vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307362 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL GALLIZIA DUMOULIN ALVINERIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2023, Mme B G, représentée par Me Truffaz, demande au tribunal :
- sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences du défaut de prise en charge médicale de son enfant D A par le centre hospitalier Annecy Genevois lors de sa naissance en 2017 ;
- sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le centre hospitalier Annecy Genevois à lui verser une provision de 3 000 euros.
Elle soutient que cette expertise sera utile dans le cadre de la procédure judiciaire qu'elle est susceptible d'engager à l'encontre du centre hospitalier et qu'en outre, le premier rapport d'expertise a indiqué qu'il sera nécessaire d'examiner de nouveau l'enfant D A à l'âge de 6 ans.
Elle soutient, en outre, que la provision est nécessaire pour couvrir les frais de déplacement et d'assistance par un médecin conseil.
Par un mémoire enregistré le 23 novembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme indique ne pas s'opposer à la tenue d'une expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, le centre hospitalier Annecy Genevois et la société Relyens, représentés par Me Dumoulin, concluent, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la mission de l'expert soit limitée à l'examen des préjudices intermédiaires de l'enfant.
Ils soutiennent que le surplus des conclusions de la requérante constitue une demande de contre-expertise, qu'il appartiendra au juge du fond éventuellement saisi d'ordonner s'il le juge utile. Ils soutiennent également que la demande de provision n'est pas justifiée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 14 janvier 2020 le juge des référés du présent tribunal a désigné un expert, le Docteur E. La mission de l'expert consistait, notamment, à décrire les examens et soins qui ont été prodigués à l'enfant D A au centre hospitalier Annecy Genevois dans les jours suivant sa naissance, le 23 août 2017, décrire les lésions que les requérants imputent au centre hospitalier Annecy Genevois et émettre un avis sur leur relation avec un fait imputable à cet établissement, avec l'état initial de D ou avec d'autres causes, fixer la date de consolidation de son état de santé et si celle-ci n'était pas acquise, à indiquer le délai à l'issue duquel un nouvel examen devrait être réalisé.
2. Dans son rapport du 7 août 2020, l'expert indique que le nouveau-né " n'a pas bénéficié de soins attentifs, diligents et conformes aux données acquises et au protocole en vigueur s'agissant de la prévention de la maladie hémorragique du nouveau-né par carence en vitamine K ".
3. L'expert précise, en outre : " le caractère incomplet dans la réalisation de la prophylaxie afférente à cette pathologie naturelle de la période néonatale a correspondu à un manquement par l'équipe soignante du CH Annecy Genevois à ses obligations de mettre en application les recommandations nationales dans ce domaine et les procédures de son protocole de service. Cet état de fait est imputable au CH Annecy Genevois et fut à l'origine pour l'enfant D A Akoa d'une situation de perte de chances d'être soustrait au risque naturel de cette pathologie néonatale que nous avons estimé à un niveau, au plus, de 25% ".
4. En ce qui concerne l'évaluation des préjudices, l'expert indique : " l'état de l'enfant D A Akoa ne peut être consolidé et une date de consolidation ne peut être fixée. Une nouvelle évaluation expertale après la phase initiale des apprentissages sera souhaitable, et ce au plus tard, vers l'âge de 6 ans à la fin de la 1ère année de la scolarisation primaire c'est-à-dire au début de la phase des approfondissements scolaires. L'évolution en aggravation en raison de l'apparition de troubles cognitifs avérés et significatifs est à redouter chez cet enfant qui présente d'ores et déjà une microcéphalie ".
Sur la demande d'expertise :
5. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
6. Compte tenu des conclusions du rapport du Docteur E, il y a lieu d'ordonner une nouvelle expertise aux fins d'évaluer les préjudices subis par l'enfant D A à son âge actuel.
7. En revanche, les conclusions de Mme G tendant à ce qu'il soit fixé à l'expert une mission plus étendue constituent, en réalité, une demande de contre-expertise. Il appartiendra au juge du fond éventuellement saisi d'ordonner, s'il l'estime nécessaire, une telle mesure.
Sur les conclusions tendant au paiement d'une provision :
8. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
9. Le centre hospitalier Annecy Genevois ne conteste pas les conclusions du rapport du Docteur E. Par suite, en l'état de l'instruction l'existence de son obligation n'apparait pas sérieusement contestable. Il y a donc lieu de faire droit à la demande de provision de Mme G à hauteur des 3 000 euros qu'elle demande.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier Annecy Genevois la somme de 1 500 euros à verser à Mme G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le Docteur F E, domicilié 12 avenue Maréchal de Saxe à Lyon (69006) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de décrire l'état de santé de l'enfant D A à la date de son examen ;
2°) de donner son avis sur l'évolution des préjudices subis par cet enfant depuis le premier examen ;
3°) de fixer la date de consolidation de son état de santé et si celle-ci n'est pas acquise, d'indiquer le délai à l'issue duquel un nouvel examen devra être réalisé ; de donner toutes informations sur une évolution probable ;
4°) d'apporter au tribunal tous éléments utiles dans la perspective d'un éventuel litige ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de Mme G, de la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, du centre hospitalier Annecy Genevois et de la société Relyens.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique pour le 31/01/2025, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le centre hospitalier Annecy Genevois est condamné à verser à Mme G une provision de 3 000 euros.
Article 8 : Le centre hospitalier Annecy Genevois versera à Mme G une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B G, à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme, au centre hospitalier Annecy Genevois, à la société Relyens et à l'expert.
Fait à Grenoble, le 16 février 2024.
Le juge des référés,
S. C
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026