LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2307970

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2307970

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2307970
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique 8
Avocat requérantHUARD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a condamné l'État à indemniser Mme D pour la carence fautive à lui proposer un hébergement, malgré une décision de la commission de médiation de l'Isère du 27 avril 2022 la reconnaissant comme prioritaire. Le juge a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 441-2-3 et R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation, en raison du non-respect du délai légal d'offre d'hébergement. La solution accorde une somme de 4 900 euros, assortie des intérêts légaux, pour les troubles dans les conditions d'existence et le préjudice moral subis, rejetant l'argument de la préfète selon lequel l'absence de contact avec le 115 depuis mai 2024 romprait le lien de causalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2023, Mme B E D, représentée par Me Huard, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 4 900 euros outre intérêts légaux et à réévaluer au jour du jugement, en réparation des préjudices subis du fait de la carence de l'Etat à lui proposer un hébergement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne lui faisant pas d'offre d'hébergement dans le délai qui lui était légalement imparti ;

- cette faute lui a causé des troubles dans ses conditions d'existence ainsi qu'un préjudice moral qu'il convient d'indemniser.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- Mme D ne saurait utilement se prévaloir d'un lien de causalité entre l'absence de proposition d'hébergement et ses préjudices dès lors qu'elle ne contacte plus le 115 depuis mai 2024 ;

- elle ne saurait utilement se prévaloir des préjudices qu'elle invoque dès lors qu'elle ne contacte plus le 115.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 février 2024.

Vu :

- l'ordonnance n° 2308000 du 19 février 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'ordonnance n°2308000 du tribunal administratif de Grenoble du 19 février 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience :

- le rapport de M. A,

- et les observations de Me Huard, représentant Mme D et de Mme C, représentant la préfète de l'Isère.

Me Huard indique que sa demande actualisée s'élève à 47 150 euros et que Mme D n'est toujours pas hébergée.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 27 avril 2022, la commission de médiation de l'Isère a reconnu le caractère prioritaire et urgent de la demande d'hébergement de Mme D. La préfète de l'Isère était alors tenue de lui faire une offre d'hébergement adapté à ses besoins avant le 8 juin 2023. Par une ordonnance n°2304041 du 28 juillet 2023, le président du tribunal administratif de Grenoble a enjoint à la préfète de l'Isère d'assurer l'hébergement de Mme D avant le 30 septembre 2023. Estimant que cette obligation n'a pas été honorée, Mme D a adressé une demande indemnitaire préalable à la préfète le 12 octobre 2023. Par une décision implicite née le 12 décembre suivant, l'administration a rejeté sa demande. Enfin, par une ordonnance n°2308000 du 19 février 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a condamné l'Etat à verser à Mme D une provision de 3 500 euros.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 février 2024, par suite il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions indemnitaires :

3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être accueillie dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale par une commission de médiation, en application des dispositions du III ou du IV de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du demandeur au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission. La période de responsabilité de l'Etat court à compter de l'expiration du délai de six semaines que l'article R. 441-18 du même code impartit au préfet, à compter de la décision de la commission de médiation, pour proposer un accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ce délai étant porté à trois mois si la décision de la commission spécifie que l'accueil ne peut être proposé que dans un logement de transition ou dans un logement-foyer. Les troubles dans les conditions d'existence doivent être appréciés en tenant notamment compte des conditions d'hébergement ou de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat.

4. Aux termes de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsqu'elle est saisie au titre du III de l'article L. 441-2-3, la commission rend sa décision dans un délai qui ne peut dépasser six semaines. Le préfet propose, dans un délai de six semaines au plus à compter de la décision de la commission, une place dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement dans un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale aux personnes désignées par la commission de médiation en application du III ou du IV de l'article L. 441-2-3. () ".

5. Pour soutenir qu'aucune faute n'est imputable à l'administration, la préfète de l'Isère avance que Mme D a cessé de solliciter le numéro d'urgence et d'accueil des personnes sans abri en mai 2024. La préfète expose que l'absence de sollicitation des services présents dans le département de l'Isère est de nature à délier l'Etat de son obligation. La décision de la commission de médiation a pour objet de faire naître un droit au profit du demandeur et par conséquent, de faire peser une obligation sur la préfète qui est alors tenue de lui faire une offre d'hébergement adapté à ses besoins et capacités dans le délai légalement imparti. Ainsi, la circonstance que Mme D ait cessé de faire appel au 115 à compter du mois de mai 2024 n'est pas de nature à délier l'Etat de ses obligations. Il n'est ainsi pas contesté que Mme D n'a reçu aucune offre d'hébergement malgré la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande.

6. Ainsi l'administration, en ne proposant pas de solution d'hébergement adapté aux besoins de Mme D dont le dossier a été reconnu prioritaire et urgent, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité pour la période du 8 juin 2023 au 12 mars 2025.

7. Il n'est pas contesté en défense que Mme D a été maintenue dans une situation de précarité et sans solution d'hébergement pendant toute cette période. Par ailleurs, il résulte du certificat médical produit par l'intéressée qu'elle souffre de douleurs dorsales et lombaires invalidantes ainsi que d'un psycho traumatisme aggravé. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation des troubles dans ses conditions d'existence ainsi que du préjudice moral de Mme D en condamnant l'Etat à lui verser une somme de 8 800 euros tous intérêts confondus pour la période précitée de laquelle il convient de déduire la provision de 3 500 euros déjà versée.

Sur les frais liés au litige :

8. Mme D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Huard, avocat de Mme D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Huard d'une somme de 1 100 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de Mme D relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à Mme D une somme de 8 800 euros tous intérêts compris de laquelle il convient de déduire la provision de 3 500 euros déjà versée.

Article 3 : L'Etat versera à Me Huard une somme de 1 100 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Huard renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E D, à Me Huard et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe 17 avril 2025.

Le président,

J-P. ALa greffière,

L. Bourechak

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions