.
4. La requérante invoque en premier lieu l'application du protocole du 12 décembre 2005, mentionné au point 2. Dans le préambule à ce protocole, les parties signataires rappellent qu'elles " ont arrêté le cadre des conditions de transfert des contrats de recherche et de leurs contrats de travail, objet du présent protocole ". Les articles 2 à 10 de ce protocole, ainsi que les annexes, détaillent les modalités de reprise du personnel, ce qui explique d'ailleurs qu'il soit également signé par les représentants syndicaux. Aucune disposition de ce protocole ne mentionne des immobilisations qu'ADR aurait consenties au bénéfice de Grenoble INP.
5. A supposer que le transfert d'immobilisations revendiquées par ADR dans le cadre du présent litige doive être compris comme un élément du " transfert des contrats de recherche ", mentionné dans le préambule cité au point précédent, cette interprétation fait l'objet d'une contestation par Grenoble INP, qui soutient ne pas bénéficier de telles immobilisations, et qu'au surplus cette activité a été transférée non pas à Grenoble INP mais à une des ses filiales, INPG Entreprises SA. Cette contestation apparaît comme sérieuse.
6. La requérante invoque en second lieu le fait que Grenoble INP aurait bénéficié d'un enrichissement sans cause, en ayant l'usage de biens qu'elle n'a pas payés. Toutefois, dès lors que la requête repose sur le protocole de 2005, et plus largement sur l'ensemble des relations contractuelles qui ont uni sur une longue période les parties, l'enrichissement, à la supposer établi, ne peut être regardé comme sans cause, et la demande, en tant qu'elle repose sur ce fondement juridique, ne peut qu'être écartée.
7. Ainsi, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, l'existence de l'obligation de Grenoble INP envers la requérante ne présente pas en l'état de l'instruction un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions tendant au versement d'une provision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme à verser à Grenoble INP.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association ADR est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de Grenoble INP, présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association pour le développement des recherches auprès des universités et établissements publics à caractère scientifique et culturel et à Grenoble INP.
Fait à Grenoble, le 13 février 2024.
Le juge des référés,
F. A
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026