mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2307499 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP FAYOL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2023, la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme, représentée par la SELARL Fayol et associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner M. D B, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'évacuer son bateau du domaine public portuaire du port de l'Epervière dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) d'autoriser la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme, faute pour M. B d'avoir évacué son bateau à l'expiration d'un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à faire procéder d'office à son expulsion, au besoin avec le concours de la force publique ;
3°) de mettre à la charge de M. B une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a urgence à ordonner une telle expulsion ;
- cette mesure est utile ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 15 décembre 2023 en présence de M. Palmer, greffier d'audience :
- M. Pfauwadel a présenté son rapport et indiqué que la décision était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'autoriser le concours de la force publique pour l'exécution de la décision à intervenir.
- Me Breysse, avocat de la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme, a présenté des observations.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
2. A la suite de la résiliation de son contrat d'occupation de poste d'amarrage au port de plaisance de l'Epervière et de la mise en demeure faite à Mme C A d'évacuer son bateau Boss'art dans le délai d'un mois, la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme a demandé au juge des référés du tribunal d'ordonner l'évacuation de ce bateau du domaine public portuaire de l'Epervière sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Il a été fait droit à cette requête par une ordonnance du 13 octobre 2023 devenue définitive. Mme A n'a pas exécuté cette décision et a vendu son bateau à M. D B, qui serait son neveu. Par un courrier notifié par commissaire de justice le 17 novembre 2023, la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme a mis en demeure M. B de quitter le port avec son bateau. Ce bateau étant demeuré dans le port, la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme en demande son évacuation.
3. M. B ne justifie d'aucun titre l'autorisant à occuper l'emplacement du port de l'Epervière dépendant du domaine public dont la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme est gestionnaire. Ainsi, la demande de cette dernière ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. L'évacuation du bateau présente un caractère d'urgence et d'utilité au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative dès lors que le port de l'Epervière est très fréquenté et que d'autres usagers doivent pouvoir y amarrer et entretenir leur bateau, qu'il résulte de l'instruction que M. B habite dans ce bateau, en violation du règlement du port et que la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme soutient sans être contredite qu'elle a reçu plusieurs plaintes à son encontre, notamment du fait qu'il a roulé à plusieurs reprises à vive allure sur le parking du port, outre des insultes proférées à l'encontre d'agents qui ont été invoquées à l'audience.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. B d'évacuer son bateau du domaine public portuaire du port de l'Epervière dans le délai de 15 jours, cette injonction étant assortie d'une astreinte de 300 euros par jour de retard.
6. Il n'entre pas dans l'office du juge administratif saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner à l'État d'accorder le concours de la force publique pour l'exécution d'une ordonnance prononçant l'expulsion d'un occupant sans titre du domaine public, ni d'autoriser le demandeur à demander à l'État ce concours. Dès lors, les conclusions de la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme en ce sens doivent être rejetées.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 1000 euros au titre des frais exposés par la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. D B d'évacuer son bateau du domaine public portuaire de l'Epervière, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
Article 2 : M. B versera à la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme une somme de 1000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la chambre de commerce et d'industrie de la Drôme et à M. D B.
Fait à Grenoble, le 9 janvier 2024.
Le juge des référés
T. Pfauwadel
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026